Test – Dragon Ball: Sparking! Zero, 2 ans après, objectif atteint ?
Ce test a été réalisé avec une copie commerciale pour le jeu de base, et une copie envoyée par l’éditeur pour le DLC Super Limit-Breaking NEO.
Dragon Ball: Sparking! Zero, c’est avant tout le rêve de voir débarquer une suite à la série des Budokai Tenkaichi (ou Sparking! au Japon), qui a fait vibrer des millions de joueurs (dont le petit moi) et en particulier avec son troisième épisode sorti sur PS2 et Wii en 2007. Les Budokai Tenkaichi faisaient une promesse aussi simple à énoncer que compliquée à tenir : être les jeux Dragon Ball ultimes.
Mais pour l’époque, la promesse était tenue. Surtout avec ce troisième épisode encore une fois. Des centaines de personnages jouables allant de l’arc Goku enfant/ado de Dragon Ball à Dragon Ball GT en passant par les personnages des films, tout en n’oubliant pas des guests comme Arale de Dr Slump, Budokai Tenkaichi 3 était une encyclopédie complète de la licence et avait ce petit quelque chose d’absolument mythique et d’incontournable pour tous les fans de Dragon Ball.
Outre cette abondance de personnages, Dragon Ball Budokai Tenkaichi 3, c’était aussi une avalanche de contenu. Un mode histoire ultra complet retraçant l’entièreté de la saga, films et GT compris, des modes solos à ne plus savoir qu’en faire et une personnalisation poussée des personnages. Couplé à son gameplay qui atteignait lui aussi son objectif de nous faire vivre des combats « comme dans l’anime » avec notre manette, Budokai Tenkaichi 3 a marqué, et peut-être un peu trop puisqu’il est devenu l’objectif à atteindre de tous les arena fighter d’anime arrivant après lui, mais on s’écarte du sujet.
Ce Dragon Ball Sparking! Zero arrive donc 17 ans après. 3 générations de consoles ont eu lieu depuis, les espérances et attentes des joueurs quant au jeu vidéo ont grandement évolué, la licence Dragon Ball s’est elle aussi étoffée, mais une chose restait : l’envie de voir la formule de Budokai Tenkaichi 3 revenir et être améliorée aux standards actuels.
Et tout naturellement, Bandai Namco confie ce 4ème épisode de la série Sparking! à Spike Chunsoft, eux qui étaient déjà à l’origine de la première trilogie. Nous sommes aujourd’hui près de 2 ans après la sortie du jeu de base dont la sortie a de toute évidence été précipitée pour coïncider avec celle de l’anime Dragon Ball Daima sorti lui aussi en automne 2024 (j’en tiens pour preuve l’existence d’un générique dédié seulement aujourd’hui), et si le jeu était autrefois une déception, la sortie du DLC Super Limit-Breaking NEO et les mises à jour gratuites ayant accompagné le jeu depuis la sortie sont assurément une occasion de revenir dessus, et de remettre en question le bilan mitigé de l’époque.

Un héritage respecté
Ce qui frappe dès les premières minutes de jeu si vous avez joué à Budokai Tenkaichi 3, c’est la volonté de respecter l’héritage d’une série de jeux si appréciés.
Chaque combat a lieu dans un lieu emblématique de la saga : arène des Championnats du Monde, arène des Cell Games, Planète Namek et j’en passe, les décors sont tous très réussis et sont tous destructibles. Sur ce point, pas de surprise si vous avez joué à ne serait-ce qu’un seul jeu Dragon Ball dans votre vie. Mais là où on attend un jeu de la série Sparking!, c’est aussi dans son gameplay. Et les équipes de Spike Chunsoft n’ont pas déçu.
L’interface de combat ainsi que leur fonctionnement est très similaire pour ne pas dire identique à ce qu’ils étaient en 2007. Chaque personnage a ses barres de vie, jusqu’à 7 en fonction de la puissance du personnage, ainsi que 5 barres de ki à charger dès qu’on le peut comme dans les jeux précédents. Car oui, tout ou presque passe par le ki. Les déplacements, les attaques et même les contres : si vous êtes en panne de ki, bon courage pour ce qui vous attend les prochaines secondes.

Une barre de compétences se trouve aussi à gauche de l’icône (sans vie mais on en reparlera) de votre personnage. Elle aussi limitée en nombre (jusqu’à 6 en fonction du personnage encore une fois) et sa gestion est elle aussi essentielle puisque c’est elle qui vous permettra de vous transformer si votre personnage possède des transformations, de lancer certaines compétences bien utiles ne nécessitant pas de ki pouvant augmenter temporairement vos stats ou pouvant déstabiliser vos adversaires comme la Morsure du Soleil, et enfin de lancer des contres parfois salvateurs.
Ne vous attendez cependant pas à un jeu de combat classique où le skill est ultra essentiel. Surtout pas. Si c’est ce qui vous intéresse, l’excellentissime Dragon Ball FighterZ sorti en 2018 et trouvable aujourd’hui pour pas trop cher avec tous ses DLC sur toutes les plateformes vous remplira de bonheur. Ici il n’est pas question de skill, mais de fanservice. Dragon Ball Sparking! Zero est selon moi bien plus proche du party game que du jeu de combat traditionnel.
Car oui, là où dans FighterZ chaque personnage se vaut plus ou moins, les échelles de puissances sont ici globalement respectées (et je dis bien « globalement », si elles étaient respectées à la lettre, seule une dizaine de personnages seraient intéressants à jouer, et encore), et il y a donc des personnages bien plus puissants et rapides que les autres. Si vous voulez humilier votre adversaire, rien de mieux que de prendre Mr. Satan ou Chichi. Et à l’inverse, si le tryhard prend possession de votre âme, les surpuissants Gogeta SSJ 4 ou encore Goku Ultra Instinct seront vos amis.
Mais pour bien respecter cette volonté de liberté totale, encore faut-il un contenu qui va dans ce sens. Et Sparking! Zero réussit sur ce point, en grande partie grâce aux mises à jour, gratuites et payantes.
Si à la sortie le contenu solo pouvait être légitimement considéré comme assez faible, ce n’est aujourd’hui plus le cas. Entre le mode histoire, un mode tournoi, la possibilité de faire vos combats personnalisés, le mode Mission 100 et surtout l’Aventure Brise-Limite, comptez des dizaines voire des centaines d’heures de jeu en solo pour tout terminer.
À la sortie en octobre 2024, seuls les 3 premiers modes étaient disponibles. Et ce n’était clairement pas suffisant. Si on reparlera du mode histoire plus tard vu que c’est le mode attendu au tournant dans un Budokai Tenkaichi, on peut très vite expédier les deux autres qui sont gadget et vite redondants. Le mode combat personnalisé vous permet donc de créer vos propres combats scénarisés, qu’ils viennent de votre imagination ou de l’anime d’ailleurs, avec des dialogues et des évènements spéciaux de votre choix pour les partager en ligne avec le monde entier (notez que vous pouvez jouer aux combats créés par les autres joueurs même sans avoir d’abonnement online, ce qui est appréciable).
Mais le hic, c’est que la personnalisation est assez sommaire. Les personnages ne sont pas doublés du tout dans ce mode. Même pour des répliques basiques et des onomatopées. Acte manqué donc pour un mode qui aurait pu combler un des grands défauts du mode histoire : son absence de couverture d’un pan tout entier de la licence, mais encore une fois on en reparlera un peu plus tard.
Le mode Championnat du monde étant basiquement un mode tournoi, passons aux modes ajoutés par les mises à jour gratuites et payantes : le mode Mission 100 et le mode Aventure Brise-Limites. Le mode Mission 100 est celui ayant été ajouté gratuitement en début d’année. Et comme son nom l’indique, il permet simplement de faire 100 combats à thèmes différents et se débloquant au fur et à mesure de votre avancée dans ce mode. Rien de particulièrement flamboyant, mais ça reste sympathique.

Le mode Aventure Brise-Limites étant le deuxième ajout d’envergure du DLC Super Limit-Breaking NEO, on est en droit de s’attendre à un mode bien charnu. Et c’est le cas, même s’il tombe dans le bourrage de contenus pour gonfler la durée de vie du jeu. Après un prétexte scénaristique comme les produits dérivés de la licence Dragon Ball sait les faire, vous êtes largués avec une carte et plusieurs choix : un dialogue, un évènement secret ou un combat. Ce mode étant très compliqué à expliquer avec des mots, je vais juste vous indiquer ce qu’il permet in fine : renforcer vos personnages et customiser leurs statistiques à votre manière. Et ça pour tous les personnages du jeu.
Chaque personnage pouvant atteindre le niveau 1000, autant dire que ce mode est infini, bien qu’il soit redondant et assez long qui plus est, chaque partie durant approximativement une vingtaine de minutes si vous jouez le jeu et que vous combattez la plupart du temps.
Nous sommes donc sur un jeu qui respecte son héritage avec des combats explosifs, absolument superbes et avec une tonne de contenu, même si, vous l’avez compris, celui-ci n’est pas des plus qualitatifs et privilégie surtout la quantité. Outre son contenu, un jeu de la série des Sparking! est aussi attendu au tournant pour son fan service. Et là, c’est carton plein pour le jeu de Bandai Namco et Spike Chunsoft.
Le fan service ultime, mais avec des manquements
Commençons d’emblée cette section avec la personnalisation des personnages qui est pour le moins très complète. Tenues, techniques spéciales, répliques, bon nombre de personnages peuvent être customisés pour vous aider à reproduire vos scènes favorites, ou tout simplement pour faire kiffer le fan hardcore qui est en vous. Le DLC rajoute par ailleurs bon nombre de tenues et de techniques.

Pour ce qui est des tenues, nous pouvons compter la tenue de Gohan dans le film avec Bojack, celle de Goku lors de l’ultime Tenkaichi Budokai du manga original et bien d’autres, tandis que les techniques ne sont pas en reste non plus avec notamment le Kamehameha fraternel de Gohan et Goten et j’en passe. Évidemment, on aurait préféré que ce contenu soit là d’office ou gratuitement avec une mise à jour gratuite, mais il fait partie des ajouts qui légitiment ce DLC.
Pour bien aller avec cette customisation et cette volonté de jeu ultime, il faut un réservoir de personnages bien garnis. Et ici c’est là encore le cas. Comptez des centaines de personnages allant du premier tome du manga original à la fin de l’animé DBS, en passant par la plupart des personnages issus des films. Et c’est sans compter le Season Pass rajoutant les personnages issus de la série Dragon Ball Daima et du film Super Hero.
Si le jeu de base avait cependant là aussi des manquements (absence de la quasi-totalité des personnages des 17 premiers tomes, de Dragon Ball GT, de certains personnages pertinents de DBZ et des films), le DLC Super Limit-Breaking Zero rattrape le tir en proposant une trentaine de nouveaux personnages parmi lesquels la grande majorité sont issus des premiers arcs du manga et de Dragon Ball GT. Les possibilités ne sont pas encore infinies, mais elles sont tellement étendues que ce serait du pinaillage que de critiquer le nombre de personnages disponibles (Arale me manque par contre).

Un mode histoire au potentiel gâché
Il est désormais enfin temps d’aborder le gros morceau du contenu solo de ce Dragon Ball Sparking! Zero, son mode histoire. Et le constat est mitigé.
Le mode histoire a une forme particulière. Au lieu d’enchaîner les combats arcs par arcs de façon traditionnelle et linéaire, le mode histoire de Sparking! Zero s’articule autour des personnages. Pour être plus clair, il y a en réalité 12 modes histoire différents, chacun retraçant l’histoire d’un personnage : Goku, Vegeta, Gohan, Freezer, Jiren, Piccolo, Mirai Trunks et Black Goku pour le jeu de base, tandis que ceux de Krilin, Yamcha, Cell et Tenshinhan ont été ajoutés via le DLC.
Le mode se présente sous la forme d’une frise chronologique où vous pouvez enchaîner les combats ou au contraire revenir sur le combat de votre choix. Si l’idée de base de faire un mode histoire selon le point de vue de chaque personnage est très bonne sur le papier, elle n’est dans les faits pas si bien exécutée que ça. Certains modes histoires sont en effet très, très en dessous des autres.

Prenons un exemple tout simple : Mirai Trunks (ou Trunks du Futur pour ceux allergiques au japonais et les plus âgé). Son mode histoire ne couvre que l’arc Black Goku dans Super. Aucune trace de l’arc des cyborgs dans son mode histoire. Un comble pour un personnage étant devenu mythique grâce à cet arc. Il y a aussi bien trop souvent des pans entiers d’un personnage qui sont tout simplement occultés, comme le mode histoire de Gohan qui ne commence qu’à l’arc Cell, comme s’il n’avait eu aucun rôle à jouer lors de l’arc Saiyen ou sur Namek, ou encore l’affrontement entre Tenshinhan et Cell qui est absent des modes histoires des deux personnages.
Autres absences regrettables et pour lesquelles on ne trouve pas vraiment d’excuses : les films (y compris ceux de DBS), Dragon Ball Daima, GT et les 17 premiers tomes du manga. Absence d’autant plus incompréhensible dans les cas où les personnages ont été ajoutés en DLC (Daima et les films DBS surtout).
Mais l’originalité de ce mode histoire n’est pas là. La nouveauté de ce mode histoire et ce qui essaie de combler ces manquements, ce sont les fameux « What If ». Des histoires alternatives et complètement fictives du genre « que se serait-il passé si X perso était mort dès le début du manga ? ». Et si certains sont très anecdotiques, d’autres découlent sur un enchaînement d’évènements totalement inédits et inattendus. Avec par exemple Goku qui ne meurt pas face à Radditz, ce qui, vous vous en doutez, a des répercussions majeures sur la suite de Dragon Ball Z.
L’ajout est très sympathique, d’autant qu’il est ponctué par des « Épisodes Sparking! » qui sont des cinématiques (chose à souligner vu leur rareté dans le mode histoire) mettant en scène les pinacles de ces fameux What If.
Qu’on s’entende, nous sommes bien sur du fanservice pur jus. Mais ça marche terriblement bien comme « carotte » nous poussant à faire ce mode histoire qui sans ça serait très médiocre. Il y a cependant un gros bémol à ces what if, leur accessibilité. Qu’ils se méritent est une chose, qu’ils deviennent parfois source de frustration extrême au vu de la difficulté de l’IA en est une autre.
Car oui, l’IA est extrêmement corsée dans ce Sparking! Zero. Beaucoup trop même, au point de pouvoir dégoûter du jeu (et oui je suis très sérieux). Ce reproche s’applique dans tous les modes solos et en particulier dans les modes histoires et Brise-Limites. Pour être clair : certaines missions qui sont déjà particulièrement complexes en raison des aléas de l’histoire deviennent mission impossible à cause de la difficulté.
Sparking! Zero est un jeu dont les combats s’articulent principalement autour des contres et des déplacements. Sauf que l’IA réagit frame 0, c’est-à-dire qu’elle réagit instantanément à tout ce que vous faites, même en facile dans les cas les plus sévères. Et dans un jeu qui s’articule autour des contres, autant dire que cela peut devenir très frustrant et tout simplement gâcher l’expérience de ceux ne voulant pas s’infliger des combats trop compliqués, et on les comprend vu qu’encore une fois Sparking! Zero peut être considéré comme un party game.
On se retrouve donc avec un mode histoire qui, malgré ses bonnes idées et son envie de bien faire, est incomplet et frustrant. Acte manqué pour un élément central du cahier des charges
On passera sur le online, qui a une place non négligeable dans l’expérience (faire une centaine de combats en ligne est nécessaire si vous voulez obtenir le platine) mais qui se heurte à la cohérence entre jeu compétitif et party game. Pourquoi s’infliger un mode classé dans un jeu où des personnages sont (littéralement) à des univers d’écart des autres et où les combats peuvent vite devenir un enchaînement infini de téléportations pour peu que votre adversaire maîtrise le système de combat ? On se le demande.

Juste avant de conclure, impossible de ne pas revenir sur les menus qui sont dignes du yaourt nature le plus fade et sans sucre que vous avez mangé à la cantine et qui donnent au jeu un aspect « sans âme » dont il se serait bien passé.
Conclusion

Dragon Ball Sparking! Zero est avec son DLC ce qui se rapproche le plus de l’expérience ultime pour fan Dragon Ball en 2026. Avec ses combats absolument magnifiques et son amour de la saga qui transpire du jeu, il est sans doute le plus grand hommage que la saga puisse espérer aujourd’hui au format vidéoludique. Dragon Ball Sparking! Zero est cependant trahi par des manquements, des absences et des incohérences qui sont difficiles à comprendre pour un jeu avec son ambition, même avec son DLC vendu 35€ tout de même, bien que ce dernier rattrape bon nombre des absences du jeu de base.
Avec sa politique tarifaire revue à l’occasion de la sortie du DLC, et les mises à jour gratuites comme payantes qui devraient continuer d’affluer, Dragon Ball Sparking! Zero reste néanmoins, malgré ses défauts, un indispensable pour tous les fans de la saga de feu Akira Toriyama.
Les +
- Un hommage de tous les instants à la saga Dragon Ball
- Un jeu de toute beauté
- Peut-être le meilleur jeu Dragon Ball sorti à ce jour
- Une durée de vie stratosphérique
Les –
- Un mode histoire qui manque de consistance
- Une intelligence artificielle beaucoup trop frustrante
- Encore quelques absences de personnages et de contenu
- Des menus sans âme
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