Test – God of War: Sons of Sparta, une tragédie grecque en 2.5D ?
Ce test a été réalisé grâce à une copie envoyée par l’éditeur.
Le State of Play qui a eu lieu il y a quelques semaines a divisé la communauté gamer, y compris au sein de cette rédaction. La conférence nous a cependant offert un « one more thing », disons-le très attrayant, à savoir God of War Laufey. Les mascus ouin-ouin se sont empressés de s’emparer du sujet avec une pléthore de montages tous autant sexistes les uns que les autres. Ces derniers évoquant comme excuse principale : ce n’est pas un God of War si on n’incarne pas Kratos…
Passons sur ce point de vue plus que discutable et revenons quelques mois en arrière. Le jeu qui nous intéresse aujourd’hui, God of War Sons of Sparta, a bénéficié d’un shadowdrop à la suite du State of Play de février juste avant que le remake de la trilogie originelle soit officiellement annoncé. Autant dire que le jeune Kratos était attendu au tournant quand on voit la qualité du matériau premier. Mais ceci nous permet de faire le lien avec ce qui nous intéresse aujourd’hui, à savoir : que vaut le metroidvania God of War: Sons of Sparta, qui, rappelons-le, est une des seules exclusivités PS5 avec Ghost of Yotei et Astro Bot ?
Un metroidvania original ?
Avant de nous pencher sur le genre de gameplay utilisé dans God of War: Sons of Sparta, il nous paraît important de reposer le contexte. Oubliez tout de suite le Kratos que vous connaissez tous. Ici, le fantôme de Sparte narre un récit à son premier enfant, Calliopé, qui, comme vous le savez probablement, connaîtra un destin bien funeste.
Deux temporalités sont donc présentes dans le jeu, Kratos adulte et une version de lui-même beaucoup plus jeune. Retour donc en Laconie, à l’époque de l’Agogé. Vous et votre frère Deimos vous mettrez en quête d’un jeune garçon ayant disparu.
Une fois Sparte quittée, vous explorerez le pays, avec une map qui se révélera gigantesque comme le veut tout bon metroidvania qui se respecte. Ici, toutes les cases sont cochées concernant les règles tacites du genre, des zones ne seront déblocables qu’après avoir récupéré les artefacts correspondants (double saut, grappin pour ne citer que ceux-là), Kratos n’étant pas encore en guerre contre les dieux de l’Olympe, ces derniers seront enclins à vous aider dans votre quête.
Cependant, même si God of War: Sons of Sparta reprend tous les codes du metroidvania, il nous paraît important de préciser que le jeu peine à se démarquer de ses concurrents comme Hollow Knight ou encore l’excellent MIO: Memories in Orbit que nous avons eu le plaisir de tester.


Pourtant le studio Mega Cat Studio a tenté d’insuffler une identité propre à Sons of Sparta. Mais la magie ne prend pas, la vibe rétro en 2.5D pourra peut-être trouver son public, mais ici nous restons sceptiques. Les mises à mort, les combats brutaux qui caractérisent si bien Kratos sont aux abonnés absents, il y a bien quelques finish moves qui viennent sanctionner les ennemis un peu trop belliqueux, mais cela s’arrête là.
Parlons d’ailleurs des ennemis, le bestiaire se révèle plutôt fourni avec quelques boss qui vous donneront du fil à retordre. Mais nous devons nuancer nos propos sur un problème qui nous a sortis plus d’une fois du jeu. L’IA semble à côté de ses sandales, attendant gentiment que nous venions l’occire, ou encore à frapper dans le vide alors que la zone de déclenchement ne semble pas atteinte.
Effectivement le jeu respecte le genre, mais nous sommes en droit de nous demander s’il s’agit d’un metroidvania avec un simple skin God of War.
Bienvenue en Grèce
Nous avons conscience que God of War: Sons of Sparta ne part pas avec les meilleurs éloges. Pour autant, difficile de ne pas masquer notre bonheur de retourner dans le pays où naquit Kratos.
Même si certains biomes seront très vite oubliables, certains tableaux vous laisseront extatique, notamment les temples grecs, les bureaux de Dédale (qui portent d’ailleurs très bien leurs noms), ou encore certaines statues représentées dans la plus pure des traditions grecques.



Concernant l’immersion, nous avons eu l’immense plaisir de retrouver Bear McCreary qui était déjà derrière ses instruments pour le reboot de God of War en 2018 et pour sa suite Ragnarök (pour la petite anecdote, ce dernier a même droit à un PNJ musicien), les symphonies épiques sont au rendez-vous avec un mélange pour le moins étrange avec des arrangements 8 bits qui pourraient en perturber plus d’un, nous y compris.
Pour rester dans le thème sonore, nous avons eu le plaisir d’entendre à nouveau le doubleur officiel TC Carson lors des phases où Kratos raconte à sa fille ses aventures spartiates.
Plus haut nous avions évoqué le bestiaire de Sons of Sparta, et ici aussi tout fan de la Grèce antique qui se respecte aura le plaisir d’affronter une pléthore de figures mythologiques comme le Minotaure, les Gorgones ou encore les Satyres.
Le passé ne passe pas
Nous avons relevé bien des qualités et des défauts concernant God of War: Sons of Sparta, mais le jeune spartiate semble pourtant ouvrir la boîte de Pandore sur un détail en particulier.
La narration du jeu est très inégale, les apparitions de Kratos et Calliopée sont pour ainsi dire anecdotiques. Elles ne nous apportent aucune notion de lore à se mettre sous la dent. C’était pourtant quelque chose que nous attendions, mis à part une fable sur la fraternité, le sens du devoir et la foi (très ironique d’ailleurs selon nous), ne vous attendez pas à grand chose d’autre.


Les émotions ne prennent pas plus que ça, à titre personnel j’ai réellement été émue sur les 10 dernières minutes qui précéderont les crédits du jeu.
En parlant de passé… Nous avons relevé que le système d’upgrade de la lance et du bouclier reprenait directement la même façon de faire que les deux derniers God of War, une sensation de déjà-vu qui fait ses preuves en termes d’accessibilité et de maniabilité mais qui dans l’identité de Sons of Sparta semble en décalage et avec cette impression de vieux réchauffé.


Pour rester dans ce souci de temporalité, nous avons pu constater un certain nombre d’anachronisme de langage chez Deimos, conjugué à cela une répétition de certains de ces mouvements de bras à la limite du comique (involontaire bien évidemment) et vous obtenez des moments qui vous sortiront complètement de votre expérience de jeu.
Conclusion

God of War: Sons of Sparta semble vouloir jouer dans la cour des grands en reprenant une licence aussi dantesque que les aventures de Kratos conjugué au style metroidvania. Bien que les différents items du genre soient bien repris, il n’en reste pas moins passable et très vite oubliable. Les passages avec le fantôme de Sparte sont anecdotiques, n’apportent rien de plus que ce que l’on sait déjà.
Ajoutez à cela une technique plus que perfectible, notamment l’IA qui restera coincée dans un coin de la map, des dialogues que vous ne pouvez absolument pas passer ou encore des combats plutôt sages malgré la réputation du bonhomme, et vous aurez tout simplement envie de retourner sur le reboot de 2018 ou sur sa suite pour botter les fesses d’une paire de Draugrs.
Le titre de Mega Cat vous offrira cependant un dépaysement garanti avec ces somptueux décors grecs ainsi que sa musique.
Les +
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La Grèce antique qu’on connaît bien
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L’OST de Bear McCreary
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TC Carson toujours au top
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Un metroidvania correct…
Les –
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Un Kratos adulte fantomatique
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L’IA plus que perfectible
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Le lore anecdotique
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…mais absolument pas novateur
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Une narration inégale
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Système d’upgrade déjà bien (trop) connu
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Anachronisme de langage plutôt lourd.
Décevant

Un retour sur ce que vous venez de lire ? Faites vous plaisir !