Test – Fire Emblem: Fortune’s Weave, une lame qui s’émousse au fil des heures
Fire Emblem Fortune’s Weave est disponible depuis le 17 septembre 2026 sur Nintendo Switch 2. Pour ceux qui ne connaissent la série qu’à travers ces sorties les plus récentes, Fire Emblem fait pourtant partie des plus vieilles franchises de Nintendo avec une sortie originale sur la Famicom en 1990. Et même si la formule a évolué avec le temps, Fire Emblem reste une série de tactical RPG reconnue à travers le monde entier. Si vous n’êtes pas adepte du genre ou que vous ne le connaissez pas, c’est assez facile à expliquer.
C’est quoi Fire Emblem ?
Dans Fire Emblem, une bataille se divise en plusieurs tours. Votre tour en premier, et ensuite, celui de votre adversaire. Lors de votre tour, vous devrez déplacer et faire agir vos unités sur une carte quadrillée afin d’accomplir l’objectif du chapitre et passer au suivant. Chacune des unités du joueur peut se déplacer, attaquer, utiliser un objet, une magie de soin etc. Une fois toutes vos unités utilisées, c’est au tour de l’adversaire. Et ainsi de suite jusqu’à ce que l’objectif soit validé. Objectif d’ailleurs qui peut varier en fonction de la bataille.
Chaque unité possède également ses forces et ses faiblesses. Les archers feront par exemple un carnage sur les unités volantes et les magiciens. Les tanks fondront comme neige au soleil sous les assauts de vos mages. Les utilisateurs de lances feront des trous dans les rangs des cavaliers. À vous de vous organiser pour monter une équipe pouvant pallier toutes les situations. Fire Emblem n’est pas seulement une série qui a démocratisé le tactical RPG, c’est une véritable institution pour beaucoup. Et ce que les fans apprécient le plus dans cette série, c’est une particularité propre à la série.
Cette particularité, c’est sa difficulté. Dans Fire Emblem, ce n’est pas le Game Over, qui se produit lorsque votre héros ou un allié important périt sur le champ de bataille ou qu’un objectif n’est pas atteint à temps, qui est le plus frustrant. Mais la véritable difficulté réside dans la survie du reste de nos unités. Parce que dans Fire Emblem, la mort d’un personnage est définitive, et n’empêche pas la poursuite de l’histoire.

C’est là que réside l’intérêt de la série. Manœuvrer avec précision pour anticiper les possibles pertes. Mais même en essayant d’anticiper, un coup critique mal placé, une attaque ratée et c’est terminé. Parce que dans cette licence, chaque attaque est soumise à un pourcentage de précision et de chance de coup critique. C’est là que le jeu prend toute sa complexité. Une attaque à 80% qui échoue ? Un coup critique à 7% qui passe ? Et votre stratégie s’écroule comme un château de cartes. Autant le dire, le droit à l’erreur n’est originellement pas permis.
Et c’est normalement là qu’on me demande, pourquoi originellement ? Et bien avec les années la série Fire Emblem a voulu s’ouvrir au plus grand public. Et pour cela, diverses options d’accessibilité ont été mises en place. Certaines mécaniques de jeu offrent la possibilité de remonter le temps pour éviter une perte inopinée, d’autres octroient divers bonus très appréciables. Perdre une unité solide sur une chance de coup critique à 5% est toujours terriblement frustrant, surtout lors de longues batailles. En parallèle de ces différentes mécaniques de jeu, un mode débutant a été ajouté aux jeux de la série, retirant complètement la mort définitive des personnages.


Et Fire Emblem Fortune’s Weave n’échappe pas à cette règle. Les puristes ont d’ailleurs hurlé au scandale la première fois, pendant que les joueurs moins rompus à l’art de la guerre ont pu profiter d’une ouverture de la licence. Il n’est nullement question ici de juger le choix des joueurs. Personnellement je suis content de voir une de mes licences préférées s’ouvrir au monde. Surtout que chacun peut avoir sa propre difficulté. Après tout, chez MetaGame nous apprécions l’inclusivité.
Quand Fire Emblem rencontre Persona
C’est avec Fire Emblem: Three Houses, sorti en 2019, que la série a pris un véritable tournant. Fire Emblem n’était plus un simple jeu de rôle tactique, mais proposait désormais un véritable système de gestion du temps avec un calendrier et de la simulation sociale. Beaucoup ont d’ailleurs commencé à comparer la licence à une autre série culte de J-RPG, Persona.
On ne peut le nier, Fire Emblem et Persona possèdent quelques similarités, comme le calendrier et l’aspect relationnel. Depuis Three Houses, la série ne se contente plus d’être qu’un chef-d’œuvre du tactical RPG, mais a opéré un changement efficace. En même temps, après 29 ans d’existence, le renouveau ne fait pas de mal. Et ce n’est pas avec ses 3,8 millions d’exemplaires vendus, et un score de 89/100 sur Metacritic que les gens diront le contraire.
Fire Emblem fait partie des séries qui ont su se renouveler. Mais une question se pose encore. Est-ce que la série a définitivement trouvé sa formule ? Est-ce que ce Fire Emblem Fortune’s Weave est celui que les joueurs attendaient ? Celui qui va propulser la Switch 2 ? C’est ce que l’on va voir.
Quatre scénarios à terminer, ça use
Partie 1 : À l’assaut du Colisée
Fire Emblem Fortune’s Weave a fait le choix, comme dans Three Houses, de proposer plusieurs points de vue différents pour sa première partie. Après une courte introduction où la déesse de la fortune, Fortuna, vous propose de réécrire l’histoire, vous aurez à choisir entre quatre routes différentes. Que vous choisissiez Leda, Cai, Dietrich ou Théodora, vous aurez la possibilité de changer à tout moment de personnage pendant son scénario, ce qui offrira la possibilité de parcourir l’histoire comme bon vous semblera.

Vous voulez faire un scénario et enchaîner avec sa seconde partie ? Vous pouvez. Vous voulez au contraire faire quatre fois la première partie avant de passer à la suite ? Libre à vous. Sachez cependant que finir chaque première partie vous octroiera divers bonus pour les scénarios suivants.
Les premières parties de chaque personnage sont sensiblement identiques dans la structure. Vous aurez une introduction du héros dans sa zone de départ, puis pour une raison précise, vous vous retrouverez au cœur des jeux Héroïques. Qu’on se le dise, les histoires des 4 héros n’ont absolument pas toutes le même niveau d’écriture. Là où Cai cherche à sauver sa famille, d’autres veulent juste affronter des adversaires puissants ou carrément sauver leur royaume. Mais au final la structure reste globalement identique. On nous introduit notre personnage, on le fait arriver dans la capitale de Dagsion, et pour une raison quelconque on le fait participer aux jeux Héroïques. Et tout ça quatre fois.
Cette structure permet de se familiariser avec chaque spécificité de nos héros. En effet, en plus d’une histoire à part, chaque personnage apporte sa petite modification de gameplay. Déjà, lors des batailles, chaque général ardent possède sa propre capacité spéciale, appelée Capacité Ardente. Dietrich pourra se téléporter sur une courte distance et frapper, Cai pourra invoquer des flammes, Leda utilisera son instrument pour renforcer ses alliés et Théodora, elle, utilisera son bras pour infliger de terribles dégâts à distance. Mais même en dehors des batailles, chacun possède des capacités qui lui sont propres.
Cai par exemple devra s’occuper des écuries. Sa connaissance des animaux lui permettra d’appâter diverses créatures pour ses unités montées. En s’occupant des écuries, il développera son affinité avec sa monture et débloquera divers bonus selon la créature chevauchée. Théodora aura quant à elle la possibilité de recruter et déployer des escouades. En affectant une escouade à un personnage, vous gagnerez un bonus de stats mais vous pourrez également utiliser les tactiques liées à ces escouades. Certaines ont des effets très efficaces, empêchant parfois l’utilisation de la magie ou même bloquant les déplacements. Pour Dietrich et Leda, on vous réserve la surprise.
Chaque personnage possède donc ses propres spécificités. Mais pas seulement. En fonction du personnage que vous aurez choisi, vous débloquerez de nouvelles classes. Le jeu propose un choix de classe plutôt limité au départ. Heureusement, en avançant dans le scénario d’un personnage et en complétant certaines quêtes annexes, vous débloquerez de nouvelles classes. Une fois débloquées, ces classes pourront être utilisées lors de vos prochaines parties. Certaines classes sont d’ailleurs inédites à cet opus et sont très intéressantes. Et si vous trouvez que certaines classes manquent à l’appel, patience. Fire Emblem Fortune’s Weave est un jeu qui prend son temps.
En dehors des classes à débloquer, chaque scénario nous proposera de commencer avec différentes recrues. Ce sera ensuite à vous d’étoffer votre armée en vous liant d’amitié avec les différents personnages disponibles. Et autant dire que le choix des personnages est immense. On peut recruter plus d’une quarantaine de personnages. Alors oui, toutes les unités ne se valent pas et certaines sont médiocres. Mais après 150h de jeu, je peux vous assurer que beaucoup sont viables et que chaque scénario peut nous offrir l’opportunité de jouer différentes combinaisons.

Et là vous vous demandez probablement comment recruter des unités ? C’est à mon sens l’une des parties les plus longue et pas des plus intéressantes. Pour recruter des unités vous devrez leur offrir des cadeaux et passer du temps avec eux. Avec l’avancée de l’histoire, Dagsion offrira de nouveaux moyens de séduire vos futures recrues. Outre les cadeaux à offrir chaque semaine, vous pourrez les inviter au théâtre où partager un repas avec eux.
Autant vous le dire, c’est long. Mais en optimisant bien, il est possible de recruter pas mal d’unités. J’ai finis chaque scénario avec environs 20 ou 25 personnages recrutés. On est loin des 40 mais c’est amplement suffisant pour avoir une équipe correcte avec du choix.
Étant donné que chaque bataille est limitée en choix d’unités vous vous demandez peut-être pourquoi recruter autant de monde ? En dehors du fait que chaque unité est différente et que deux archers n’auront absolument pas les mêmes statistiques, chaque personnage possède une technique unique en plus de celles qui seront disponibles en fonction de sa classe et de ses talents. À vous donc de recruter un éventail d’unités et de sélectionner celles qui seront le plus adaptés à vos besoins.
Outre ces options, Dagsion, le capitale offre pas mal d’infrastructures que vous débloquerez avec le temps. Entre changement de classes, duels à l’arène pour améliorer vos talents et débloquer de nouvelles compétences, le troc avec les marchands du Consortium Vandhal, ou encore les prières pour profiter de certaines bénédictions divines. Ces dernières utilisent du sable, offert par la déesse Fortuna au début de chaque scénario.


Chaque utilisation coûte du sable et ce dernier est remboursé automatiquement au moment de débuter la quête principale. Vous pouvez donc l’utiliser comme bon vous semble avant le jour de votre mission. Vous aurez aussi accès à une auberge pour partager des repas, des termes pour gagner de nouvelle techniques temporaire et même un théâtre pour voir des pièces mais également en jouer. Le tout pour vous permettre de gagner divers bonus mais surtout renforcer le soutien entre vos unités.
Mais du coup, on parle de soutien depuis tout à l’heure, mais à quoi ça sert ? Les bonus de soutien donnent accès à des petites scènes permettant de renforcer les liens entre deux personnages. Certaines scènes sont inutiles mais apportent un peu de vie à l’équipe. D’autres vous offrent des armes. Rien de bien incroyable sur le papier, et pourtant on prend vite plaisir à améliorer les relations entre les différents personnages et à en apprendre un peu plus sur eux. Certains étant d’ailleurs biens plus développés et complexes que d’autres. Dommage que gagner de l’affinité et du soutien soit particulièrement long.
Je vous parlais du recrutement qui était une partie longue et pas forcément des plus intéressantes. Et bien les phases entre les batailles sont clairement ce qui fonctionne le moins. L’aspect préparation permet de pouvoir mieux organiser la prochaine bataille. Mais c’est rapidement trop long et ennuyeux. Alors oui il y a quelques missions annexes pour s’occuper, mais elles sont vites oubliées. L’interlude entre les missions ne sert qu’à recruter et gagner quelques niveaux à fin de se préparer à la prochaine bataille. Le calendrier quand à lui n’est que peu punitif. Là où dans un Persona la gestion du temps est primordiale, ici c’est assez… anecdotique.
Si votre objectif se trouve à Dagsion peu importe où vous vous êtes perdu sur la map, vous serez transporté à Dagsion automatiquement. Si votre objectif est ailleurs sur la carte, à partir du moment où vous avez débloqué le lieu et que vous l’avez visité. C’est pareil. Téléportation automatique. À ce compte là on se demande presque à quoi sert le calendrier si ce n’est nous forcer à accomplir des quêtes annexes avant une certaine date butoir. Globalement j’aurais apprécié un meilleur équilibrage. Gagner plus de points de soutiens aurait peut-être été plus intéressant et aurait permis de réduire le temps entre deux batailles.

En fait, le problème vient surtout du fait que l’on doit faire tout ça QUATRE fois. Alors oui, entre chaque scénario on débloque des améliorations, on peut récupérer des bonus pour améliorer le gain d’expérience et j’en passe. Mais tout ça reste terriblement long. Attention, je sais bien que j’ai du pousser les session de jeu à l’extrême pour rédiger ce test. 150h de jeu, des sessions entre 8/10h. Mais même en prenant le temps, la structure du jeu est particulièrement redondante dans cette première partie.
Au passage, on va parler de la petite nouveauté de ce Fire Emblem Fortune’s Weave dont je n’ai pas encore parlé. On peut désormais assister à des combats en tour par tour façon J-RPG classique. Lors de l’exploration de certains « donjons », on se retrouve à devoir explorer des zones sans carte, avec pour seule indication le nombre de coffres restants. Qu’on se le dise, c’est une nouveauté sympathique au départ. Mais très vite on s’ennuie. Les couloirs s’enchaînent, on y croise 5 ou 6 combats. On ouvre 3 ou 4 coffres. Et fini. C’est terriblement ennuyeux.
En fait le seul intérêt de ces zones reste la possibilité de trouver des armes rares et surtout de gagner de l’expérience rapidement sans devoir livrer des batailles tactiques. Mais au final, est-ce qu’on ne perd pas l’intérêt même de Fire Emblem ? On est en droit de se poser la question. Personnellement après avoir terminé la partie de Leda j’ai passé de façon automatique chacun de ces affrontements que je trouve tout simplement inintéressant. Et c’est d’autant plus dommage que les batailles tactiques sont vraiment réussies.
Les premières sont assez classiques dans la forme. Mais plus on avance, plus elles se complexifient. À un tel point que parfois il ne faudra pas seulement éliminer ses adversaires mais développer une véritable stratégie pour d’abord faire tomber les défenses de l’équipe adverse en ensuite seulement passer à l’action. Certaines d’ailleurs sortent complètement de l’ordinaire.

Par exemple, lors de ma partie j’ai joué en mode difficile/classique, le mode où les unités sont perdues définitivement en cas de défaite. Pourtant, des batailles m’ont proposés des objectifs inédits comme par exemple allumer plus de torches que l’équipe adverse. Lors de ces affrontements, mes unités ne pouvaient pas mourir. Ce n’était pas à proprement parler de véritables batailles mais plus des joutes amicales. Et ça change la donne. Fini la prudence, on peut se défouler et surtout adopter une stratégie plus agressive. D’autant plus que ce genre de bataille ne sont pas des plus simples.
Pour cette première partie, Fire Emblem Fortune’s Weave souffle le chaud et le froid. On a de nombreuses mécaniques intéressantes, des batailles variées. Mais le tout est gâché par des séquences intermissions beaucoup trop longues et ennuyeuses. L’écriture elle aussi est parfois problématique. Le jeu manque de visibilité et de clarté sur de nombreux points. Certains événements sont une galère à débloquer. D’autres, si vous ratez une petite scène, nécessiteront de refaire le moitié de la première partie. Ces évènements d’ailleurs se débloquent parfois à des horaires précis et dans des lieux précis.
En dehors de ça, le jeu souffre d’autres défauts. L’idée d’avoir quatre points de vue est intéressante sur le papier. Mais une fois que l’on apprend à utiliser les infrastructures de Dagsion avec un personnage, est-ce bien nécessaire de devoir réapprendre à les utiliser trois fois ? Vraiment ? Outre ce défaut énorme, on notera le recyclage de cinématiques et d’événements. Oui, nos généraux vont se croiser au Colisée. Ce qui va nous donner plusieurs fois les même séquences. Plutôt lourd quand on enchaine toutes les premières parties. On en revient à la répétitivité de ce Fire Emblem.
Partie 2 : Royaume en guerre
Une fois que vous aurez terminé les 12 chapitres d’un de vos héros, vous aurez deux possibilités. La première, refaire la même pour les 3 autres héros. Ce qui apporte un peu plus de précisions au scénario. Et encore, sachez que même comme ça, il y aura des zones d’ombres. Espérons que le DLC apporte plus de lumière sur certains événements même si effectivement, à mon sens, payer pour tout comprendre reste scandaleux. Si vous n’avez pas la motivation de refaire chaque première partie, vous pourrez attaquer le second arc de Fire Emblem Fortune’s Weave.
Je vous disais dans la première partie que les héros de Fire Emblem Fortune’s Weave n’étaient clairement pas logé à la même enseigne côté écriture. Et bien cette partie 2 ne fait que renforcer cette impression. L’arc de la guerre tourne exclusivement autour de Théodora. Son royaume étant menacé de destruction, cette dernière fait alors appel au grand gagnant des Jeux Héroïques. Là encore, vous aurez la possibilité de faire la partie 2 avec chacun de vos héros. Et honnêtement ? C’est absolument inutile.

Vraiment. La partie 2 est presque identique peu importe le personnage que vous choisirez. En fait les seuls véritable changement seront liés aux donnés de votre partie et à un recrutement possible avec seulement deux héros. Pour le reste, la seconde partie de Fire Emblem Fortune’s Weave efface complètement les préparations intermissions. Il faut bien comprendre que la première partie du titre ne sert que de phase de préparation pour cette partie.
Ici, on oublie les dialogues, les balades sur la carte du monde, les quêtes annexes et l’utilisation des infrastructures de Dagsion. Les infrastructures utilisables dans le camp seront basiques. Vous aurez accès à trois options principales. Équilibrer automatiquement le niveau de vos unités, entraîner leurs talents, ou prier pour améliorer le soutien des dieux. Vous ne pourrez utiliser qu’un seul de ces bonus par chapitre. Alors choisissez bien. En plus de tout ça, vous aurez accès à la gestion de base. À savoir, pouvoir modifier les classes de vos unités, gérer l’équipement et les bénédictions divines, et vous occuper des dialogues de soutien. Rien de plus. C’est vraiment le strict minimum entre chaque bataille.
On rentre dans le dur de Fire Emblem Fortune’s Weave. Des batailles longues, sur de grosses cartes et avec des renforts qui arrivent en permanence. On retrouve les difficultés propres à la série. Même avec l’aide des différentes bénédictions des dieux, et la possibilité de remonter le cours du temps, ces batailles seront complexes. La première partie proposait 12 chapitres, la seconde quant à elle ne compte que 6 chapitres. Encore une fois multipliez le tout par 4 si vous voulez en voir le bout.
Pour ma part, après près de 150h de jeu, j’ai terminé l’intégralité des premières parties. Les 12 chapitres, quatre fois. Mais lors de la partie 2, ma motivation s’est effondrée. Je voulais vraiment compléter l’intégralité des scénario de cette seconde partie. Mais en voyant entre Cai et Leda que rien ne changeait j’ai été déçu. Dietrich a enfoncé le clou dans le cercueil. Désolé Théodora, ça sera pour une prochaine fois.
Partie 3 : Ellipse et grand final
Après 4 ans d’enfer et de ténèbres que débute la dernière partie de Fire Emblem Fortune’s Weave. Suite à la grande bataille de la seconde partie du jeu, le monde se retrouve plongé dans le chaos. C’est la qu’entre en scène le personnage que vous aurez personnalisé au début du jeu. En effet, avant de choisir une des routes à parcourir, un bref prologue vous mettra aux commandes de Eshmel, le nom par défaut du héros de Fire Emblem Fortune’s Weave. C’est donc cette fois autour d’Eshmel que vos généraux ardents vont se battre. Enfin seulement si vous avez fait chaque partie 2. Sinon vous n’aurez qu’un héros principal et des personnages alliés préconfigurés.
Heureusement, la partie 2 étant similaire à tous les héros, il est possible de compléter automatiquement cette section et de mettre ses personnages à niveau. Oui, oui, vous avez bien lu. Fire Emblem Fortune’s Weave vous propose de sauter automatiquement tout un pan du jeu pour vous éviter de tout vous retaper. Mais attention. Les augmentations automatiques seront bien moins efficaces que celles que vous auriez eu en combattant. Personnellement je vous déconseille d’utiliser la gestion automatique que ça soit dans la partie 1 pour sauter les tours ou dans la partie 2. Vous perdrez grandement en expérience.

Cette partie 3 est probablement la plus réussie. Je ne peux malheureusement pas trop en dire sans prendre le risque de spoiler les gens qui liront ce test. Mais sachez qu’elle combine l’intégralité de ce que vos personnages peuvent faire dans la première partie. Souvenez-vous, je vous avais dis que Cai avait la capacité de gérer une écurie pour débloquer des talents avec ses montures. Cette capacité n’était réservé qu’à Cai.
C’est désormais fini. Dans la partie 3 vous pourrez donc utiliser les particularités de chacun des généraux, toujours à condition d’avoir terminé la partie 2 avec tous. Pour tout vous dire j’ai même utilisé la gestion automatique pour ne pas me refaire l’histoire de Théodora mais profiter de ses escouades.
Pour le reste de cet acte c’est assez similaire à la première partie. Retour à Dagsion, mais cette fois le rythme est mieux maîtrisé. Et surtout, de nombreuses batailles sur la carte se font en tour par tour. Alors c’est toujours aussi peu intéressant, mais cela permet d’accélérer les combats et l’exploration. Et point important, cette troisième partie est unique. Elle regroupe l’intégralité du jeu. Et elle apporte de nombreuses surprises. Le problème étant toujours le même. Est-ce que le jeu mérite que l’on pousse si loin ?

Avant de répondre à cette question dans la conclusion de ce test, parlons quand-même du jeu en lui-même. De l’aspect technique. De ce qu’il propose. Fire Emblem n’a jamais été une licence proposant des décors à couper le souffle ou autre. Le titre mise énormément dans son chara design et surtout dans ses cinématiques. Ces dernières sont d’ailleurs magnifiques. Malheureusement, le reste des environnements n’est pas à la hauteur. Les phases dans les donjons sont répétitives, vides. Les villages sont inintéressants et parfois moche. La faute à des textures en dessous de ce que l’on attend en 2026, même sur Nintendo Switch 2.
Pourtant, on sent que le jeu a quelque-chose à offrir. Un chara design de qualité, un doublage très propre qu’il s’agissse de la version anglaise ou japonaise. Et des cinématiques sublimes. Même les animations de combats sont réussies. La bande son quand à elle reste très correcte. On est clairement pas sur les morceaux de l’année, mais le tout offre une expérience agréable et colle bien à l’ambiance.
Conclusion

Fire Emblem Fortune’s Weave me laisse une expérience amère. Le jeu a énormément de choses à se reprocher. Un manque de clarté sur certains pans du scénario et même sur certains éléments de l’interface. Le calendrier qui ne sert pas à grand chose et le fait de devoir se retaper quatre fois le scénario ce qui le rend terriblement indigeste. Est-ce que je relancerais le jeu dans les prochaines années pour le refaire ? Probablement pas, ou pas avant très longtemps.
Mais vous savez quoi ? J’ai adoré ces 150h passés en la compagnie de nos héros. Les batailles sont ardues, le mise en scène est excellente. J’ai adoré que le jeu me surprenne toujours plus. On commence à râler parce qu’il manque ceci où celà ? Le jeu finit par nous l’offrir avec le temps. Beaucoup de temps. Alors oui, c’est complet. Très complet. Mais peut-être trop pour son propre bien ? Est-ce que vraiment ça vaut le coup de se farcir 4 fois la même chose pour quelques bonus ?
Et bien oui. Absolument. J’ai adoré mon expérience presque autant que j’ai détesté me retaper le Colisée après ma troisième partie, et que j’ai détesté me faire la partie 2 en boucle avec les mêmes combats. Soyez seulement prévenu. Ce Fire Emblem Fortune’s Weave n’est pas pour tout le monde. Il faut clairement être un amoureux de la série. Ou alors un peu masochiste ? En tout cas non, je ne regrette rien. Si ce n’est de devoir me payer le DLC pour peut-être avoir les réponses à mes questions.
Les +
- Un chara design solide
- Des batailles complexes et variées
- Un nombre d’unités énorme
- De très nombreuses classes
- Un contenu titanesque
- Une partie 3 très réussie
Les –
- Quatres scénarios avec des passages identiques
- Une écriture très inégale en fonction des héros
- Quatre fois la même partie 2
- Un temps d’attente entre les batailles interminables
- Des manquements scénaristiques importants
- Un manque de clarté sur les évènements
Très bon sur la partie T-RPG mais décevant sur les passages entre les batailles












































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