Test – BALL X PIT, aussi addictif que frustrant
Ce test a été réalisé avec une copie Nintendo Switch 2 envoyée par l’éditeur.
BALL X PIT étant un jeu qui utilise les ressorts de l’addiction et des jeux d’argent, il peut ne pas être pour vous. Si vous avez besoin d’aide, consultez Joueurs-Info-Service.
Ces dernières années, avec l’explosion du genre du roguelike, et plus particulièrement depuis la sortie du trop addictif Vampire Survivors, de nombreux jeux se voulant être de la même mouvance sont apparus sur le marché. BALL X PIT en fait partie et emprunte une bonne partie de la formule du jeu de Poncle mais en ayant ici sa propre identité.
BALL X PIT est donc un casse-briques roguelike-survivor avec des mécaniques de city-building développé par Kenny Sun, un solo dev, et ses amis (c’est lui-même qui le dit après tout). Ça fait beaucoup d’informations ? Ne vous inquiétez pas, je vais tout expliquer en détail.
On va passer sur l’histoire de BALL X PIT qui est volontairement ultra sommaire (et pas besoin de plus après tout). Tout ce qu’il y a à retenir, c’est que vous êtes dans un monde post-apocalyptique après que la ville de Ballbylon (et je ne me suis pas trompé d’orthographe) ait sombré suite à la chute de la Lune sur elle. Ses habitants se regroupent donc en un groupe de survivants avec des boules comme seule arme. Avec un ascenseur pour s’enfoncer au plus profond de la terre, vous devrez explorer les souterrains pour exterminer des ennemis en chaîne et trouver des ressources pour reconstruire la ville.

Des boules, des boules et encore des boules : le pic de dopamine
Chaque niveau prend donc place dans un niveau souterrain. En bon casse-brique, les ennemis de BALL X PIT arrivent par rangée. À vous de créer des brèches dans leur défense. Pour cela, vous avez plusieurs armes à votre disposition.
Tout d’abord, les béboules. Les béboules sont des boules de base. Elles n’ont aucun effet particulier si ce n’est infliger des dégâts et rebondir sur vos ennemis et sur les murs. Viennent ensuite les « boules » qui sont vos compétences actives. Ces dernières ont des effets extrêmement divers et variés, allant de la simple brûlure à la vampirisation en passant par l’empoisonnement. Enfin, des compétences passives sont aussi disponibles. Elles peuvent améliorer certaines de vos caractéristiques comme le nombre de béboules que vous tirez ou encore l’augmentation des dégâts de ces dernières. Elles peuvent également influer sur vos déplacements, votre barre de vie et bien d’autres choses.
Et à tout ça s’ajoute la diversité des personnages et de leurs caractéristiques. Tous, hormis le premier personnage, ont une caractéristique bien à eux. Certains vont par exemple tirer leurs boules de manière non conventionnelle, tandis que d’autres peuvent ne tirer aucune béboule.
Les possibilités sont donc très larges, surtout vu le nombre de personnages, de boules et de passifs, dont un nombre non-négligeable a d’ailleurs été ajouté post-lancement via des mises à jour gratuites. La dernière en date (et la dernière tout court) se nommant The Naturalist.


À la vue de ces captures d’écran, deux choses vous ont peut-être sauté aux yeux : la possibilité de vous déplacer et de viser librement (selon votre personnage). Ces deux mécaniques sont pour ainsi dire essentielles dans BALL X PIT.
Vos déplacements vous permettront d’esquiver les attaques de vos ennemis (et vous serez souvent assailli) mais également de bien vous placer pour exploiter les failles dans la défense ennemie ! On l’a dit, vous combattez avec des boules. Et ces boules, elles rebondissent. La gestion des angles sera donc absolument essentielle pour vous sortir de situations complexes, à la manière d’un flipper. Le premier boss force le joueur à se rendre compte de ce détail ô combien important, car il n’est attaquable que par derrière et donc atteignable que via des rebonds.

Pour avoir de plus en plus de capacités au cours de votre partie, deux moyens s’offrent à vous. Gagner des niveaux grâce aux cristaux d’expérience lâchés par les ennemis que vous tuez, ou ramasser des réacteurs en fusion !
Ces derniers sont lâchés aléatoirement et par les mini-boss et vous permettent au choix de renforcer plusieurs capacités d’un coup, d’en fusionner, ou d’avoir accès à des évolutions à condition d’avoir réuni la bonne combinaison de boules ou de passifs.
Et ce sont ces combinaisons, fusions et évolutions de capacités qui donnent tout son sens à votre build. Certaines compétences, actives comme passives, ne révèlent leur potentiel qu’une fois qu’elles sont évoluées ou fusionnées. Certaines passent même de frein à votre progression à moteur principal de celle-ci. En clair, le jeu vous pousse à expérimenter.
Au fur et à mesure que vos parties s’enchaînent, votre connaissance deviendra une arme vous permettant de maximiser vos chances de transformer votre écran en un véritable feu d’artifices de boules, de son et même d’explosions en tout genre ! Je l’ai testé sur Switch 2 et avec le framerate de 90fps en mode portable (stable la plupart du temps mais des chutes peuvent survenir) couplé à la résolution de l’écran et aux couleurs flashy par moments, vous en prendrez plein les yeux et les oreilles (je vous renvoie ceci dit à l’avertissement du début de test).
En parlant de l’aspect visuel, je dois dire que BALL X PIT est plaisant à l’oeil ! Son filtre CRT couplé à sa direction artistique et à son ambiance sonore excellente en font un jeu qui est techniquement et artistiquement impeccable.
Au-delà de la multitude de boules, une ville à reconstruire
L’autre moitié de BALL X PIT, c’est la reconstruction de la ville de Ballbylon et la gestion de vos ressources (qui vous serviront exclusivement à cette fin).
Pour cela, vous allez tout d’abord devoir aménager des champs, des forêts et des coins rocheux pour y récolter vos 3 ressources essentielles en dehors de l’or : le blé, le bois et la pierre. Ces ressources vous servent ensuite à construire des bâtiments ou à les améliorer parce que oui, chaque bâtiment possède lui aussi sa caractéristique et apporte cette fois une amélioration permanente (stats, ressources récoltées, etc).

Le problème de cette ville, c’est que le seul intérêt qu’elle possède est utilitaire. Si la proposition de BALL X PIT vous intéressait car vous pensiez y trouver un roguelike avec un penchant cosy game avec aménagement de votre ville, il n’en est rien.
L’aménagement de Ballbylon est en fait beaucoup plus proche de la partie de Tetris qu’autre chose. Chaque bâtiment ayant une forme angulaire qui invite à les emboîter, il n’y a aucun plaisir à aménager la ville, si ce n’est la rendre la plus efficace possible pour vos récoltes. Acte manqué.
Et un acte manqué, il y en a un autre et pas des moindres : le plaisir apporté par le jeu. Dans mon cas, il a été décroissant dès que je me suis rendu compte d’à quel point le jeu était frustrant.
BALL X PIT, un jeu de plus en plus frustrant
Sur le papier et avec tout ce que je vous ai dit en dehors du city building raté, BALL X PIT avait tout pour être une drogue dure comme on les aime. Une fois passées les premières heures un peu poussives (ce qui est toutefois logique pour apprendre comment le jeu fonctionne), j’ai eu une vision du potentiel qu’offrait le titre. Des builds extrêmement variés, un plaisir immédiat, une simplicité déconcertante dans la prise en main et dans les objectifs, et même un enrobage intéressant avec sa petite touche d’humour. Mais ce potentiel n’est malheureusement jamais atteint parce que le jeu s’auto-sabote avec des choix douteux.
Commençons par le plus important et ce qui m’a le plus frustré au cours de ma vingtaine d’heures sur le jeu : l’impossibilité totale de réussir à avoir un deck abouti. En ayant vu les crédits (qui nécessitent de finir le dernier niveau avec 8 personnages différents tout de même), construits tout les bâtiments et avoir toutes les améliorations de ces derniers, il m’est toujours impossible d’avoir un build entièrement abouti et de pouvoir en profiter quand je m’en rapproche.
Pourquoi ? Parce que les niveaux sont BEAUCOUP trop courts. Seulement 15 minutes pour arriver jusqu’au boss du niveau (et même 12 si vous choisissez la variante rapide). Alors certes, un bâtiment se débloquant au bout de quelques heures de jeu vous permet de pouvoir continuer l’expédition après avoir battu le boss. Mais le niveau des ennemis augmente tellement de façon exponentielle et rapide que dépasser les 5 minutes supplémentaires est déjà une très bonne performance.
C’est sur ce point-là particulièrement que le constat fait mal avec Vampire Survivor ou même Balatro. Les deux jeux que je cite vous permettent d’aller au bout de votre build. D’expérimenter et de pousser vos connaissances du jeu au fur et à mesure des parties. BALL X PIT lui, ne vous le permets pas. Ou du moins beaucoup trop peu. Et c’est frustrant. Surtout quand vous avez des centaines de combinaisons possibles en comptant les fusions. Mais en plus d’être frustrant ce point détruit la durée de vie du jeu. Pourquoi me pousser à expérimenter si je ne peux finalement pas à cause d’une limite de temps trop courte ?

Et cette frustration a continué de monter au fil de mon avancée, surtout quand j’ai appris l’existence de combinaisons à 4 boules ou 4 passifs au potentiel absolument dévastateur. Ah et cerise sur le gâteau, acquérir un build cohérent est forcément compliqué puisque le choix des améliorations à chaque niveau est soumis à l’aléatoire. Vous pouvez donc passer plusieurs niveaux à ne pas avoir la compétence que vous vouliez et peut-être même jamais puisque chaque tentative de reroll vous coûte de l’or… Compliqué de faire plus frustrant que de toucher son build du bout des doigts mais d’en être privé arbitrairement.
Pour avoir pu testé (après moults essai et l’utilisation des personnages arrivés avec la dernière mise à jour qui doublent le nombre de boules ou de passifs à votre dispositions et non sans mal) les évolutions ultimes, ces dernières sont terriblement satisfaisantes ! Et ça rend la chose encore plus frustrante ! Pourquoi avoir cette limite de temps beaucoup trop arbitraire ? C’est un choix que je trouve incompréhensible et qui a grandement altéré mon expérience de jeu…
D’autres choix étranges
Outre le caractère inintéressant et tout juste utilitaire de la ville de Ballbylon, il y a d’autres choix que je trouve assez discutables, voire qui peuvent complètement casser l’intérêt du jeu.
Commençons par la présence d’un personnage que vous pouvez débloquer lors du deuxième tiers du jeu : le Tacticien. Ce dernier transforme BALL X PIT en un tour par tour. Là aussi je trouve ça incompréhensible puisque ça casse totalement le jeu de déplacement en temps réel, la difficulté de visée et surtout la dynamique globale du jeu qui consiste en un déferlement de chose à l’écran ! Le Tacticien peut être vu comme un aveu de faiblesse de la part du studio, ou comme une volonté de changer drastiquement la formule, mais ça ne marche pas.

C’est comme si un jeu comme Ghost of Yotei qui se base sur le feeling des combat de samouraïs décidait soudain de vous donner le choix de le transformer en jeu de stratégie. Et là vous allez peut-être me rétorquer que donner cette possibilité qui casse le jeu n’est pas si préjudiciable vu qu’on doit faire le dernier niveau avec 8 personnages différents. Mais même pas. Parce que vous débloquez aussi la possibilité de partir en mission avec 2 personnages à la fois (ce qui est toutefois une excellente chose en dehors de ce cas précis).
Autre choix douteux de la part de Kenny Sun et ses amis, la présence de mécaniques basées sur le temps pour la récolte des ressources. Le versant City building de BALL X PIT fonctionne en effet à quelques égards comme un Clash of Clans par exemple, puisqu’il y a de la récupération passive lorsque vous n’êtes pas en plein niveau. Et là encore l’idée n’est pas mauvaise. Mais encore fallait-il qu’elle soit adaptée aux consoles et au PC, et pas à la version mobile (que je n’ai pas pu tester, je peux donc potentiellement me tromper sur ce point).
Les récoltes passives de matériaux peuvent donc se faire de manière passives pendant que vous ne jouez pas. Mais est-ce que c’est contrôlé avec l’heure de la console comme dans un Animal Crossing ou Pokopia ? Eh bien non. Ce qui est ici compté, c’est votre temps de jeu passé dans votre ville à ne rien faire. Pour les versions mobiles ça ne pose pas vraiment de soucis comme l’application peut continuer à travailler en fond, mais sur console, quel est l’intérêt de cette mécanique ? Je me pose encore la question.
Conclusion

BALL X PIT est un titre profondément amusant qui regorge de bonne volonté et qui vous permettra sans aucun doute de passer un bon moment dans votre lit ou sur votre canapée (à choisir, je vous recommande vivement la version Switch 2 d’ailleurs). Sa plastique est excellente pour un jeu du genre et sa boucle de gameplay est fondamentalement bonne. D’autant qu’il est à un tarif très correct et qu’il a un contenu assez conséquent. Malheureusement, il s’enferme dans des mauvais choix et ne parvient jamais à atteindre son plein potentiel parce qu’il s’auto-sabote.
BALL X PIT avait tout pour être un des moteurs de cette vague de jeu indé roguelike addictifs, mais son hésitation à être celui qu’il est lui aura finalement coûté ce statut. Loin d’être un mauvais jeu encore une fois, BALL X PIT me laisse un goût amer en bouche, celui du gâchis.
Les +
- Une effusion de dopamine
- Une boucle addictive
- Un jeu très agréable à l’oeil
- Un respect total des joueurs sur la politique tarfiaire et le post-lancement
Les –
- Trop de possibilités inexploitées
- Des niveaux pas assez nombreux
- Un versant city-building inintéressant
- Des choix de game design douteux
Recommandable






Publier un commentaire