Test – Yakuza 0 Director’s Cut : Une bonne porte d’entrée pour la saga ?
Après l’excellent Like a Dragon Infinite Wealth sorti l’an dernier et un Like a Dragon: Pirate Yakuza in Hawaii sorti en février et qui a quant à lui divisé, RGG (Ryu ga Gotoku Studio) revient de façon inattendue avec la Director’s Cut d’un jeu qui a marqué son genre, Yakuza 0. Cette Director’s Cut de Yakuza 0 à prix fort est-elle intéressante pour les fans de la saga comme pour les nouveaux joueurs ? Pour y répondre, on va séparer ce test en deux grandes parties, la première sur Yakuza 0 et une seconde sur la Director’s Cut de Yakuza 0.
C’est quoi Yakuza 0 ?
Yakuza 0 est un jeu développé par RGG et édité par SEGA. Le jeu original est sorti le 12 mars 2015 au Japon sur PS3 et PS4, ainsi que le 24 janvier 2017 en Occident comme exclusivité PS4, avant d’enfin débarquer en 2020 sur Xbox et PC. La version qui nous intéresse ici est la Director’s Cut de Yakuza 0 sortie en exclusivité temporaire le 5 juin 2025 en tant que jeu de lancement de la Nintendo Switch 2, puis le 8 décembre 2025 sur PC, PS5 et Xbox Series.
Cette sortie s’inscrit donc dans le contexte d’une volonté depuis maintenant plusieurs années de la part de SEGA d’étendre et de populariser la série qui se vend de plus en plus, justement depuis cet épisode 0 qui a en quelque sorte sauvé la saga (quand bien même les choix douteux de leur part s’enchaînent). Le choix d’en faire une exclusivité Nintendo Switch 2 s’est quant à lui à priori fait après le portage sur Switch du remake du premier épisode baptisé « Yakuza Kiwami » réalisé à l’occasion de la série sur Prime Vidéo et qui s’est, selon les dires du studios, vendu « comme des petits pains ».

Abordons maintenant le contexte de ce Yakuza 0. Dans le Japon de 1988 où l’argent coule à flot grâce à la bulle économique, l’immobilier est un marché particulièrement alléchant pour les yakuzas de Kamurocho (réplique de Kabukichō dans le monde réel), le quartier chaud par excellence de Tokyo. Dans ce quartier se trouve une parcelle vacante, essentielle pour mener à bien le « projet de revitalisation de Kamurocho » et attisant toutes les convoitises, des 2 plus grands organisations yakuza du Japon que sont les clans Tojo et l’alliance Omi à un groupe immobilier bien particulier, Tachibana Immobilier.
Au beau milieu de tout ça nous suivons 2 yakuzas encore à l’état de diamant brut sur leur route pour devenir des légendes de la mafia japonaise plus connus sous le nom de « Dragon de Dojima » et de « Chien fou de Shimano ».

Tout d’abord Kazuma Kiryu, jeune adulte orphelin devenu yakuza à Kamurocho détenu par le clan Tojo pour suivre la trace de son père adoptif, est accusé d’un meurtre dont il est parfaitement innocent mais dans lequel il est impliqué. Mais monde des yakuzas oblige, son implication dans cette affaire aura des répercussions sur son père adoptif à qui il doit tout.
Enfin Goro Majima, responsable du plus grand Cabaret de Sotenbori, quartier chaud d’Osaka, quant à lui détenu par l’alliance Omi, fait face à un dilemme : retrouver le rang qui était le sien au sein du clan Tojo au prix d’une mission pour le moins obscure, ou faire face à la colère de l’alliance Omi toute entière.
Entre violence et amusement infini
Vous l’aurez compris, Yakuza 0 se passe entre 2 quartiers, Kamurocho dans lequel on va jouer Kiryu, et Sotenbori qui sera le terrain de jeu de Majima. Souvent décrit à l’époque (et à tort) comme un « GTA japonais » en raison de ses thématiques criminelles et du côté « bac à sable » des 2 quartiers qui sont de grandes zones ouvertes, il n’en est en réalité rien.
Yakuza 0 est en effet un RPG (oui les Yakuzas ne sont pas subitement devenu des RPG en 2019 avec Like a Dragon) beat’em all dans lequel on combat avec 3 styles distincts pour chacun de nos protagonistes (et un 4ème se débloquant vers la fin du jeu à condition d’avoir bien avancé sur le contenu secondaire) tous très différents les uns des autres avec un lourd, un rapide et un juste milieu s’adaptant à toutes les situations.
Les combats sont volontairement simplistes. Le jeu souhaite en effet que les combats soient un réel défouloir dans lequel vous tabassez vos adversaires à coup de panneaux trouvés à côté de vous ou encore d’un pauvre vélo qui avait le malheur d’être stationné au mauvais endroit, au mauvais moment. Les mécaniques de RPG sont quant à elles plutôt simples mais bel et bien existantes puisque pour progresser on va devoir « investir en nous » (littéralement ce sont les mots que le jeu lui-même utilise). Car oui, l’argent est essentiel et omniprésent dans Yakuza 0.


Comme dit en introduction, Yakuza 0 se déroule en pleine bulle économique à une époque où le Japon, et surtout les Yakuzas, ne savent plus quoi faire de leur argent. Et ce contexte très particulier est directement visible en jeu. C’est simple : on coule littéralement sous l’argent.
En combat, vous verrez en permanence à droite de votre écran le montant que vous avez sur vous, et celui-ci augmente à chaque fois que vous mettez au tapis un des nombreux truants qui se dressera contre vous au point d’atteindre des milliards de yen que vous allez ensuite pouvoir dépenser pour améliorer vos capacités sous la forme d’un arbre de compétence par style de combat ou pour vous adonnez aux multiples activités que proposent les 2 quartiers (bien qu’il vous faudra des dizaines d’heures pour tout dépenser avec de simples activités).
À terme, les deux protagonistes auront pléthore de techniques toutes plus impressionnantes et dévastatrice que les autres, surtout si vous faites le contenu secondaire faisant office d’entraînement. Malgré tout, les combats peuvent paraître répétitifs et force est de constater qu’en 2025 le gameplay global de cet épisode est daté, surtout au vu des récents travaux du studio qui mettent la barre très haute.
Tous les chemins mènent à Kamurocho
Les deux quartiers, surtout Kamurocho, sont en quelque sorte l’équivalent dans la licence de la Rome Antique en son temps puisque comme elle, tous les chemins y mènent, et ce n’est pas pour rien. Pour des raisons largement expliquées dans le jeu, Kamurocho et Sotenbori sont les épicentres des activités des Yakuzas au Japon et par conséquent, l’essentiel de la saga s’y passe, et ces deux quartiers (encore une fois surtout le premier) doivent être à la hauteur de la tâche qui leur incombe.
Et cette tâche est réussie avec brio. Les deux quartiers réussissent à être diversifié, impressionnant et vivant malgré leur taille réduite et en sont au fil des épisodes de la série devenu des icônes à l’instar de Kiryu et Majima.

Chaque rue est marquée de son époque et de son environnement. Les grandes rues sont pleines de monde et lumineuses à souhait (le vieux moteur graphique de la PS3 fait d’ailleurs des merveilles en la matière pour rendre les rues attrayantes de nuit), tandis que les petites rues remplies de bars nous font pour le moins ressentir l’insécurité ambiante. Il vous arrivera à terme de ne même plus devoir regarder la carte pour vous guider : les deux quartiers vous sembleront totalement familiers. Encore faut-il exploiter ces 2 quartiers, et ça passe par le contenu secondaire où là aussi Yakuza 0 est dans l’excellence.
Contenu secondaire : Le plaisir sans limites
L’une des raisons pour lesquelles la licence Yakuza est si populaire et qui est particulièrement visible dans le préquel qu’est cet épisode 0, c’est bel et bien son contenu secondaire. Et dans Yakuza 0, il est particulièrement gargantuesque.
Il y a donc 100 missions secondaires (60 avec Kiryu et 40 avec Majima) plus loufoques et marrantes les unes que les autres et racontant chacune une petite histoire (parfois touchantes, parfois proche de l’absurde, parfois les deux). Mais en dehors des missions secondaires, le contenu récréatif est aussi de la partie !
Entre le karaoké devenu une marque de la série, le disco, les tournois de voiturettes électroniques (vous aussi vous passerez des heures à customiser votre petite voiture pour devenir champion du Pocket Circuit vous verrez), le bowling, la gestion de votre propre cabaret et d’autres dont je vous laisse la surprise, vous en avez pour des dizaines d’heures à vous amuser dans les rues de Tokyo et d’Osaka en faisant tout sauf des activités de mafieux.
Le tout évidemment avec un humour aussi japonais que particulier qui fait le sel de la licence.
Un récit à la fois sombre et exaltant
Mais l’histoire principale n’est pas en reste non plus ! A la lecture du synopsis vous avez dû le comprendre, l’intrigue de Yakuza 0 est particulièrement sombre et va nous amener entre meurtres, trahison, lutte de pouvoirs et dilemme moraux, le tout avec une surcouche de cinéma japonais des années 80 qui est d’ailleurs la principale inspiration du jeu.
Grâce à sa narration et ses cinématiques s’inspirant pleinement du cinéma japonais, le scénario de Yakuza 0 vous tiendra en haleine pendant près d’une trentaine d’heures en ligne droite (bien qu’on vous conseille très fortement de faire du contenu secondaire sans quoi vous passeriez à côté d’une partie essentielle de ce que le jeu a à proposer), et vous fera assurément passer par toutes les émotions.
Qui plus est, elle est sans doute la meilleure porte d’entrée vers la saga puisqu’elle vous permettra de voir les origines des 2 personnages les plus appréciés de la saga, Kiryu et Majima, en plus de fournir l’origin story de Nishikiyama, frère adoptif de Kiryu et antagoniste du premier épisode se déroulant 17 ans plus tard.
Quand on parle des jeux yakuza en beat’em all, impossible de ne pas mentionner sa mise en scène pendant les (nombreux) assauts et combats de boss. Pour faire simple, le sentiment exhaltant de ses nombreux moments où vous tabassez tout ceux qui osent se mettre entre vous et votre objectif entre 2 QTE font une bonne partie du sel de la série et est particulièrement important dans cet épisode qui atteint des sommets en matière d’épique.
Entre bruit de la ville et électro entraînant
Du point de vue de l’ambiance sonore dans son ensemble, Yakuza 0 se pose comme un jeu aux allures hétéroclite. Pendant vos (nombreuses) escapades en ville, aucune musique quelle qu’elle soit ne vous accompagnera. Les seuls sons que vous entendrez seront ceux des deux quartiers qui n’en ressortent que plus vivants : les nombreuses salles d’arcades avec de la musique toujours plus forte, les discussions des passants, les démarcheurs pour des enseignes plus ou moins louches, les yakuzas essayant de faire leurs lois et d’autres encore vous berceront (si le terme est bien appropriée) au cours de vos nombreux trajets.
Contrasté à ce « calme » ambiant, vous aurez au cours de chaque combat, d’ailleurs très nombreux, droit à des musiques électros particulièrement entraînantes et avec un tempo différant selon votre style de combat. Là où ces musiques électros sont le plus utiles c’est bien évidemment pendant les assauts menés par Kiryu ou Majima puisqu’elles réussissent l’exploit de nous transcender à elle seule.
Maintenant qu’on a bien abordé le très grand jeu qu’est Yakuza 0, il est temps de nous attaquer à ce qui nous intéresse le plus, à savoir cette Director’s Cut.
Que dire de cette Director’s Cut ?
Pour un tarif de 50€, soit on le rappelle 30€ de plus que le Yakuza 0 originel (qui faisait qui plus est souvent l’objet de promotions dans les différents stores avant la sortie de cette Director’s Cut), à quoi avons-nous droit ?
Tout d’abord et c’est sans doute le plus important, on a enfin le droit à une localisation française officielle ! Car oui, le jeu original étant sorti à une période particulièrement complexe pour la saga en Occident, ce dernier n’était pas localisé en français (et il a fallu attendre 2019 et la sortie chez nous du spin-off Judgment pour que ça devienne systématiquement le cas). Et autant le dire tout de suite, cette traduction est de qualité !

Elle retranscrit à merveille l’aura du jeu en respectant son humour et en adoptant le bon ton pour chaque circonstance. Seul bémol pour certains, l’utilisation des suffixes « -san » etc qui rappellera sans doute aux fans d’animés japonais la période des fansubs. Dans les efforts de localisations fait par le studio, la présence d’une version doublée anglaise et chinoise du jeu est à souligner, bien que le jeu s’ancre tellement dans le Japon qu’il semble difficile de ne pas le faire dans sa version originale.
Du côté du jeu en lui-même, deux ajouts principaux sont à noter, en plus de la possibilité bienvenue de pouvoir sauvegarder à tout moment et pas qu’aux cabines téléphoniques. Tout d’abord, l’ajout de 25 minutes de cinématiques inédites à cette version Director’s Cut, censées apporter un épilogue à certains personnages du jeu. Autant vous dire que vu le potentiel à spoil, nous ne vous dirons rien sur le contenu de ces cinématiques.
L’autre ajout à Yakuza 0 est un mode de raid jusqu’à quatre (en solo, en local ou en ligne) baptisé « Raid Lumière Rouge » qui vous emmènera tabasser des dizaines d’ennemis dans des longs niveaux étant exactement les différents donjons du jeu découpé en 10 à 18 affrontements. Pour se faire, vous aurez droit à plus de 60 personnages des plus importants (dont des personnages très appréciés habituellement pas jouables) aux plus anecdotiques et inutiles. Et autant le dire, ce mode en ligne est là pour faire le nombre et tenter (vainement) de justifier l’achat de cette édition.

En plus d’être absolument inintéressant et lassant très vite (la carotte du scénario étant absente pour nous motiver à briser des nuques de truands en masse), il se révèle aussi être particulièrement long. En effet, chaque niveau vous prendra une bonne dizaine de minutes et doit nécessairement être fait plusieurs fois pour débloquer tous les personnages, qui doivent par ailleurs tous (sauf le premier obtenu gratuitement) être achetés et améliorés pour la plupart avec de l’argent obtenu là encore en battant vos ennemis, et le jeu est particulièrement avare.
Voyons maintenant avant de conclure comment cette Director’s Cut se débrouille d’un point de vue technique. La version Nintendo Switch 2 ayant été la première sortie, c’est sur celle-ci que nous avons réalisé le test. Néanmoins n’ayez crainte, les constats faits ici seront sûrement les mêmes pour les version PC, PS5 et Xbox Series à venir en décembre prochain.
Sur la dernière-née de Nintendo, le jeu de RGG tourne à un framerate de 60fps parfaitement stable peu importe que l’on soit en mode portable ou en mode salon et peu importe le nombre d’ennemis affichés à l’écran. De plus, cette version dispose à priori d’un upscalling en 4K en mode salon, upscale qui ne sera malheureusement pas bien visible pour une raison simple, le jeu est et reste un jeu PS3. Les textures restant celle de la PS3 voire du début de la PS4 en étant gentil, cette augmentation de la résolution ne se voit donc vraiment que lors des cinématiques, qui on doit l’avouer sont particulièrement belles.
En mode portable, le jeu affiche un 720p honorable même si ce choix peut justement laisser perplexe, le jeu étant à la base sorti sur PS3 on le rappelle. De plus, le clipping et le chargement de textures est particulièrement visible, ce qui peut rendre l’expérience quelque peu désagréable. Cette version Switch 2 de Yakuza 0 s’en sort donc moyennement d’un point de vue technique.
Conclusion

Vous l’aurez compris à la lecture de ce test, Yakuza 0 est un jeu exceptionnel, donnant à lui tout seul à la licence un statut d’icône du jeu-vidéo. Son ton si particulier, son histoire et ses personnages marquants ainsi que l’ambiance du jeu en font assurément un incontournable du jeu-vidéo japonais dans son ensemble. Toutefois, nous sommes forcés de constater que le temps a fait du mal au jeu qui, loin d’être injouable en 2025, en rebutera forcément quelques-uns aussi bien par son aspect graphique que par ses mécaniques.
Concernant sa Director’s Cut, le constat est bien moins élogieux. En effet cette dernière étant globalement très paresseuse, elle ne s’adresse qu’aux fans désirant refaire ce très grand jeu en français, et aux néophytes non anglophones. Pour les autres, cette version Director’s Cut se révèle être inutile, paresseuse et bien trop coûteuse pour ce qu’elle est. Cette Director’s Cut de Yakuza 0 reste cependant sans aucun doute à ce jour la meilleure façon de découvrir le classique du jeu-vidéo japonais qu’est le jeu de RGG.
Les +
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Un jeu toujours aussi grandiose qui garde son jus de 2015
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Une VF réussie en globalité…
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Une utilisation parfaite du Tokyo de 1988
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La meilleure introduction possible à la saga
Les –
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Techniquement très en retard en 2025
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… mais qui aurait pu éviter les clichés et les suffixes incompréhensibles pour le grand public
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Des combats et une structure qui peuvent rebuter les nouveaux joueurs
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Un prix très (trop) élevé
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Des ajouts inintéressants présents pour décorer
Incontournable mais décevant






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