Beast of Reincarnation : Game Freak livre une œuvre captivante pour 2026
Beast of Reincarnation, disponible depuis le 4 août 2026 sur PC/Xbox Series et PS5 est le dernier né des studios Game Freak. Impossible d’être passé à côté de ce studio que vous devez forcément connaître en bien ou en mal. Game Freak, ce sont les développeurs principaux des jeux de la franchise Pokémon. De Pokémon rouge/bleu/jaune à Légendes Pokémon : Z-A, en passant par Écarlate et Violet, hormis quelques titres annexes, Pokémon, c’est leur marque de fabrique.
Mais oubliez tout ce que vous savez de Game Freak pour aujourd’hui. Beast of Reincarnation n’a rien à voir avec Pokémon de près ou de loin. Savant mélange entre Sekiro, Souls et d’autres titres, Game Freak nous livre ici une expérience inédite pour ce studio au travers d’un action-RPG.
Beast of Reincarnation a vu son développement débuter en 2020 dans le cadre du programme interne de Game Freak destiné à motiver les équipes à se lancer dans la création de nouvelles licences originales en dehors de la saga Pokémon. Le jeu aura quant à lui été présenté lors du XBOX Games Showcase 2025. Avec une arrivée dans le Game Pass dès le lancement.
Bienvenue en l’an 4026
L’aventure s’ouvre dans un Japon métamorphosé. Le temps et le Fléau y ont accompli leur œuvre : de notre civilisation, il ne reste plus que d’imposants bâtiments en ruines, submergés par une végétation luxuriante. L’humanité telle que nous la connaissions a quasiment disparue, laissant place à des golems et à diverses créatures mutantes corrompues, appelées Infâmes.
C’est dans ce décor post-apocalyptique que nous incarnons Emma, accompagnée de Koo, son fidèle compagnon à quatre pattes. Emma, notre héroïne, est une Scelleuse, elle est capable de sceller le fléau de ses adversaires à l’intérieur de son corps. Frappée d’amnésie et initialement insensible aux émotions, elle a pour mission de traquer et de sceller les Nushi, d’immenses créatures quasi-divines qui propagent la corruption à travers l’archipel. Avant de s’attaquer à son adversaire ultime. La bête de la réincarnation.
Malgré sa froideur initiale, l’héroïne gagne rapidement en profondeur. À ses côtés et au fil de son périple avec Koo, Emma va se poser de plus en plus de questions. Sur ses sentiments, sur ce qu’elle ressent. L’histoire aborde des thèmes centraux comme l’éveil à l’empathie et la redécouverte des sentiments.
Emma parviendra-t-elle à découvrir qui elle est et à comprendre ce qu’elle ressent ? Vous le saurez en explorant l’univers de Beast of Reincarnation.
Un gameplay solide et bien enraciné
Que l’on soit honnête, Beast of Reincarnation n’invente rien. Il se contente de prendre des idées à droite et à gauche et de les adapter à sa sauce. Et pourtant le résultat global reste très agréable. Qu’il s’agisse des feux de camps qui sont repris des Souls, de la barre de vacillement et des parades qui rappellent Sekiro et d’autres, on y retrouve beaucoup d’éléments déjà vus.
Comme je vous le disais, le titre emprunte le système de parade et la barre de vacillement de Sekiro. Heureusement, la fenêtre de timing s’avère bien plus généreuse, ce qui permet même aux joueurs peu familiarisés avec le genre de réussir leurs contres sans trop de peine. Ces parades offrent un double avantage. D’une part, elles remplissent la jauge de PF de Koo (nous y reviendrons), et d’autre part, elles activent l’effet de la lame d’Emma.
Chaque katana déniché par Emma possède en effet des caractéristiques propres : hausse des dégâts, montée plus rapide de la jauge de vacillement adverse, ou imprégnation élémentaire (foudre, feu, poison ou même la corrosion entre autre). Une fois la parade réussie et l’effet enclenché, à vous de découper, d’électrocuter ou d’enflammer vos ennemis en beauté.

Pour compléter son arsenal Emma possède également deux armes à distances. Une arbalète tirant des carreaux à grande vitesse mais de puissance toute relative. Et un arc qui s’avère plus lent mais nettement plus puissant. Ajoutez à cela diverses flèches et carreaux, qu’ils soient enflammés, explosifs, etc.
Abordons maintenant Koo. Chaque parade donc permet de restaurer des points de floraison, ou PF. Ces PF permettent à votre compagnon d’utiliser de puissantes attaques qui permettent souvent de renverser la situation en votre faveur lors d’affrontements périlleux.
Mais dans un jeu où chaque instant compte pour parer les attaques adverses, comment prendre le temps de choisir ce que va faire Koo ? Tout simplement en dédiant une touche aux choix des actions de votre compagnon et en ralentissant le temps. Une fois la sélection des attaques de Koo ouverte, le jeu ralentit simplement le temps et vous permet de choisir quel coup de Koo (vous l’aviez pas vu venir celle-là, hein ?) utiliser et surtout quels ennemis cibler.
Cette pause tactique apporte une vraie dimension tactique. Entre deux parades, il devient possible d’enraciner les ennemis pour les paralyser un court instant, le temps d’enchaîner vos meilleurs combos.
En parlant combo, ces derniers sont d’ailleurs assez variés et permettent de lancer des enchaînements impressionnants. L’arbre de compétences permet d’ailleurs de maximiser les dégâts de vos combo préférés et d’y inclure certaines améliorations comme la portée ou encore la vitesse d’exécution.
Bien, nous avons donc abordé les combo et l’arbre de compétences. Revenons sur ce dernier. Que ça soit Koo ou Emma, chacun possède son propre arbre de compétences et il est vertigineux. Là où Emma apprendra de nouveaux combo à chaque ennemi majeur vaincu, Koo lui débloquera de nouvelles techniques nécessitant des PF.
Mais ce n’est qu’une petite partie de l’arbre de compétences. Si la cime nous permet comme je le disais de débloquer des combo pour Emma, les racines elles, offrent tout un panel d’améliorations de gameplay. Roulade, nouveaux coups, soins améliorés, armes à distances plus efficaces et j’en passe. L’arbre de compétences est titanesque et offre de nombreux choix. Vous voulez faire des roulades, jouer à distance et faire dans l’assassinat furtif ? C’est faisable. Vous voulez foncer dans le tas et améliorer vos effets de lames, vos soins et acquérir de nouveaux coups ? Vous pouvez aussi.
En ce qui concerne l’arbre de compétences de Koo, étant donné que ce dernier ne possède pas de combo il est quelque peu différent. Comme pour Emma, la cime de l’arbre de compétences débloque des techniques empruntés aux boss que vous aurez vaincu. La partie basse quand à elle permet surtout de rajouter des effets à nos techniques. En effet, l’arbre de Koo permet de débloquer des modifications pour ses attaques. Vous pourrez modifier chaque technique attribuée à Koo en lui rajoutant une modification particulière. Vous voulez que la technique d’enracinement restaure un peu de vie à Emma ? C’est parti. Au contraire vous voulez plus de critique à chaque fois que vous utiliserez son attaque de zone ? C’est jouable.
Ces modifications permettent des variations importantes dans le gameplay et surtout peuvent se combiner avec les effets des lames d’Emma. Vous voulez que votre AOE rajoute un effet d’huile pour enflammer les ennemis avec un Katana de feu ? Ajoutez donc le modificateur adapté et vos ennemis seront imbibés d’une huile inflammable à chaque fois que vous utiliserez la technique modifiée. À vous ensuite d’allumer le barbecue.

En plus de toutes ces modifications, Koo peut s’équiper de talismans possédant d’autres effets. Ces talismans augmentent certaine statistiques spécifiques. Vie, attaque, défense, critique et attaque de compétences. Et possèdent trois niveaux distinct. Un talisman vie niveau 3 rajoutera par exemple 70% de vie en plus à Koo, là où celui de niveau 1 ne lui en offrira que 20%. Ces talismans, outre leur bonus principal, possèdent d’autres bonus. Koo peut ainsi se voir doté de coups qui infligeront des altérations à chaque attaque, qui lui restaureront de la vie, qui augmenteront même parfois son expérience et encore une multitude d’autres. Certains talismans proposeront même de cumuler plusieurs bonus.

Vous pensiez que c’était terminé ? Raté. Koo pourra aussi compter sur six emplacement de compétences ou d’objets qui lui sont propres. Certaines compétences infligeant là encore des altérations d’états et des malus. D’autres objets quand à eux permettront de soigner ou de renforcer Emma.
Emma d’ailleurs elle aussi a de quoi s’équiper. Outre ses diverses lames elle pourra varier ses armures ce qui lui apportera divers effets.
Certaines armures pourront posséder des résistances élémentaires. Poison, Corrosion, Feu ou Foudre, à vous de choisir en fonction du Nushi ou des adversaires que vous affronterez. En plus de ça, certaines permettront de se camoufler plus efficacement pour faciliter les assassinats.
Et pour finir, chaque armure possédera un certain nombre d’emplacements pour y insérer des pierres spirituelles. Ces pierres permettent, je vous le donne dans le mille, de rajouter là encore des effets durant la bataille. Augmentations de statistiques, gains de PF renforcés, restauration de vie en cas d’assassinat, critique améliorée. Ces améliorations nombreuses ajoutent là encore de nombreuses possibilités afin de parfaire votre style de jeu.
En résumé, le système de combat de ce Beast of Reincarnation s’avère particulièrement riche et gratifiant. La recherche de synergies et d’optimisation offre un vrai plaisir de jeu, sans pour autant paralyser la progression. Le titre possède d’ailleurs une difficulté plutôt bien équilibrée. N’étant pas du tout un habitué des Souls-like ou de Sekiro, j’ai pu venir à bout de l’aventure en mode Normal sans encombre, avec une courbe de difficulté très justement équilibrée (comptez une dizaine de tentatives au grand maximum sur les boss les plus coriaces). Le titre propose d’ailleurs une difficulté paramétrable entre le mode histoire, normal et difficile. Un mode NG+ propose lui une difficulté supérieure qui augmentera à chaque fin de partie.
Balade dans un univers apocalyptique
Côté exploration, Beast of Reincarnation propose là encore pas mal de choses. Dans ce monde en ruine où les immeubles effondrés et les routes détruites nous barrent la route, Emma pourra compter sur trois aptitudes lui permettant de faciliter ses déplacements.
Première capacité, l’ascension. En plein saut, Emma peut utiliser ses cheveux pour gagner de la hauteur. Très pratique, cette capacité permet d’escalader facilement les zones sinistrées.
La seconde capacité permet à Emma de créer un pont dans le vide. Besoin de traverser un précipice ? Faites un pont et ensuite utilisez l’ascension pour gagner de la hauteur et traverser plus facilement.
Dernière option de mouvement, Emma peut utiliser ses cheveux en guise de grappin. Attention cependant, il n’est pas question de pouvoir s’accrocher partout. Les points d’ancrage sont fixe et définis par le jeu. Ces derniers ne sont parfois pas toujours accessible, la faute à une caméra qui peine parfois. Il n’est pas rare de rater la possibilité de s’accrocher parce que la caméra est un poil capricieuse. Heureusement le jeu nous promet quelques correctifs de ce côté.
Koo lui aussi apporté sa pierre à l’édifice en exploration. Notre compagnon nous sert de radar et permet de détecter de nombreux points d’intérêts pour peu que l’on passe à proximité. Divers éléments sont collectable à travers le monde. Des recettes, des manuels de fabrications permettent d’étoffer son arsenal à distance, divers coffres remplis de trésors et de talismans et bien évidemment des armes.
Mais Koo et Emma ne seront pas seuls dans cet aventure. Ils voyageront avec Brad et Kagura, dans un mécha qui leur servira de base principale. Bauera de son petit nom.
Bauera est une véritable base mobile. C’est dans cette base que vous pourrez vous nourrir, vous doucher et augmenter votre affinité avec Kagura la cuisinière et Koo. Bauera peut d’ailleurs être amélioré. Ce sont ses améliorations qui permettront de définir la limite maximale d’améliorations de vos équipements. Ne vous prenez pas trop la tête là-dessus, arrivé au chapitre 4 ou 5 tout sera probablement déjà au maximum. Autant le dire, il n’y a rien de bien intéressant là-dedans.
Cette base mobile n’a d’ailleurs aucun élément de personnalisation si ce n’est pouvoir y installer un poulailler et une serre un peu plus tard. Bon, vous pourrez également trouver certains éléments de décoration lors de vos balades, mais impossible de choisir ou placer vos décorations. Tout est automatique. L’intérêt principal de Bauera, hormis pouvoir augmenter vos équipements, est de pouvoir y élever des poules pour les œufs et cultiver des légumes. Pourquoi collecter des légumes dans un monde en ruine ? Pour manger, tout simplement. Kagura, notre cuisinière attitrée, pourra nous préparer quelques plats renforçant nos statistiques.



Pour ce qui est de l’univers, Beast of Reincarnation se divise en 13 chapitres. Chaque chapitre propose sa propre zone, et si les 8 premières sont assez énormes, les derniers chapitres ne ressemblent qu’à des couloirs avec un boss à la clé. Ce choix volontaire permet aux dernières heures de jeu de se concentrer sur le scénario. Après un décollage assez lent au départ, dans les dernières heures l’histoire prend très vite en ampleur et tout s’enchaîne jusqu’au dénouement.
Game Freak, les magiciens.
Beast of Reincarnation possède un gameplay fourni et efficace et, c’est avec la DA et la bande son ce qui le sauve. Sur le plan technique, le jeu souffre d’énormes lacunes. Les textures sont vilaines, le jeu est rempli de murs invisibles pouvant rendre l’exploration terriblement frustrante et surtout quelques bugs subsistent. J’ai pu tester Beast of Reincarnation à trois moments clés. Avant la mise à jour de sortie, après cette première mise à jour et encore un peu plus tard après un autre correctif.
Le jour du lancement, le jeu était honnêtement à peine jouable. Si j’étais en 15 ou 20 fps sur Series X, c’était le maximum. Heureusement j’ai vite pu faire la première mise à jour. C’est là que ma véritable expérience aura commencé. Le framerate aura été amélioré même si quelques baisses étaient encore présentes, et malgré quelques défauts le titre était enchanteur. La plus grosse mise à jour selon moi est arrivée quelques jours après sa sortie. Le 9 août était disponible la mise à jour 1.0.7 et cette dernière améliore grandement l’expérience.
Une caméra qui aura été améliorée, des sous-titres bien plus lisibles et une annonce comme quoi d’autres améliorations de ce côté arrivent, diverses corrections de bugs et j’en passe. Cette version retire quelques défauts mais ne change malheureusement rien à ma technique.
Et vous savez quoi ? Malgré ces défauts, Beast of Reincarnation m’a irrémédiablement séduit. J’ai été tout de suite attiré par ma direction artistique du jeu et son level design.
L’ost n’est pas en reste elle non plus. Même si tous les morceaux ne se valent pas, beaucoup ont accompagné mon aventure avec plaisir. On retrouvera d’ailleurs de grands noms derrière cette bande originale, notamment Kow Otani, créateur de la bande son de l’excellent Shadow of the Colossus ou encore Michiru Ōshima, connue pour avoir composé la BO d’ICO, l’OST de l’anime Fullmetal Alchemist, ou encore pour son travail sur The Legend of Zelda: Twilight Princess. Ce ne sont pas les seuls noms au générique, mais seulement quelques exemples. Je ne peux que vous recommander de prendre le temps de l’écouter.
Conclusion

Best of Reincarnation n’invente rien. Mais il ne se contente pas non plus de plagier. Il récupère des éléments ci et là et nous offre une aventure prenante. On peut regretter le scénario qui met un peu trop de temps à vraiment décoller ou encore les personnages qui manquent de caractère. Mais pour peu qu’on s’y attache et que l’on poursuive l’aventure, on se retrouve avec un jeu plus riche et profond qu’il n’y paraît.
Game Freak a encore utilisé de sa magie et parvient à transformer un titre à la technique très moyenne en une expérience prenante au gameplay maîtrisé. On regrette quand même quelques soucis trop présents comme les murs invisibles ou le manque de quality of life dans les menus avec, par exemple, la possibilité de trier. Cependant je ne regrette en rien mon aventure. Beast of Reincarnation s’inscrit dans la liste des quelques jeux de 2026 qui m’auront marqué. Un beau coup de cœur, dispo sur le Game Pass.
Les + :
- Un arbre de compétences très complet
- Des armes aux effets variés
- Une DA magnifique
- Des musiques de qualité
- Un level design agréable
- Des personnages attachants
- Un scénario qui se laisse découvrir avec plaisir
Les – :
- Le manque d’optimisation global
- Manque de finitions dans les menus
- Murs invisible qui plombent l’exploration
- Uniquement des katana en guise d’arme
- Des personnages qui manquent d’expressions faciales
- La disposition des feux de camp pas toujours optimale
- Boss recyclés et bestiaire globalement faible
Très bon



















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