Test – Absolum : Le mariage brillant du Beat ’em up et du Roguelite
Absolum fait partie de ces pépites de jeux français qui sont malheureusement passées trop inaperçues. La faute au rouleau compresseur Clair Obscur: Expédition 33 qui aura monopolisé l’attention. Et pourtant, les Français de Sandfall ne sont pas les seuls à proposer une œuvre intéressante. Absolum est le fruit d’un travail coordonné entre trois studios de génies français. Savant mélange entre roguelite et beat ’em up, Absolum est un titre qui vaut le détour. Si vous êtes passé à côté, ce test vous permettra d’en apprendre un peu plus.
Absolum, un projet ambitieux.
Absolum, c’est un projet développé par trois studios français de grande qualité.
On commence par DotEmu, éditeur du titre mais également co-développeur. Si vous ne connaissez pas les Français de chez DotEmu, sachez qu’ils ont travaillé et édité de nombreux projets populaires, notamment des suites de jeux célèbres des années 90. On y retrouve notamment Windjammers 2, Streets of Rage 4, Wonder Boy: The Dragon’s Trap entre autres. DotEmu, c’est un peu les maîtres de la résurrection de titres rétro que personne ne s’attendait à revoir.
Guard Crush Game, eux se sont fait connaître par Streets of Fury, un titre décalé qui avait séduit par son gameplay complexe mais efficace. Mais c’est avec l’excellent Streets of Rage 4 qu’ils ont véritablement explosé et qu’ils se sont fait connaître. Guard Crush Game c’est un peu les horlogers du beat ’em all. C’est à eux que l’on doit d’avoir un gameplay aussi précis et travaillé.
Le trio est complet avec Supamonks Studio. Ces derniers ont apporté la patte graphique si particulière de Absolum. C’est à eux qu’on doit ce côté bande dessinée, mais également toute la direction artistique et le chara-design. Outre leur implication dans le jeu, Supamonks et DotEmu ont signé ensemble une collaboration pour adapter Absolum au format de série d’animation.
Bien loin d’une production classique, Absolum est le résultat du travail acharné de trois studios prometteurs qui ont chacun apporté leur savoir-faire pour créer un titre innovant et efficace.
Pour enrober le tout, nous retrouvons Gareth Coker à la musique. Cet artiste a notamment travaillé sur Ori and the Blind Forest ainsi que sa suite, Ori and the Will of the Wisps. Mais également Immortals Fenyx Rising ou encore Halo Infinite.
Les thèmes des boss ont été composés avec quelques noms plutôt connus eux aussi. On peut citer par exemple Mick Gordon et son travail sur Doom Eternal, Yuka Kitamura qui a bossé sur Elden Ring et Motoi Sakuraba compositeur régulier sur Dark Souls mais également la série des Tales of et Star Ocean (un grand homme à qui l’on doit aussi la musique de Baten Kaitos et Golden Sun). Autant dire que la bande son est de qualité et qu’elle vaut le coup.
Plongez dans le monde de Talamh.
Absolum prend place dans un univers de dark fantasy. Nous plongeons ici dans le monde de Talamh. Bien avant le début de notre aventure, Talamh a subi un cataclysme magique de grande ampleur. Le monde a été fracturé, la faute à la folie des mages, trop confiants dans leurs pouvoirs. Ces derniers ayant détruit une partie du monde, chez les habitants de Talamh la magie est devenue un sujet critique. La haine des mages, de la magie et de tout ce qui s’en rapproche est devenue solidement ancrée dans les mœurs de la population.
C’est dans ce contexte qu’apparaît alors Azra, le Roi Soleil. Ce dernier profite de l’effondrement de Talamh pour en prendre le contrôle et instaurer un régime totalitaire absolu. Il crée ainsi l’Ordre Pourpre. Azra prétend protéger le monde de la magie en traquant les derniers magiciens. Mais la réalité est tout autre. Ce dernier s’accapare en réalité les derniers fragments de magie pour assurer sa domination.
Face à Azra, la résistance se met en place. Elle s’organise autour de la grande Enchanteresse, Uchawi. Cette dernière sera notre guide principale. Introduite dès le tutoriel, l’Enchanteresse nous offrira divers bonus à chaque run afin de nous aider à avancer et lutter efficacement contre Azra. C’est également elle qui utilisera sa magie pour nous ressusciter afin de continuer à avancer.
Les 4 mages contre le monde
Absolum nous offre la possibilité d’incarner 4 personnages distincts. Chacun ayant sa propre personnalité mais aussi ses propres coups, combos et bien évidemment ses propres armes.

Galandra est une guerrière venue de la lointaine contrée de Yeldrim. Ténébreuse et taciturne, elle combat avec des griffes et une épée lourde. Spécialiste de la nécromancie, Galandra fait partie des premiers personnages jouables.
Karl, le second protagoniste par défaut, est un nain adepte de poésie. Il se bat avec Beste, un tromblon capable de tirer divers explosifs et projectiles. Le personnage idéal à courte et moyenne portée.
Deux autres personnages sont à débloquer au fil de l’aventure. Cider, un voleur qui a perdu la vie mais a été ranimé sous forme d’automate. Et Brome, un Mowlaï. Plus simplement un homme-grenouille.
Un beat ’em up riche et efficace.
Le génie d’Absolum se trouve dans son gameplay. Diablement efficace, on peut remercier Guard Crush Game pour son génie dans ce domaine. Simple à première vue, avec des commandes basiques du genre, le titre révèle sa profondeur via le système de déviation et de clash. Pour comprendre, parlons en détail des mécaniques de combat d’Absolum.
Absolum propose 4 actions de base. L’attaque légère, permettant d’effectuer un combo. L’attaque lourde, infligeant de bons dégâts mais étant plus lente. Celle-ci ne permettant pas d’effectuer de combo mais peut être utilisée en complément de ces derniers.
Les deux autres actions de base sont le saut, classique au genre, et la ruée. La touche de ruée permet deux actions. Une esquive si elle est appuyée brièvement ou un sprint si on la maintient. Venons-en maintenant à la première variante de la ruée. La déviation. Si vous effectuez une ruée au moment où l’adversaire attaque, vous pourrez annuler les dégâts de son attaque. C’est une déviation. Après une déviation, votre adversaire baisse sa garde un court instant. Vous pourrez alors effectuer une attaque légère, qui prendra le nom de punition. Voilà, vous maîtrisez donc la déviation et la punition.

Maintenant, si à la place de la ruée vous utilisez une attaque lourde au moment où l’adversaire attaque, vous effectuerez un clash. Le timing est serré mais si vous parvenez à placer un clash sur votre opposant vous prendrez un net avantage et vous pourrez alors poursuivre avec une punition.
Outre ces 4 actions de base, chaque personnage dispose d’une attaque spéciale particulièrement dévastatrice : l’Arcana. Cette dernière consomme du mana et libère une puissance colossale. Très efficace pour infliger de gros dégâts donc.

Il y a aussi d’autres possibilités de combos classiques du genre. Tels que la saisie ou encore la possibilité de projeter vos adversaires sur les murs. Les décors destructibles et les éléments à ramasser, qu’il s’agisse d’objets de soins, d’armes, d’objets d’équipements renforçant vos statistiques ou de divers bonus comme de l’argent sont aussi de la partie. On est sur un beat ’em up classique et efficace.
Mais pas seulement. Comme je vous le disais, Absolum est aussi un roguelite. Le joueur sera libre de choisir plusieurs routes alternatives dans son aventure, chacune proposant des options différentes. Choisir entre une plage ou une forêt, un château ou une cité ou encore un cimetière ou un manoir. Chaque embranchement aura sa petite particularité.
La carte de Talamh est divisée en grands continents eux-mêmes divisés en de nombreuses zones. Une fois une zone terminée, une récompense parmi plusieurs choix possibles s’offre à vous.

Parmi les récompenses possibles, on retrouve notamment des rituels. Ces derniers sont les plus importants puisque ce sont eux qui vont modifier vos capacités. Ces rituels sont liés à divers éléments, feu, eau, ronces, vent, etc. Chaque rituel donc offre une amélioration particulière. Qu’il s’agisse de renforcer votre ruée, les objets que vous lancez, de pouvoir créer des bulles d’eau ou autre, chaque élément rajoute quelque chose à votre panel de mouvements.
D’autres récompenses incluent de l’argent, des cristaux ou encore des fruits imprégnés. Ces différentes monnaies servent à améliorer les personnages dans le hub. Vous pourrez notamment agrandir votre barre de vie, débloquer différentes Arcana et j’en passe.
Si à chaque mort vos rituels et vos objets d’équipement disparaissent, vous conservez votre argent, vos cristaux et le reste. Autant dire qu’il faudra faire de nombreuses boucles afin de débloquer plus de puissance pour vos personnages.
Absolum, un jeu adapté à tous.
L’un des plus gros points forts d’Absolum est sans doute son accessibilité.
Loin des standards du genre, Absolum propose au joueur de régler la difficulté comme il l’entend. Et le tout sans malus. Là où dans beaucoup de jeux le mode « facile » bloque certaines récompenses, Absolum a choisi d’ouvrir sa difficulté à tous. Grâce à un système permettant de définir les dégâts reçus et infligés, le joueur peut adapter le jeu à son expérience. Vous voulez voir la fin sans vous prendre la tête ? Augmentez les dégâts infligés à 150% ou même 200%. Et réduisez les dégâts subis comme vous le souhaitez. Le jeu vous offre même la possibilité d’être invulnérable en plafonnant les dégâts des ennemis à… 0%. Et oui tu triches, mais t’as le droit !
D’ailleurs l’inverse est aussi possible. Vous pouvez régler les dégâts des adversaires jusqu’à 200% et réduire les vôtres au maximum. C’est à la carte. C’est vous qui voyez.
Outre ce mode de difficulté personnalisable, les développeurs ont aussi pensé à divers ajustements visuels si vous le souhaitez, tels que la réduction des flashs, le pouvoir d’afficher le contour de vos personnages, réduire la secousse d’écran et j’en passe. Absolum se veut être agréable pour tous, peu importe vos difficultés.
Conclusion

Absolum fait partie de ces jeux qui n’ont malheureusement pas eu la visibilité qu’ils méritent. La faute à un titre vampirisé par le poids lourd Clair Obscur Expédition 33. Loin de n’être qu’un jeu de niche, Absolum aura été nominé dans de nombreuses catégories. The Game Awards 2025, Pégases 2026 ou encore BAFTA Game Awards, le titre aura su faire sa place parmi les grands. Disponible sur PS5, PC, Xbox et Switch 1 et 2, Absolum est un jeu qui mérite sa place dans votre ludothèque.
Si vous faites partie des gens qui aiment les jeux nerveux, à la DA irréprochable et à la bande-son soignée, Absolum est fait pour vous. Le tout en proposant des options de personnalisation et d’inclusion permettant à n’importe qui d’apprécier le genre. Les développeurs nous prouvent une chose. Un jeu exigeant peut quand même être accessible à tous et modulable.
Les + :
- Une accessibilité exemplaire pour tous
- Une fusion des genres maîtrisée
- Techniquement irréprochable, une DA et une OST aux petits oignons.
- Un gameplay simple et terriblement efficace
- Un mode multijoueur en ligne ou en local
Les – :
- Des premières parties un peu compliquées
- Un mode multijoueur qui peut vite devenir chaotique
- Quelques écarts d’équilibrage entre les personnages
Très bon











2 comments