Test – Pokémon Pokopia : le paradis des Pokémon ?
C’est en septembre 2025 lors d’un Nintendo Direct, Nintendo nous annonce à la surprise générale Pokémon Pokopia. Développé par Koei Tecmo et plus particulièrement par l’équipe à l’origine des excellents Dragon Quest Builders, l’objectif ici est clair : profiter de la renommée gigantesque de Pokémon et de la percée du genre du cosy game permise par Animal Crossing New Horizons et Stardew Valley notamment.
Mais qu’en est-il vraiment ? Sorti presque 6 mois après un Légendes Pokémon : Z-A qui allait dans le bon sens pour la série principale, Pokémon Pokopia parvient-il à faire honneur à la série qui a maintenant fêté ses 30 ans ? Après plus de 50 heures sur le titre, il est temps de détailler notre avis sur un jeu au succès surprise.
Pokémon Pokopia : un pari farfelu et (très) risqué
Pokopia vous largue dans un monde a priori en ruine et dans la peau… d’un Metamorph. Le Pokémon violet et tout gluant qui ne fait que copier son monde est en effet la star du jeu et une des nouvelles mascotte phare de la saga ! Après l’avoir personnalisé en humain pour vous rappeler votre ancien dresseur, vous allez faire la rencontre d’un Bouldeneu particulièrement solitaire et isolé. Et pour cause, il est le seul pokémon des environs.
N’ayant pas vu d’autres Pokémon depuis belle lurette, ce dernier vous demandera de les faire revenir petit à petit en utilisant les diverses capacités que vous pouvez copier (très malin d’avoir utilisé Metamorph). L’objectif ici est cependant plus large que simplement faire revenir les Pokémon qui ne sont pas les seuls à avoir disparu : les êtres humains ont eux aussi totalement disparu ! Bouldeneu (ou devrais-je dire « Professeur » Bouldeneu) espère donc que faire revenir les Pokémon attirera les humains qui feraient ensuite eux aussi leur retour.

Et c’est là que je vais m’arrêter pour ne pas spoiler. Puisque oui contre toute attente, Pokémon Pokopia a la particularité d’être très réussi d’un point de vue scénaristique et narratif ! La narration y est ici essentiellement faite par l’environnement et les différentes traces du passage des êtres humains que vous allez trouver ci et là et qui vous expliqueront pourquoi vous êtes si seul au monde. Pokopia récompense donc en grande partie l’exploration qui fait partie intégrante de son essence, mais j’y reviendrai.
Évidemment, n’espérez pas avoir de la part de Pokopia un jeu scénaristiquement prenant à la Baldur’s Gate 3 pour ne citer que lui : vous seriez déçu. Néanmoins, le jeu fait bien plus qu’avoir un simple scénario fonction avec une narration banale. Ses multiples propos sont tous bien traités (entre autres la solitude, la réappropriation du monde ou encore l’entraide pour ne pas dévoiler le thème central assez surprenant pour un jeu de la licence).
Une fois que le contexte est posé et la narration louée à sa juste valeur, que vaut vraiment Pokopia ? Parce que oui, le plus important dans un jeu vidéo, ça reste son gameplay et à quel point il nous transporte.
Un cosy game excellent
Ce que l’on demande à Pokopia, c’est surtout d’être un cosy game avec une surcouche Pokémon qui fonctionne. Et ici les équipes de Koei Tecmo ont magistralement réussi l’exercice !
Pour faire en sorte que Bouldeneu ne soit plus le seul Pokémon, Metamorph va donc devoir utiliser diverses capacités comme Pistolet à O, Feuillage ou encore Éclate’Roc (pour citer les premières que vous débloquez) pour modeler et aménager votre environnement à votre convenance et à celle des divers Pokémon. Et oui, faire un petit paradis pour mascotte c’est pas facile. En ce sens, votre Metamorph dispose d’un Pokédex pour lui indiquer les différents types d’habitats des pokémon : une créature ne viendra que si vous avez aménagé son habitat en amont.
Et il y a des dizaines d’habitats différents ainsi que des centaines d’espèces différentes donc autant vous dire que tous les trouver vous prendra du temps mais sera aussi très amusant : Pokopia a comme grande réussite de se prendre très facilement en main ! Une fois les mains posées sur le jeu, il est très difficile de s’arrêter. Le jeu vous surcharge d’informations et de possibilités toutes plus grandes les unes que les autres au point où vous ne verrez pas le temps passer.
Et en parlant de temps, il est l’heure d’aborder le cœur de Pokopia : l’aménagement des 5 zones ouvertes que le jeu vous donne comme terrain de jeu et le temps absolument titanesque que cela vous demandera de toutes les aménager ne serait-ce que convenablement.
Parmi ces 5 zones, 4 font parties de l’histoire principale et une est à entièrement personnaliser avec tous les outils, capacités et astuces que vous aurez accumulés au cours de votre aventure (la possibilité de construire un réseau ferré vous sera notamment donnée à titre d’exemple). Chaque zone possède ses Pokémon exclusifs, vous forçant donc à ne pas vous focaliser sur une seule zone si vous voulez tous les découvrir. Et il est primordial de noter qu’elles sont toutes très différentes les unes des autres ! Dans ce test je ne vous montre que la première mais croyez-moi qu’elles vous réservent toutes des surprises.

Et pour ne pas vous lasser, Pokopia a un atout dans sa manche : un level design qui frôle la perfection.
Chaque zone est en effet un récital de créativité avec l’objectif de vous donner des idées et de vous donner le tournis. On en est au point où vous allez devoir rénover des villes entières pour réaliser vos paradis pour Pokémon avec chacune un gros chantier qui vous prendra à coup sûr une dizaine d’heures minimum, le tout avec une jauge de bonheur à surveiller et qui vous donne accès à de nouveaux éléments, dont certains indispensables à la réalisation de vos projets.
En parlant de projets justement, il est primordial de dire que les possibilités dans Pokopia sont quasiment infinies. Certes le jeu vous tient par la main pendant une bonne partie de l’histoire principale (que vous n’êtes d’ailleurs pas obligé de suivre bien que je le conseille très fortement pour les raisons expliquées plus tôt) mais c’est pour ne pas vous perdre. Les possibilités sont bien plus grandes dans Pokopia que dans son modèle Animal Crossing New Horizons pour ne citer que lui.
Que ce soit en termes de construction, d’aménagement, de décoration ou tout simplement d’exploration (chose loin d’être la qualité première d’Animal Crossing), le jeu de Koei Tecmo met les curseurs à fond. Et peut-être même un peu trop pour être honnête. Il n’est pas rare de se sentir désabusé et perdu tant les possibilités sont absolument gigantesques et le nombre de tâche gargantuesque. La créativité est mise à toute épreuve mais si vous vous sentez déjà dépassé par les possibilités offertes par Animal Crossing, ce jeu vous laissera peut-être un goût amer à ce niveau-là (si vous souhaitez voir un aperçu des possibilités offertes par le jeu, on vous renvoie vers l’île crée par les équipes de Koei Tecmo).
Et ce malgré un système de quêtes journalières et fixes qui vous rappellera les Miles Nook pour vous guider un petit peu mais de façon encore plus succincte pour ne pas dire inexistante. Pokopia vous lâche dans un gigantesque terrain de jeu qu’il convient de transformer par vous-mêmes en quasi-intégralité.
Toujours pour continuer sur la filiation avec Animal Crossing, il y a un élément qui ne laissera personne indifférent : la gestion du temps. Elle se fait ici en temps réel comme dans Animal Crossing encore une fois. Et pour le coup il y a de quoi être mitigé. Là où Animal Crossing est entièrement calibré pour tourner autour de cette gestion très particulière du temps, elle est ici assez contraignante. Et c’est surtout le cas au début du jeu : les constructions les plus importantes (dont celle du Centre Pokémon qui est un marqueur dans l’histoire) vous prendront en effet une journée entière.

Mais mis à part ces contraintes en termes de construction, les modalités d’apparition de certains pokémon et les musiques jouées, rien ne justifie et n’exploite cette gestion du temps qui semble plus contraignante qu’autre chose à mon sens. Et la transition est ici toute faite pour parler d’une énième réussite du jeu : sa soundtrack !
En bon cosy game qui se respecte, Pokopia met un point d’orgue à avoir une soundtrack de qualité. Les premières heures me paraissaient plutôt fades de ce côté-là, le même thème se répétant encore et encore même au fil des heures de jeu avec une petite variation de nuit. Le véritable potentiel de la soundtrack du jeu se révèle cependant au moment de divaguer entre les différentes zones (ce qui implique un certain temps passé sur le jeu il est vrai). Chacune révèle progressivement son ambiance avec des variations de son thème principal dont certaines sont tout bonnement fantastiques (et en particulier celles de nuit).
Entre thème acoustique et un peu plus électro (mais toujours dans la douceur bien évidemment puisqu’on reste dans un cosy game), vous serez très certainement comblé à ce niveau-là ! Et si jamais la soundtrack du jeu ne vous convient pas, vous aurez toujours la possibilité d’écouter des musiques historiques provenant de l’ensemble des jeux de la série principale via des CD à récupérer un peu partout (on en revient à l’exploration qui est essentielle). En bref côté musical, il y en a pour tout les goûts.

L’un des aspects sur lesquels on pouvait s’interroger au moment de son annonce, c’est quant à l’utilisation de la licence phare de Game Freak et Nintendo. Simple skin assez bâteau ou vraie intégration, la question avait le mérite de se poser, et les équipes de Koei Tecmo ont réussi leur coup et c’est le moins qu’on puisse dire.
Un univers mis magnifiquement à contribution
Pokémon est une licence qui comme je vous le disais a soufflé sa trentième bougie. Et en 30 ans, le moins qu’on puisse dire c’est que la licence a pu essayer de multiples genres, toujours avec cette patte particulière qui nous fait aimer l’univers imaginé par Game Freak. Et ici la tradition est respectée avec ce premier essai dans le monde du cosy game !
L’univers de la licence est utilisé ici de manière magistrale, parfois même mieux que dans certains jeux de la série principale c’est pour dire. Je vais de suite évacuer la narration et le scénario, mais tout ce qu’il y a à retenir c’est que si vous êtes fan de la licence, vous allez avoir droit à des clins d’oeil à tout bout de champ. Par les traces laissées par les êtres humains dont je vous parlais plus tôt tout d’abord, mais aussi par les dialogues des Pokémon en eux-mêmes qui sont une énième réussite du jeu.
Chaque créature a son propre caractère. Certains seront timides, d’autres très joyeux et enfin certains très enjoués entre autres (vous avez compris la logique c’est comme dans Animal Crossing là encore). Au moment de leur découverte ils ont cependant tous un dialogue unique avec votre Metamorph qui vous fera parfois très certainement sourire si vous connaissez la licence, mais on vous laisse la surprise une fois encore.
L’univers de Pokémon est aussi utilisé à bon escient dans les propos du jeu et dans son scénario. À l’inverse d’un Z-A qui explorait l’aménagement en faveur des monstres de poche d’un point de vue humain, ici l’aménagement devra être pensé aussi pour les humains (puisque oui c’est eux que vous voulez faire revenir après tout), avec une réelle emphase sur l’attachement des Pokémon envers les humains.
Pour conclure sur l’utilisation astucieuse de l’univers de Pokémon, il convient aussi d’aborder l’utilisation des capacités des Pokémon pour vous aider à aménager votre environnement ! À titre d’exemple, les Pokémon Feu pourront chauffer des métaux pour en faire des lingots tandis que d’autres experts en déchets pourront les recycler pour vous fournir ce dont vous avez besoin. Votre paradis pour monstre de poche est donc avant tout une œuvre collective et solidaire, en accord avec le propos du jeu.
Conclusion

Pokémon Pokopia est un jeu dont la Nintendo Switch 2 avait besoin pour entériner son succès et est une vraie réussite. Chaleureux, attrayant, avec un esprit attendrissant tout en réussissant l’essentiel : être un excellent jeu vidéo et un excellent cosy game. En poussant les cruseurs à fond à tout les niveaux, Pokopia est assurément l’un des jeux de cette année 2026 et un des jeux phares de la Nintendo Switch 2
Particulièrement addictif mais aussi très bien fini, les équipes de Koei Tecmo ont aussi réussit à capter l’essence de la licence Pokémon en proposant une expérience qui exploite nombre de facettes encore très peu explorées de la licence tout en ayant ses fulgurances, notamment narratives.
Bref, si vous aimez Pokémon, les cosy games, ou les deux, Pokémon Pokopia est sûrement fait pour vous.
Les +
- Une direction artistique pastel et chaleureuse très réussie
- Une utilisation parfaite de l’univers de Game Freak qui en fait une porte d’entrée parfaite
- Une narration environnementale omniprésente et maîtrisée
- Un level design phénoménal
- Une durée de vie gigantesque
- Impeccable techniquement
- L’exploration de thèmes jamais vus dans la série
- Une soundtrack très bonne
- La bonne utilisation du mode souris
Les –
- Quelques imprécisions sur les constructions qui peuvent agacer
- Un jeu peut-être trop dense pour les moins motivés et les moins imaginatifs ?
- Un accompagnement trop poussé les premières heures
- L’omniprésence de la première génération
- Une gestion du temps à la Animal Crossing un peu hors sujet
Incontournable











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