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Test – Ghost of Yotei : Une coquille dorée, mais vide

Ce test a été réalisé grâce à une copie envoyée par l’éditeur.

Ghost of Yotei, un jeu central pour la PS5

Sorti en 2020 sur PS4 et un an plus tard sur PS5 avec sa Director’s Cut, Sucker Punch avait à l’époque avec Ghost of Tsushima marqué la fin de la génération PS4 avec une expérience réussie mais quelque peu classico-classique par moments, surtout en matière d’open world et de jeux solo narratifs. 5 ans après, Sucker Punch revient non pas avec un InFamous comme voulu désespérément par les fans de la licence, mais avec la suite, non pas directe, de Ghost of Tsushima, Ghost of Yotei.

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Ce Ghost of Yotei arrive dans un moment bien particulier pour la PS5. En effet, 5 ans après sa sortie, le gros parpaing blanc de Sony n’avait aucune véritable exclusivité console phare que l’on pourrait qualifier de “console seller”, si ce n’est Astro Bot qui est l’une des seules véritables exclusivités PS5 à ce jour (qui ne vaut à mon sens pas l’achat d’une console et qui n’a donc pour moi pas ce statut). Mais est-ce que ce Ghost of Yotei réussit à assumer ce rôle d’exclusivité phare de la PS5 et à avoir ce statut de console seller ? C’est ce qu’on va voir ici, non sans honnêteté.

Une esthétique exceptionnelle

Ghost of Yotei se passe plus de 300 ans après son prédécesseur et prend cette fois place sur l’île d’Ezo au nord de l’archipel nippon (aujourd’hui appelé Hokkaïdo), elle-même marquée par le mont Yotei qui donne son nom au jeu (probablement que “Ghost of Ezo” n’a pas plu à l’équipe marketing) mais qui n’a qu’une place extrêmement mineure dans le jeu, pour ne pas dire purement esthétique.

Et justement l’esthétique, parlons-en. Ghost of Yotei met les bouchées doubles, triples et même quadruples pour offrir à la PS5 ce qui est assurément un des plus beaux jeux de cette génération, à n’en point douter aux côtés de Death Stranding 2 par exemple. Les panoramas sont splendides à chaque instant avec la volonté manifeste et pleinement assumée des équipes de Sucker Punch d’en mettre plein la vue à tout moment.

De l’exploration des (très grandes et trop nombreuses) plaines aux combats toujours aussi bien mis en scène, l’aventure d’Atsu a de quoi faire plaisir aux pupilles, même en mode 60 fps sur PS5 fat, chose à souligner quand on voit de plus en plus de jeux se reposer sur la PS5 Pro à 900€ pour avoir une expérience fluide et décente visuellement.

Malgré une incohérence géographique (le jeu se déroule en automne et il y a pourtant des cerisiers en fleurs), l’île d’Ezo est absolument resplendissante à chaque instant et ne manquera pas de vous impressionner. Sur ce point-là, l’objectif est clairement réussi pour les équipes de Sucker Punch. Mais ce semi-open world n’est pas la seule source d’émerveillement pour nos pupilles puisque la mise en scène est particulièrement soignée.

Chaque combat est sublimé par l’île d’Ezo grâce à ses panoramas et ses multiples (parfois bien trop nombreux il est vrai) effets de particules. Les duels de samouraïs sont aussi de retour, bien qu’ils n’aient parfois pas vraiment de sens, Atsu n’étant pas du tout (ou plus) une samouraï, bien au contraire.

Cette volonté d’en mettre plein les mirettes se voit aussi très naturellement dans les cinématiques, et en particulier celles du tout début du jeu. Le flashback d’Atsu et la présentation des Six de Yotei n’a qu’un seul objectif : faire comprendre aux fans du Japon et aux adeptes du flow à outrance qu’ils sont là où ils doivent être.

Malheureusement l’histoire du jeu est assez inconsistante à ce niveau. Certaines cinématiques et moments d’ampleur n’atteignent pas « l’epicness » de Ghost of Tsushima, tant au niveau des enjeux que de la mise en scène pure et dure lors des combats et autres assauts.

Pour ce qui est des combats justement (et du gameplay au global), ce Ghost of Yotei est beaucoup plus diversifié que son prédécesseur… du moins en apparence. En effet, comme dans Ghost of Tsushima, les combats de mêlée ont un système de forces et de faiblesses. Ici il n’est toutefois plus question de posture mais d’armes différentes.

Vous aurez donc le choix au fil du jeu entre le katana simple, l’Odachi, le double katana, ainsi que 2 armes supplémentaires que je vous laisserai découvrir par vous-mêmes. Toutes se débloquent au fil de votre aventure, tout comme les divers moyens d’assassinats et d’attaques à distance : kunai, fusil, bombes artisanales et plus encore, vous aurez l’embarras du choix pour conquérir les (très nombreux) camps ennemis.

Toutefois, les options véritablement intéressantes ne se débloquent qu’assez tard dans le jeu. J’ai ressenti personnellement une vraie redondance dans les combats et dans les approches que le jeu me proposait pendant une grande partie du jeu, d’autant plus que l’Odachi ne me plaisait pas vraiment et que les options à distance sont limitées pendant la très grande majorité du jeu à un simple arc.

En fin de jeu cela dit (et particulièrement dans le post game), les options sont largement assez nombreuses (les gardes parfaites et les attaques spéciales entre autres) pour pouvoir expérimenter et trucider des samouraïs ennemis à la chaîne de façon particulièrement satisfaisante, mais il aurait fallu que ça arrive une bonne dizaine d’heures plus tôt.

Je me suis étendu sur les visuels du jeu et sur son gameplay, donc sur ce qui concerne très grossièrement sa plastique. Et il n’y a pas à dire, elle est globalement très bonne. Mais qu’en est-il de son contenu, de son scénario et de plus généralement tout ce qui fait qu’un jeu n’est pas qu’une esthétique sympathique ? C’est ce que je vais aborder maintenant, et le constat est loin d’être aussi réjouissant…

Pour un contenu très simpliste

Commençons par ce qui fâche le plus : la structure de ce Ghost of Yotei qui est tout simplement archaïque pour un jeu se targuant d’être un console seller de la PS5 en 2025. Cette structure est en effet exactement la même que celle de Tsushima paru 5 ans plus tôt. Vous allez enchaîner les points d’intérêt (camps, sanctuaires, bambous d’entraînement etc donc exactement comme le premier jeu) non-stop pour remplir votre carte.

Et si au début le jeu vous fait miroiter une aventure emplie de liberté (comme le premier jeu encore une fois), il finira par vous avouer à demi-mot que vous allez devoir remplir une checklist à la manière des jeux Ubisoft tant décriée. Parce que oui, et j’en ai moi-même été choqué, un PNJ vous vendant des cartes pour accéder à certains endroits finira par vous dire qu’il vous vend des, je cite, « points d’intérêt ». Si ce n’est pas un aveu d’échec de la part du jeu, je ne sais pas ce que c’est.

Dans la lignée de cette déception, Sucker Punch a aligné les étoiles du jeu qui ne parvient pas à atteindre ses objectifs profonds.

En effet outre sa structure de la décennie passée, Ghost of Yotei se paie le luxe d’avoir une mise en scène lors des moments scénaristiques (cinématiques, dialogues…) tout simplement erratiques. Si vous êtes comme moi un habitué des jeux Yakuza, vous serez en terrain connu puisqu’avec des champs et contrechamps pour la grande majorité des dialogues, autant dire que ça fait plus production à petit budget que gros blockbuster PlayStation…

Pour aller avec cette mise en scène assez basique, il convient de dire que le scénario est assez convenu et classico-classique. Cela peut ne pas être dérangeant, mais nous étions en droit de s’attendre à plus qu’à une simple quête de vengeance avec un dilemme aussi bateau que devoir faire un choix entre celle-ci et sa famille. Surtout que là encore, comme le premier jeu, le choix est fait à notre place.

Et ce alors que le jeu fait tout pour rendre cette quête mémorable avec un nombre assez absurde de flashbacks, tous sur la même période et voulant tous nous faire comprendre la même chose : les Six de Yotei sont méchants et Atsu mérite de les tuer tous un par un.

Sauf que ça ne prend pas. Ou plutôt, ça ne prend plus. Car oui, au bout de la bonne vingtaine de flashbacks contenu secondaire compris, on commence à avoir compris la chanson. Surtout qu’il y a d’autres manières de nous faire détester ces Six de Yotei au vu du comportement de la plupart d’entre eux.

Toujours dans cette direction assez banale et lassante, que dire du contenu secondaire ? Comme dit plus tôt, vous enchaînerez les points d’intérêts de façon machinale et avec un level design parfois très médiocre, surtout en matière de grimpette. Et ça, c’est sans compter sur certaines quêtes principales qui tirent en longueur en ajoutant notamment des sessions peinture au pavé tactile, de la forge ou encore de la cuisine dont on se passerait bien après avoir essayé une fois parce que ce n’est tout simplement pas amusant.

Et c’est sans parler des quelques énigmes anecdotiques et qui en deviennent presque énervantes tant elles sont basiques et inintéressantes…

Ce qui est d’autant plus dommage, c’est que le jeu ose des choses avec des quêtes qui sortent clairement de la banalité du reste du jeu aussi bien en termes de visuel qu’en matière de level design mais réserve ça au postgame… Le syndrome d’une industrie qui ne veut brusquer personne jusqu’aux crédits, je suppose…

Conclusion

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Ghost of Yotei ne remplit aucun de ses objectifs hormis celui d’être une vitrine technique et un bon blockbuster. Très loin d’être un mauvais jeu (j’ai moi-même passé un bon moment dessus avec l’envie d’y retourner), Ghost of Yotei se trouve être particulièrement superficiel. Retirez-lui son esthétique absolument folle et il est certain qu’il n’intéressera plus grand monde.

Ghost of Yotei, c’est l’archétype d’une production gros budget calibrée pour marcher qui, bien qu’amusante et sympathique, ne remplit pas son rôle de console seller potentielle et de véritable “classique” dont la PS5 a pourtant cruellement besoin, d’autant plus quand Sony s’est décidé à abandonner les sorties PC.

Cela dit, si vous aviez aimé Ghost of Tsushima en 2020, nul doute que ce Ghost of Yotei vous plaira. De même pour ceux en quête d’un jeu en mettant plein la vue. En revanche, les plus exigeants à la recherche d’une expérience à la hauteur de son prix et de son statut devront passer leur chemin.

Les + :

  • Un jeu de toute beauté et irréprochable techniquement
  • Des combats plaisants et grisants…
  • Une ambiance réussie
  • Un périple entraînant
  • Atsu, digne héritière de Jin Sakai
  • Une mise en scène parfois plaisante…

Les – :

  • Une créativité aux abonnés absents
  • Un scénario et une narration trop convenue
  • … mais qui tardent trop à montrer leur réel potentiel
  • Un contenu secondaire inintéressant
  • Une structure archaïque
  • …quand elle n’en fait pas trop ou qu’elle n’est pas erratique

Recommandable mais décevant

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Fondateur de ce joli bébé et tombé amoureux du jeu vidéo enfant un peu à la manière d'Obélix, mon objectif avec ce média est d'approfondir ma passion du médium !

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