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Test – Légendes Pokémon : Z-A, un pas en avant pour la licence

La licence Pokémon ! Cette fameuse licence aussi rentable qu’en perdition depuis maintenant près de 10 ans. Entre une fin de génération 3DS mitigée et une génération Switch qui n’a pas été de tout repos, la licence a longtemps été vu comme étant dans un état critique. Pour pallier à cela, Game Freak a revu tout ses plans et fait table rase du passé.

Ce Légendes Pokémon : Z-A (que je vais abréger en Pokémon Z-A) fait donc suite à deux jeux qui ont secoué la communauté. Tout d’abord, Légendes Pokémon : Arceus. Chargé de créer de nouvelles bases pour la licence (en s’inspirant notamment d’un certain Breath of The Wild) et de lancer la série des spin-off Légendes, il avait avec d’excellentes idées et une ambiance réussie qui lui était propre. Malheureusement, ce jeu n’était tellement pas abouti qu’il n’aurait peut-être pas dû sortir en l’état, malgré son potentiel gigantesque.

Quelques mois plus tard, c’est la 9ème génération de Pokémon qui a (encore) provoqué moults débats sur internet (et pas pour les bonnes raisons) avec Pokémon Écarlate et Violet. Cette dernière avait le même problème que Légendes Pokémon : Arceus, mais en bien plus conséquent. C’est simple, son état sur Switch 1 encore aujourd’hui est tout simplement inacceptable au point où le jeu a fait les grands titres des journaux télévisés à sa sortie.

La confiance envers la licence a donc été définitivement entachée avec ces deux épisodes, quand bien même leur potentiel était immense.

3 ans après ce désastre critique (et non commercial puisqu’Écarlate et Violet sont les 2èmes jeux les plus vendus de la licence avec près de 27 millions d’exemplaires écoulés), Game Freak revient avec la suite de sa série Légendes Pokémon, en mettant cette fois l’accent sur la région de Kalos inspirée de la France et de sa capitale Illumis, logiquement inspirée de Paris.

Mais alors que vaut cet énième pari de la part de Game Freak ? La licence a-t-elle enfin des bases sur lesquelles avancer ? Ou les hater indéboulonnables de la licence ont-ils eu raison d’avoir menacé de mort votre cher testeur pour avoir défendu le jeu (oui vous avez bien lu) ?

Une ville d’Illumis agréable… et c’est tout.

Commençons d’emblée par ce qui a fait le plus jaser de part et d’autre d’internet, la ville d’Illumis.

Pokémon Z-A fait en effet le pari de se dérouler intégralement dans la ville d’Illumis, contrastant donc totalement avec les deux jeux précédents qui étaient pour le premier un semi-open world et pour le second un open-world en bonne et due forme. Nous étions donc en droit de nous attendre à une ville belle et pleine de vie n’est-ce pas ?

Le verre est ici à moitié rempli.

La ville d’Illumis a un charme parisien certain. Cela dit, la qualité (voire l’inexistence avec ces fameux balcons plats) des textures fait tache et ne met pas en valeur une ville qui aurait pu être bien plus agréable à parcourir.

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Mais si seulement ça s’arrêtait là.

Cette ville d’Illumis est, contrairement à Yakuza 0 par exemple pour citer un jeu se déroulant principalement dans une seule ville, assez fade. Les décors sont globalement les mêmes, on s’y perd régulièrement tant tout se ressemble et aucun décor ou presque n’est marquant ou a minima un tant soit peu mémorable.

Pour remplir Illumis (qui est mine de rien très voire trop grande), Game Freak a utilisé plusieurs subterfuges utilisant tout le contexte scénaristique du jeu (que nous verrons évidemment plus tard). Tout d’abord, Illumis est tout simplement noyé dans les missions secondaires. Et si j’utilise le terme noyé, vous vous doutez que ce n’est pas pour souligner leur qualité.

Il y en a en effet plus d’une centaine que nous pouvons départager en deux grandes catégories : celles qui servent à donner des astuces pour mieux maîtriser le système de combat du jeu, et celles qui ont pour objectif de donner de la profondeur à cette métropole en décrivant la cohabitation entre Pokémon et êtres humains.

Et malheureusement, les missions secondaires de ce Pokémon Z-A sont là pour le remplissage. En effet, la majorité des missions consiste à… faire des combats. Et c’est tout pour la grande majorité. Alors certes il y a des petits changements d’un combat à l’autre comme l’utilisation par votre adversaire d’un type particulier, mais la majorité des missions secondaire se contente de ça, et c’est triste.

L’autre moitié des missions secondaires est cependant un poil plus intéressante. Bon encore une fois ça reste somme toute assez trivial, mais il vous sera demandé par exemple d’attraper une espèce précise de Pokémon, d’utiliser une certaine capacité, ou encore de chercher un enfant kidnappé par un Pokémon de type spectre. Ces missions apportent de la profondeur au propos du jeu sur la cohabitation entre Pokémon sauvage et êtres humains au sein d’une ville, et c’est appréciable quand bien même l’exécution est médiocre et quelque peu archaïque.

En dehors de ces missions secondaires, Game Freak a fait d’Illumis un véritable terrain de jeu en nous proposant de l’explorer par les toits, les rues, et même par les égouts.

Et il convient ici de dire que cette utilisation des différents environnements est astucieuse ! La ville devient un vrai terrain de jeu qu’il est de plus en plus agréable de parcourir en maîtrisant les mécaniques (là aussi archaïques mais obligatoires) de parkour. Cette diversité de décor (toute relative encore une fois) a toutefois une utilité dans le gameplay puisqu’elle va directement influée sur la capture de Pokémon.

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Un nouveau souffle pour la série Pokémon : un jeu particulièrement amusant

Ce Pokémon Z-A s’appuie directement sur son prédécesseur Arceus pour nous proposer un gameplay qui fonctionne et qui rend le jeu addictif ! Pour en parler, il faut d’abord parler du système de capture repensé depuis Arceus, puis du nouveau système de combat qui fonctionne là aussi très bien.

Pour capturer les 232 Pokémons qui vivent à Illumis, Game Freak nous propose un système de capture repensé, directement inspiré de ses précédents travaux sur Légendes Pokémon : Arceus.

Les Pokémons sont donc trouvables à l’état sauvage un peu partout. Dans la rue perché à des arbres, sur les toits, dans les égouts, bref partout dans la ville. Pour les capturer, il vous faudra étudier leur caractère comme dans Arceus. Certains vont vous fuir, d’autres vont être agressifs tandis qu’enfin certains sont totalement indifférents à votre présence. Dans le cas où ils sont agressifs, il vous faudra naturellement les combattre comme à l’ancienne. Dans le cas contraire, vous devrez être discret et vous faufiler derrière eux.

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Ce qui est appréciable comparé à Arceus, c’est tout d’abord que l’on ne tombe pas dans une surenchère de captures qui devenait vite extrêmement redondante. Ici, nul besoin de capturer 10 à 15 fois la même espèce de Pokémon. Le système de lancer de pokéball est aussi repensée pour être beaucoup plus facile (bien qu’il y ait bizarrement une certaine distance à respecter). Il devient alors plaisant de parcourir la ville à la recherche d’un Pokémon en particulier qui a attiré votre regard. Et c’est encore une fois comparé à Arceus bien moins dans la surenchère. Autre chose qui rend la capture bien plus agréable que dans les précédents jeux, le système de combat.

Le système de combat de ce Pokémon Z-A est le deuxième grand pari de cet épisode. Fini les combats au tour par tour traditionnels, il est l’heure des combats en temps réel. L’objectif est clair : redynamiser la série en proposant des combats « comme dans l’animé » et s’inspirer par la même occasion de licences comme Xenoblade Chronicles ou encore Monster Hunter.

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Verdict ? Ça marche extrêmement bien et c’est même la grande réussite de ce Pokémon Z-A !

Évidemment, les affinités de type sont conservées et l’essence même des combats Pokémon reste présente. Cela dit, le passage au temps réel rebat complètement les cartes en matière de stratégie. Il vous sera donc nécessaire de faire attention au délai de récupération de vos attaques, à leur vitesse d’exécution ainsi qu’à votre placement.

Pokémon Z-A exige de vous que vous soyez constamment bien placé et que vous fassiez les bons choix, au bon moment. Ce qui amène certaines capacités à avoir un second souffle ! Abri et Détection deviennent par exemple des parades redoutables qui peuvent retourner l’issue d’un combat, tandis que les capacités comme Piège de Roc qui agissent sur le terrain s’en voient renforcées et vous forcent à vous déplacer.

Les combats entre dresseurs et contre les Pokémons sauvages en sont donc particulièrement dynamiques et plus engageant que jamais d’une certaine façon. Mais là où ce nouveau système de combat trouve tout son intérêt, c’est lors des combats contre les Pokémons Méga-Férox. Lors de ces combats contre des Pokémons méga évolués, le jeu de placement (y compris le vôtre puisque comme dans Arceus le dresseur est vulnérable) et de timing des coups trouve tout son intérêt. Les combats étant particulièrement violent, faire attention à toutes les attaques (dont certaines peuvent vous tuer en un coup) s’abattant sur vous est indispensable.

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Et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est particulièrement grisant de se battre contre ces Pokémons enragés !

Une aventure plaisante, mais trop longue

Pokémon Z-A se déroule 5 ans après les évènements de Pokémon X et Y. À la suite du désastre provoqué par la Team Flare, la ville d’Illumis est sujette à un projet de réaménagement massif dirigé par la société Quazar. Celle-ci a un objectif : faire d’Illumis une ville où humains et Pokémon vivent en parfaite harmonie.

Le propos est donc ici dans la continuité (même si assez différent) de celui de Légendes Pokémon : Arceus qui avait comme contexte une époque où les Pokémons étaient craints et nous demandant donc de les faire cohabiter avec les premiers villages.

A Illumis, l’enjeu n’est évidemment pas le même. Les Pokémons et les humains cohabitent, mais de façon détournée. En effet, des zones sauvages sont mises à disposition des Pokémons pour pouvoir les accueillir. Et tout le propos du jeu sera là : est-ce une bonne idée de faire cohabiter les Pokémons sauvage et les humains ? Est-ce que la société Quazar n’est pas en train de tuer à petits feu la ville d’Illumis ? Et enfin, d’où viennent les Mega-Férox qui représentent un réel danger pour la ville ?

Toutes ces questions vont trouver des réponses au fil de l’aventure. Une aventure qui, certes se tient et est bien plus intéressante que celle de la 9G, mais qui reste somme toute assez classique malgré quelques moments d’éclats.

Pokémon Z-A a une aventure plaisante et engageante. Le contexte du Royale Z-A et les réponses apportées progressivement aux mystères d’Illumis suffisent à nous motiver de poursuivre l’aventure. Néanmoins, malgré ces moments d’éclats qui nous rappelleraient l’apogée de la série, cette aventure est beaucoup trop longue. Du moins, elle est assez mal rythmée.

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Le Royale Z-A, c’est une sorte de grand Battle Royale mis en place par la société Quazar dans Illumis toutes les nuits. La récompense à la clé pour quiconque atteindra le rang A : exaucer un de vos souhaits dans la limite du raisonnable. Le jeu a donc un cycle jour-nuit.

Le jour, vous pouvez vaquer à vos occupations, et la nuit, vous battre dans le Royale Z-A pour monter au rang A en partant du rang Z.

Enfin ça, c’était la promesse de base. Dans les faits, vous pouvez choisir si vous voulez ou non vous battre. Mais malgré ce choix, le cycle jour-nuit vous impactera forcément et pas pour les bonnes raisons.

A l’arrivée de la nuit, le jeu se coupera brutalement, vous imposant deux temps de chargements successifs, pour ensuite vous permettre de revenir à l’action. Et bien que ces temps de chargements peuvent s’expliquer par les modalités d’apparitions de certains Pokémons, ils sont particulièrement désagréables et pour cause, si vous étiez en pleine capture, dites adieu à votre proie ! Ce qui peut s’avérer très frustrant quand vous combattez un Pokémon baron (qui font d’ailleurs leur retour) par exemple.

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Côté durée de vie, comptez environ 30 heures pour arriver au bout du Royale Z-A. Dis comme ça, la durée de vie paraît bonne. Cependant, le jeu utilise bien trop de longueurs avec des combats rajouté pour pas grand-chose et avec des Méga-Férox bien trop nombreux (comptez une quinzaine de Pokémons Méga-férox à battre durant votre aventure).

Cela dit malgré le rythme hasardeux, Pokémon Z-A réussit à plaire grâce à ses enjeux bien posés mais aussi et surtout grâce à ses personnages qui sont particulièrement réussis !

Que ce soient vos alliés de la Team Z, A-Z, Rudi, Cety et Inno, ou encore les différents dresseurs qui se dresseront sur votre chemin pour arriver en tête du Royale Z-A, tous ont une personnalité intéressante et un chara design réussi !

L’aventure proposée a donc le mérite de se tenir et d’être même dans le haut du panier de la licence, notamment grâce à son acte final réussi.

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Des habitudes respectées pour la licence : une ambiance sonore irréprochable (ou presque) et une technique à la ramasse

Pokémon reste (malheureusement ou pas) Pokémon sur certains aspects.

L’ambiance sonore est tout simplement remarquable ! Que ce soit les musiques qui vont vous accompagner dans les zones sauvages, dans vos balades à Illumis et surtout dans vos combats contre vos rivaux du Royale Z-A, l’équipe musicale de Game Freak s’est, comme à son habitude, régalée sur cet opus en nous proposant des morceaux d’excellente qualité. Cela dit, il y a bien un point toujours aussi inacceptable et inexcusable pour une licence comme pokémon et pour un jeu à plein tarif : l’absence totale de doublage.

On se croirait de retour à la génération DS mais oui, Pokémon n’a toujours pas de doublage. Inexcusable, lamentable, injustifiable, prenez les adjectifs que vous voulez pour qualifier ce manquement qui n’a pas lieu d’être.

Autre mauvaise habitude de la série, l’aspect technique.

Sur Nintendo Switch 2, le jeu est, loin d’être une claque graphique, agréable à l’œil. Et c’est tout il n’y a pas grand-chose à dire. Sur Nintendo Switch 1, le jeu est très similaire graphiquement à la version Switch 2. La différence notable se fait au niveau de la résolution et du framerate (qui à eux deux rendent le jeu beaucoup plus agréable il est vrai) mais rien de transcendant.

Ah si il y a bien quelque chose à dire, les fameux balcons plats.

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Oui c’est moche, mais on ne les remarque qu’en voulant les voir. Il y a en revanche un point difficilement acceptable, le clipping et le popping complètement ahurissant. Voir apparaître un PNJ à 10 mètres de soi, voir disparaître un autre PNJ un peu plus loin et toutes ces joyeusetés sont malheureusement monnaies courantes dans ce Pokémon Z-A qui fait le strict minimum pour être jouable et appréciable.

Conclusion

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Légendes Pokémon : Z-A est un jeu fondamentalement amusant, qui ose des choses et qui se paie le luxe de les réussir malgré ses faiblesses évidentes. Ces ambitions restreintes ont permis à Game Freak d’enfin fournir une expérience décente et complète, chose plus vue depuis Epée et Bouclier en 2019.

Les ajouts de gameplay introduits et expérimentés avec Légendes Pokémon : Arceus trouvent ici leur forme parfaite. Ce Pokémon Z-A réussit son pari d’être un énième jeu de transition pour la série en continuant d’aller de l’avant en trouvant une voie novatrice qui lui est propre. Ses combats et son ambiance réussis ainsi que son scénario intéressant malgré une mise en scène très souvent archaïque suffisent à nous faire penser que Pokémon Z-A est un bon jeu qui réussit l’essentiel : être amusant.

Cela dit, c’est bien beau d’aller en avant et d’être amusant, mais ça reste insuffisant. Illumis a son charme, mais reste trop vide et inintéressante en globalité, le contenu annexe peut au mieux être qualifié de remplissage, et sa technique assure le minimum pour un jeu Nintendo Switch. Sa seule franche réussite est son gameplay qui, encore une fois est très bon. Et c’est sur cet élément que la série devra se baser pour sa 10ème génération.

Les + :

  • Un renouveau très appréciable pour la série
  • Un scénario sympathique
  • Des personnages attachants
  • Musicalement excellent

Les – :

  • Graphiquement toujours en retard
  • Un rythme assez saccadé
  • Une ville au potentiel pas assez exploité
  • Des missions secondaires globalement inutiles

Recommandable

thumbs up

Et retrouvez le test du DLC « Méga-Dimension » par Eneara juste ici !

Fondateur de ce joli bébé et tombé amoureux du jeu vidéo enfant un peu à la manière d'Obélix, mon objectif avec ce média est d'approfondir ma passion du médium !

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