Kena: Bridge of Spirits

Test – Kena: Bridge of Spirits, derrière la poésie se trouve le deuil

Lors du State of Play de février, PlayStation nous faisait la surprise d’annoncer une suite à Kena: Bridge of Spirits intitulée « Kena: Scars of Kosmora » . Cette annonce d’une suite ainsi que la sortie de Bridge of Spirits sur Switch 2 étaient pour nous l’occasion rêvée de vous faire découvrir ou redécouvrir les aventures de la jeune guide spirituelle.

Il est important de souligner une chose. Ember Lab, l’équipe de développement derrière Kena, possède de l’expérience dans l’animation. Ce nom ne vous est peut-être pas inconnu puisqu’ils ont développé le court-métrage Majora’s Mask – Terrible Fate qui a d’ailleurs été bien accueilli par les fans de la première heure de Zelda.

Cependant, nous savons à quel point il peut être difficile de raconter des histoires, mais développer un jeu vidéo est une autre affaire. Pari réussi pour Ember Lab ? Suivez les fantômes pour découvrir la réponse.

Une histoire de fantômes

Vous incarnez ici Kena, une guide spirituelle qui permet aux âmes bloquées dans notre monde de passer vers l’au-delà. Si celles-ci errent encore, ce n’est jamais sans raison, le chagrin, la colère ou encore le désespoir. Vous aurez donc pour tâche de leur permettre de reposer en paix. C’est d’ailleurs ce qui nous frappe le plus, la dichotomie entre la douceur des graphismes associée à la lourdeur des thèmes abordés : le deuil, la mort.

L’animation est un réel plaisir à regarder, je me suis vue plusieurs fois poser la manette pour apprécier la poésie et la beauté de certains moments. Il est important par ailleurs de prendre le temps d’interagir avec les petits compagnons qui vous guideront eux aussi dans votre aventure, les Rots (mais nous y reviendrons plus tard). Kena est une ode à la contemplation et à la poésie. Dans vos pérégrinations, vous aurez besoin de purifier certaines zones corrompues pour permettre à la nature de reprendre le cours de sa vie.

Cette corruption est un rappel des différents esprits qui hantent encore les lieux et qui vous barreront la route, bien décidés à ne pas quitter ce monde pour les multiples raisons que nous avons évoquées plus haut. Malheureusement pour vous, il ne sera pas possible d’entamer des négociations pacifiques et d’indiquer poliment la sortie à ces fantômes, vous devrez donc prendre les armes pour les terrasser, leur faire entendre raison pour ensuite libérer leurs esprits. Ici, nulle violence n’est gratuite, le processus d’acceptation et de deuil étant potentiellement violent, le parallèle était donc tout trouvé.

  • Rot CloseUp
  • HunterForest
  • Kena: Bridge of Spirits

Kena est un bonbon pour les yeux, il est difficile de nier la technique du titre. Les Rots sont tous aussi mignons les uns que les autres, vous pourrez aussi les personnaliser en leur achetant des petits chapeaux allant du masque de renard aux différents masques des antagonistes.

Beaucoup de titres traitent du thème du deuil mais Kena réussit quelque chose que peu de jeux ont réussi, il ne tombe pas dans le pathos. Le jeu se veut souvent sombre par moment, mais la vie finit toujours par trouver son chemin. Les fantômes ne sont pas les seuls victimes du processus, les vivants en font partie intégrante. Sa narration est un des points forts de Kena, il raconte une aventure qui pourrait s’adapter à beaucoup d’entre nous.

Nous savons qu’une bonne histoire est souvent associée à un autre médium, la musique. Ici encore c’est un excellent point que marque Ember Lab. Ils ont coopéré avec Gamelan Cudamani, un groupe originaire de Bali. Les mélodies sont très facilement identifiables et peu communes, puisque les développeurs se sont inspirés directement du gamelan, qui est un ensemble de percussions indonésiennes, avec des sonorités cristallines. Mais pourquoi ce type de musique ? Rappelez-vous que le groupe de musique vient de Bali, et la religion majoritaire est l’hindouisme. Nous savons que la spiritualité, le respect de la nature y sont des valeurs centrales.

Corps et âmes

Jusqu’ici Ember Lab fait un sans-faute, attardons-nous un peu plus sur le gameplay de Kena: Bridge of Spirits. Le titre ne révolutionne en rien le genre action-aventure. Pour lutter contre la corruption, vous aurez à votre disposition un léger armement, votre bâton de guide, un arc, un équipement somme toute plutôt banal nous en conviendrons.

Mais nous souhaitons revenir sur un élément central du jeu, les Rots (qui par ailleurs signifie pourriture en anglais, coïncidence ? Je ne crois pas). Votre but premier était donc de collecter ces petites créatures mignonnes qui vous accompagnent dans votre périple, mais plutôt que de les collectionner comme de simples Pokémons, vous comprendrez qu’ils ont un rôle central.

Lors de vos combats, vous gagnerez du karma, une monnaie à dépenser dans un arbre de compétences. Vous débloquerez les aptitudes classiques des attaques sautées, une puissance de tir plus conséquente, mais vous pourrez également améliorer votre ribambelle de petits compagnons. De simples guides, ils deviendront une arme à part entière. Tantôt destructeur lorsqu’ils se regrouperont pour former un énorme marteau, tantôt salvateur pour vous permettre de vous soigner des dégâts que vous subirez.

Mais avant de pouvoir profiter de leur puissance, n’oubliez pas que les Rots sont des petits êtres chétifs. Ils seront effrayés par vos ennemis. Vous devrez donc infliger quelques dégâts pour remplir une jauge et déclencher leur pouvoir et les attaques correspondantes.

  • Kena Meditate 1
  • WoodKnight Parry
  • RockGolem

Kena peut aussi vous surprendre, non pas par sa narration excellente ou son gameplay, mais par sa difficulté. Inutile de foncer tête baissée dans la mêlée, certains boss ont un pattern bien particulier que vous aurez besoin de mémoriser pour réussir à en venir à bout. Pour les plus enhardis, un mode NG+ a d’ailleurs été ajouté par Ember Lab, avec une difficulté accrue et d’autres défis à relever avec à la clé de nouvelles tenues et chapeaux pour nos petites boules mignonnes.

Ne croyez surtout pas que Kena: Bridge of Spirits ne consiste qu’à taper sur tout ce qui bouge, comme nous le disions la poésie et la réflexion sont les maîtres mots du titre. Vous aurez besoin de résoudre certaines énigmes pour pouvoir avancer dans la pacification de la région, cependant rien d’insurmontable à notre sens.

Même si le tableau semble parfait, il y a malgré tout une mécanique qui se veut légèrement redondante. Quand vous devrez traquer les âmes corrompues bien décidées à ne pas partir, vous devrez avant tout collecter des items bien spécifiques à chaque personnage. Bien que les artefacts soient propres à chaque antagoniste, la boucle de gameplay reste la même. Trouvez les trois objets, pour ensuite pouvoir invoquer l’esprit malveillant.

Conclusion

kena

Visuellement, le studio Ember Lab nous livre ici un véritable film d’animation à la technique impeccable, leur amour se ressent et il est difficile de critiquer quoi que ce soit à ce sujet. Kena: Bridge of Spirits est un petit bijou vidéoludique. Mais Kena ne se limite pas qu’à la performance visuelle loin de là, l’œuvre nous permet d’aborder avec poésie et finesse le thème de la mort et du deuil.

Les développeurs ne réinventent en rien le genre. On retrouve ici les codes de l’action-aventure, avec une petite répétition sur les phases de boss, les points stratégiques à toucher pour affaiblir l’ennemi par exemple. Malgré ces petits défauts, Kena est une aventure qui vous touchera, peut-être même qu’elle fera écho à votre histoire personnelle ?

Après cette aventure, il est évident que nous attendons la suite de Kena de pied ferme, Ember Lab saura-t-il gommer ces quelques imperfections ? Nous vous donnerons rendez-vous sur le site lorsque notre test sera disponible courant 2026.

Les +

  • Une narration soignée et touchante
  • Visuellement, un sans-faute
  • La présence des Rots, loin de l’anecdote

Les –

  • Combats légèrement répétitifs
  • Un arsenal un peu limité

Incontournable

crown 1

Passionnée depuis petite par le JV, si je ne suis pas en train d'écrire ici je suis probablement perdue en Bordeciel ou avec mes Chooms à Night City !

1 commentaire

comments user
LaRusée

Super article, clair, concis et agréable à lire ! Le jeu est déjà dans la wishlist et j’ai hâte de le découvrir à mon tour ✨