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Test – Ninja Gaiden 4 : le renouveau attendu ?

La saga Ninja Gaiden est bien loin d’être sur un long fleuve tranquille. Après plus de 13 ans sans nouveau jeu de la série principale en dehors des remasters (le dernier en date étant auparavant Ninja Gaiden 3 sorti en 2012), la licence revit soudainement sous la houlette de Microsoft qui a annoncé le jeu en début d’année 2025.

Désireux de faire renaître une licence au potentiel certain, le constructeur a fait débuter en collaboration avec Team Ninja, développeur historique de la licence, « l’année du Ninja », censée marquer le retour de cette licence culte. Ce Ninja Gaiden 4 en est le point culminant après le « remake » du 2ème épisode baptisé Ninja Gaiden 2 Black sorti en début d’année, et le spin-off piloté par Dotemu se nommant quant à lui Ninja Gaiden Ragebound.

Mais qu’en est-il de ce nouvel épisode codéveloppé cette fois-ci avec PlatinumGames (à qui l’on doit notamment Bayonetta, NieR: Automata ou encore Astral Chain) ? Parvient-il à faire renaître une licence que l’on a longtemps crue morte ?

En terrain (à moitié) inconnu

Ce Ninja Gaiden 4 fait tout d’abord un pari pour le moins risqué : Ryu Hayabusa, Ninja iconique de la licence appartenant au Clan Hayabusa, n’est pas au centre de cet épisode.

Celui qui est la tête d’affiche de cet épisode est un jeune ninja appartenant cette fois-ci au clan Corbeau (qui sont pour résumer la face immergée de l’iceberg du monde des ninjas dans la licence), Yakumo.

Yakumo est, ninja oblige, un personnage d’apparence assez froide et taciturne, à tel point qu’il peut paraître stéréotypé par moments. Exécutant ses missions sans jamais se plaindre, peu importe les tâches qui lui incombent, aussi violentes soient-elles. Toutefois au fil du jeu, le jeune ninja se révèle être de moins en moins caricatural. À mesure que sa mission se complexifie, Yakumo n’hésite pas à montrer de l’inquiétude, de la reconnaissance ou encore de la colère, chose très appréciable en comparaison avec un Ryu qui peut parfois sembler trop puissant pour ressentir une implication émotionnelle dans ses missions.

Mais là où le pari de renouveler complètement la licence aurait pu être fait, l’objectif du jeu étant je cite de « ravir une nouvelle génération de joueurs » d’après le site officiel de celui-ci, Team Ninja et PlatinumGames ont fait le choix de conserver Ryu Hayabusa.

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Autant le dire tout de suite, c’est une fausse bonne idée. Encore plus compte tenu des chapitres effectués avec le Ninja du Clan Hayabusa, mais on y reviendra. Pour l’heure, voyons ce qu’il en est du nouveau personnage qu’est Yakumo et de ce qu’il apporte à la licence.

Ninja Gaiden à la sauce PlatinumGames : un cocktail plaisant et impressionnant

Avec ce nouvel épisode, PlatinumGames a pleinement marqué la série de son empreinte, pour le meilleur et pour le pire. Les combats sont bien plus nombreux et nerveux qu’auparavant, peut-être trop même. Mais ils restent néanmoins extrêmement plaisants, malgré quelques défauts évidents et plus ou moins grossier.

Pendant la grande majorité de l’aventure, Yakumo est celui qui nous accompagne pour trucider démons, youma et autres miliciens se dressant sur notre route. Yakumo est volontairement virevoltant, notamment grâce à son grappin lui permettant de s’aggriper à certaines surfaces en plein combat ou encore grâce à ses armes faites pour exploiter son agilité. Les parades, les contres et autres esquives parfaites occupent une place centrale dans les combats et renforcent cet aspect très virevoltant et endiablé au détriment de la technicité, ce qui peut déplaire aux fans de la première heure.

Les ennemis vont eux aussi dans le même sens de nervosité, étant assez passifs et attendant la plupart du temps de se faire trucider (à la différence des opus précédents où les ennemis n’hésitaient pas à vous harceler en groupe) en rythme par un Yakumo déchaîné, notamment grâce au mode Berserker qui permet de les tuer en un coup.

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Ce système a donc principalement été fait pour exploiter pleinement les capacités de Yakumo.

La mise en scène des combats et des situations a également été pensée dans le même objectif : en mettre plein la vue en permanence et faire briller ce nouveau protagoniste.

Chaque mise en situation est volontairement grandiose, chaque combat de boss est mis en scène de façon spectaculaire et en particulier avec leurs exécutions qui sont tout simplement magistrales. La bande-son a, elle aussi, ses moments de fulgurance bienvenus pour accompagner des moments toujours épiques malgré la présence d’un certain Victor Borba. Le sound design quant à lui est tout simplement excellent.

Chaque coup se ressent, chaque parade trouve un écho très satisfaisant et la section d’un membre d’un ennemi (nous permettant ensuite de l’éliminer en un coup comme le veut la tradition de la série) est indiquée à merveille par le son.

Yakumo est donc particulièrement agile et tout en jeu est fait pour exploiter ces aspects du personnage.

Une répétitivité… à toute épreuve

Cependant, que ce soit en termes de level design ou de combats, tout est loin d’être parfait. Côté combat, Yakumo ne dispose que de 4 armes différentes (et une cinquième le transformant en sosie de Ryu en postgame), ce qui est bien trop peu comparé aux 9 armes de Ninja Gaiden 2 Black et aux 8 de Ninja Gaiden 3 : Razor’s Edge. Ryu quant à lui ne dispose que d’une seule arme, la Lame du Dragon, tandis que d’autres sont bloquées derrière les DLC annoncés avant la sortie du jeu

Côté level design maintenant, la mise en scène est certes impressionnante mais redondante. Les éléments de level design (grappin, wall jump, ride sur des rails, sessions de deltaplane et de surf) se répètent sans cesse et quand bien même la difficulté augmente au fil des obstacles, on ne peut pas dire que le jeu a une grande diversité de level design.

Ce manque de diversité se retrouve aussi dans le nombre d’environnements. Comptez-en seulement 5 pour tout le jeu. Et oui, ça fait peu, encore plus comparé aux opus précédents qui nous faisaient faire le tour du monde avec différents environnements très variés.

Et ce d’autant plus qu’ils ne sont pas particulièrement réussis et mémorables hormis le Tokyo futuriste sous la pluie et la montagne qui sont tous deux très réussis contrairement aux enfers et au Tokyo souterrain qui sont très anecdotiques pour ne pas dire vides d’intérêt.

Il en ressort une direction artistique qui peine à être véritablement originale, se contentant bien trop souvent du strict minimum pour coller à sa volonté d’en mettre plein les yeux (surtout avec la fâcheuse manie de mettre de la pluie et des couleurs neons partout), sans jamais réussir à être véritablement marquante comme ses prédécesseurs ou même comme le spin-off Ninja Gaiden Ragebound.

Nous avons longuement parlé de Yakumo qui est le personnage central et globalement réussi de ce Ninja Gaiden 4, aussi bien du côté de son écriture (qui reste malgré tout simpliste), que de son gameplay qui est exploité à merveilles (même si encore une fois on regrettera le manque d’armes).

Mais problème, il n’est malheureusement pas tout seul puisque papy Ryu fait de la résistance dans ce nouveau Ninja Gaiden et est lui aussi présent et à partir du troisième tiers du jeu, et c’est là que le bât blesse.

Ryu Hayabusa : le fruit vieillissant ajouté en dernière minute

Il est criant que l’implication de Ryu n’aurait pas dû être aussi grande et a été forcée au cours du développement, sans doute de peur de perdre les fans de la première heure. Présenté par les synopsis du jeu comme étant un « mentor » de Yakumo, Ryu en est au contraire pendant longtemps l’ennemi.

Le premier voulant ressusciter le Dragon Noir scellé par Ryu dans le but de le tuer définitivement et d’accomplir la destinée du Clan Corbeau, chose que Ryu craint étant donné l’absence d’un maître ninja du clan Corbeau, seule personne capable de tuer le Dragon Noir.

D’un point de vue scénaristique, l’ajout de Ryu, et encore plus sous cette forme d’ennemi censé tester Yakumo se tient. C’est du point de vue du gameplay que l’ajout du Ninja pose problème.

Au début du dernier tiers, Ninja Gaiden 4 nous impose un flashback en compagnie de Ryu. Sur le papier, pourquoi pas après tout. Dans les faits, ce flashback est révélateur de tous les défauts cités précédemment.

Tout d’abord parce que Ryu n’est pas adapté à la nervosité voulue par cet épisode. Trop lent, trop puissant, pas assez virevoltant, Ryu montre à lui seul le fossé entre les précédents jeux et celui proposé par PlatinumGames. L’objectif de vouloir conserver les fans de la première heure semble ainsi être une fausse bonne idée, ces derniers pouvant se rendre compte très vite du problème cité précédemment.

Au-delà de la nervosité, Ryu souffre également cruellement du manque de diversité des armes. La présence de seulement 4 armes pour Yakumo en fin de jeu est déjà dérangeante, alors n’en avoir qu’une seule pour Ryu (que l’on doit jouer pendant plusieurs niveaux consécutifs) l’est d’autant plus.

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Autre défaut de ce dernier tiers en compagnie de Ryu, leur manque d’intérêt et leur répétitivité criante.

Comme dit plus tôt, ces chapitres avec Ryu font office de flashback à notre aventure. Pour des raisons scénaristiques, Ryu traverse les mêmes niveaux et tue les mêmes boss que Yakumo. Oui, on refait la même chose une deuxième fois, qui plus est avec un personnage moins adapté au gameplay du titre. De quoi ternir grandement une expérience pourtant très sympathique.

Que penser de ce Ninja Gaiden 4 ?

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Ninja Gaiden 4 est un renouveau prometteur pour la série à n’en point douter. Entre ses combats plaisants en toutes circonstances, sa mise en scène grandiose en permanence magnifié par un sound design et une bande-son excellente, Ninja Gaiden 4 est un vrai bon jeu d’action.

Toutefois, l’ADN de PlatinumGames et le cahier des charges imposant la présence de Ryu Hayabusa en font un jeu qui, loin de trahir la série, le détournent de son objectif de créer une nouvelle génération de fans tout en conservant sa base historique. Le scénario de ce Ninja Gaiden 4 est lui aussi loin d’être exceptionnel, se contentant là aussi du strict minimum quand bien même on ne lui en demande pas plus. Son rythme saccadé, le manque cruel d’environnement et d’armes ainsi que la mainmise toujours présente de Ryu sur la licence l’empêchent de prendre un réel nouvel envol, et c’est dommage.

  • Un rythme effrené
  • Une mise en scène impressionnante en permanence
  • Un réel défouloir
  • Une certaine profondeur
  • Une excellente bande-son et un sound design percutant
  • Une histoire trop simple
  • Beaucoup trop répétitif
  • Un rythme en dent de scie
  • Un dernier tiers très mauvais
  • La présence de Ryu Hayabusa en tant que personnage phare

Recommandable

thumbs up

Fondateur de ce joli bébé et tombé amoureux du jeu vidéo enfant un peu à la manière d'Obélix, mon objectif avec ce média est d'approfondir ma passion du médium !

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