Kingdom Come Deliverance 2 Key Art

Test – Kingdom Come Deliverance 2 : une expérience médiévale unique

Kingdom Come Deliverance 2, que nous abrègerons en KCD 2, n’a rien à envier aux grands. Suite du premier titre du même nom sorti 5 ans plus tôt, KCD 2 nous replonge dans les aventures de Henry de Skalitz et de Hans Capon.

KCD 2 aura fait une sortie très remarquée malgré la relative discrétion du premier jeu auprès du grand public. Beaucoup se demandaient d’ailleurs s’il était possible de découvrir l’aventure sans avoir fait le premier opus. Et je vous le dis tout de suite, c’est un grand oui. Même si le premier titre de la série mérite d’être fait et apportera de nombreuses précisions sur les relations entre les personnages, sachez que le jeu offre un excellent récapitulatif global de l’histoire dès ses premières heures, ce qui n’est pas donné à tout le monde.

À travers le royaume de Bohême

Kingdom Come Deliverance 2 nous plonge donc au cœur du royaume de Bohême. Henry de Skalitz et le jeune seigneur Hans Capon font route vers la région de Trosky. Mandatés par le seigneur Radzig Kobyla et le margrave Jobst, leur mission consiste à remettre une lettre au noble Otto von Bergow pour le convaincre de rallier la cause du roi légitime Venceslas IV contre l’usurpateur Sigismond de Hongrie.

Mais en chemin, la caravane se fait prendre en embuscade par une bande de brigands lourdement armés. L’escorte est massacrée, et Henry et Hans, qui étaient en train de se baigner un peu plus loin, échappent par miracle au massacre mais perdent absolument tout : la fameuse lettre diplomatique, leurs équipements de valeur et leurs chevaux.

C’est donc nus et sans le sou que nos deux protagonistes vont devoir commencer cette nouvelle aventure, forcés de rebâtir leur réputation à partir de zéro dans une région qui ne les connaît pas.

Warhorse, les maîtres du monde médiéval réaliste

Warhorse, petit studio basé à Prague, ne paie pas de mine à première vue. Et pourtant, on pourrait les qualifier d’experts incontestés en ce qui concerne la modélisation de leur univers.

Le monde ouvert impressionne immédiatement par sa crédibilité. Loin des univers de fantasy auxquels le genre nous a habitués, Warhorse livre une campagne vivante, sauvage et magnifiquement documentée. Chaque village, chaque forêt, chaque tenue d’époque et chaque château respire l’authenticité du XVᵉ siècle. Le travail sur la fidélité historique est d’une précision impressionnante : l’architecture respecte les plans d’époque, la hiérarchie sociale dicte le comportement des PNJ à votre égard, et la propreté de vos vêtements influence directement vos options de dialogue.

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Notons d’ailleurs que la chaîne YouTube du Musée de l’Armée a proposé une analyse passionnante du jeu par un historien. Je recommande fortement ce mini-documentaire, qui montre à quel point le titre pousse le souci du détail historique à un niveau rarement atteint dans le jeu vidéo (de la forge des armures à la manière de manier une épée longue). J’encourage d’ailleurs tous les passionnés d’histoire à lire le codex fourni par le jeu. Ce dernier est une véritable encyclopédie vivante et vous apprendra une foule de choses sur le royaume de Bohême, la condition des paysans, le rôle de l’Église et la conduite de la guerre au Moyen Âge, et d’autres.

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La bande-son, enregistrée à Prague avec orchestre symphonique et chœurs traditionnels, vient sublimer cette immersion avec des envolées médiévales et des chants grégoriens saisissants lors des moments solennels. Les bruitages eux aussi sont d’une grande qualité : le tintement des cloches au loin, le chant des oiseaux en forêt et le brouhaha réaliste des tavernes et des marchés de Kuttenberg… Tout y est. C’est un véritable plaisir auditif.

Le doublage français, quant à lui, s’avère bien plus problématique. On relève des voix robotiques douteuses faisant penser à de l’IA, des intonations plates et des répliques parfois complètement à côté de la plaque ou des changements de voix intempestifs d’une scène à l’autre. Le titre a souffert d’une VF catastrophe à son lancement, qui aura été partiellement rafistolée au fil du temps via diverses mises à jour. Malheureusement, le résultat reste globalement bien en dessous du travail d’acting du premier épisode.

L’art de la guerre et de la survie : un gameplay sublimé

En ce qui concerne le gameplay, Warhorse a su écouter sa communauté : Kingdom Come Deliverance 2 corrige la majorité des défauts importants du premier titre. Première amélioration majeure : le titre propose enfin un véritable tutoriel scénarisé pour l’alchimie. Et c’est une excellente chose, étant donné que c’est probablement la compétence la plus importante du jeu puisqu’elle permet de concocter les précieux Schnaps du sauveur. Cette potion est l’un des seuls moyens de sauvegarder sa partie lorsqu’on le désire, sans passer par l’option « sauvegarder et quitter » qui force à relancer le jeu.

C’était un élément particulièrement clivant dans le premier opus, mais Warhorse a tenu à conserver ce système. Au moins, cette fois-ci, le jeu prend le temps de nous expliquer clairement comment manipuler l’alambic, souffler sur le foyer et doser les ingrédients pour ne plus rater nos préparations.

Deuxième amélioration de taille : le système de combat. Ce dernier est nettement plus accessible et agréable à prendre en main que dans le premier épisode. La roue d’attaque a été simplifiée (passant de 5 à 4 directions), rendant les duels plus dynamiques, plus réactifs et surtout bien plus lisibles. Attention, l’escrime médiévale demande toujours un vrai temps d’apprentissage. Il faut apprendre à feinter, gérer son endurance et trouver le bon timing pour la parade parfaite, mais les affrontements sont beaucoup moins rigides qu’auparavant.

Surtout, l’arsenal s’étoffe considérablement avec l’arrivée des arbalètes et des premières armes à feu d’époque (les haquebutes). Là où le tir à l’arc était un enfer sans viseur dans KCD 1, l’arbalète offre une alternative à distance puissante et bien plus simple à stabiliser. Les haquebutes, quant à elles, apportent une vraie nouveauté historique : extrêmement lentes à recharger et imprécises à longue distance, elles déclenchent un coup de tonnerre dévastateur capable de traverser les armures de plaques les plus lourdes à courte portée, semant souvent la panique chez les ennemis.

À cela s’ajoutent de nombreuses autres améliorations ergonomiques : le mini-jeu de crochetage a été entièrement repensé pour être fluide à la manette, Henry ne démarre plus l’aventure en étant un incapable (il sait déjà se battre et possède des bases en lecture), et de nombreux tutoriels sont intelligemment intégrés pour accompagner la progression du joueur sans casser le rythme.

Des améliorations qui se ressentent malgré quelques défauts

Toute la partie immersive a elle aussi été améliorée. Comme dans le premier Kingdom Come, Henry devra prendre soin de lui. Une jauge de faim accompagnera notre personnage et lui permettra de se maintenir en forme. Mangez trop, et la digestion sera difficile. Henry sera donc plus lent pour régénérer son endurance. Au contraire, si la famine vous guette, Henry verra sa jauge d’endurance se réduire grandement. La faim influe aussi sur la discrétion. Et oui, votre estomac gargouille comme un ogre en rut.

Outre la gestion de la faim, la partie hygiène n’est pas à négliger non plus. À force de courir dans la boue et de dépecer à tout va, Henry se couvre de boue et de sang. Si la boue diminue votre charisme et vous rend indésirable, le sang lui renforcera la méfiance des gardes et entraînera plus souvent des fouilles au corps. Cependant tout n’est pas si négatif. Être un chevalier couvert de sang et de boue aura pour effet d’augmenter les chances d’intimidation lors de certains dialogues. En même temps une armure pleine de tripes, ça donne le ton.

Outre ces besoins physiologiques, KCD 2 poursuit le travail effectué dans le premier opus. Les personnages se voient dotés d’une véritable routine de vie. Chacun a son propre planning, sa propre routine. L’arrivée de Kuttenberg offre aussi pour la première fois une ville immense avec de nombreuses activités. Si un crime est détecté, c’est toute l’atmosphère de la ville qui se retrouve chamboulée. Notez d’ailleurs que le système de réputation est toujours là. Et que certains villages garderont en mémoire vos crimes et mauvaises actions. Ces dernières auront d’ailleurs de nombreuses conséquences. Marchandage impossible, dénonciation aux gardes et j’en passe.

Globalement KCD 2 bénéficie de nombreuses améliorations. Des tutoriels plus clairs mais aussi de nombreux ajouts de qualité de vie. Les différentes phases de jeu, qu’il s’agisse des combats ou des phases en infiltration, sont nettement plus agréables. Notamment grâce à la possibilité de passer d’un simple passage dans le menu entre trois équipements choisis par le joueur. On peut ainsi se faire une tenue de combat, une tenue de bourgeois avec des bijoux pour monter son charisme, mais aussi une tenue plus légère pour l’infiltration. Fini de devoir refaire entièrement son équipement à chaque fois. Le temps gagné dans les menus devient énorme.

Passons directement à l’un des plus gros points négatifs de mon aventure sur Kingdom Come Deliverance 2 : la présence de quelques bugs qui m’auront forcé à redémarrer le jeu. Je pense notamment à celui qui m’est arrivé plus d’une fois lorsque j’ai eu l’occasion de faire des parties de dés. En m’installant à table au même moment qu’un personnage non joueur, je me suis retrouvé bloqué, incapable de faire quoi que ce soit. D’autres bugs étaient tout aussi problématiques pour l’aventure, comme des ennemis qui nous repèrent à travers les murs, et j’en passe. Heureusement ces derniers ne sont pas nombreux, même s’ils restent tout de même problématiques.

Trois DLC pour prolonger l’aventure

Kingdom Come Deliverance 2 nous propose également 3 DLC chacun abordant ses propres thèmes. Ces derniers seront d’ailleurs inclus dans l’édition Switch 2 du jeu qui arrivera en 2027. Chacun de ces DLC aborde des thèmes spécifiques, permet de prolonger l’immersion dans le royaume de Bohème.

Nature Morte est le premier de ces 3 DLC. Henry fera la rencontre de Voyta, un étrange peintre. Ce dernier cherche à trouver l’inspiration pour l’œuvre de sa vie. Ce premier DLC n’est pas celui qui a été le plus intéressant à mon sens. Bien que la quête reste plutôt sympathique et ait le mérite de s’étendre sur les deux régions du jeu. En effet, nous rencontrons Voyta à Trotsky et sa quête se poursuit plus tard à Kuttenberg.

Cette quête, basée sur la peinture, aura pour but de permettre à Henry de peindre son propre bouclier. Après chaque petit objectif, Henry débloquera de nouveaux motifs et symboles afin de créer son propre blason et de pouvoir l’appliquer sur son bouclier. Une quête plutôt sympathique au final, même si ce n’est pas ma préférée. Voyta reste cependant un personnage attachant et haut en couleur. Ce serait dommage de passer à côté.

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L’Héritage de la Forge est le second DLC de Kingdom Come Deliverance 2. Sans conteste mon DLC préféré de l’aventure. Ce dernier se passe exclusivement à Kuttenberg et nous propose ni plus ni moins d’intégrer la guilde des forgerons et surtout de gérer sa propre forge ! Ce DLC nous permet d’en apprendre plus sur Martin, le père adoptif de Henry, qui était l’un des plus grands forgerons. Mais pas seulement.

Avant de pouvoir forger quoi que ce soit, il nous faut bien évidemment une forge. C’est à Kuttenberg que nous nous installerons. Ce DLC nous propose de reconstruire une forge en ruine. Et pour cela, il va falloir enchaîner les commandes ! Du fer à cheval à l’épée de cérémonie, en passant par la hache de bûcheron, tout sera bon pour accumuler des groschen et des points de prestige. Prestige qui nous permettra d’avoir des commandes de plus en plus intéressantes.

Mais outre la gestion de la forge, Henry devra aussi renouer avec le passé de son père adoptif et poursuivre son œuvre. Vraiment ce DLC est pour moi le plus complet. J’ai adoré pouvoir reconstruire la forge et personnaliser certains éléments. C’était aussi agréable de voir Henry posséder son propre logement et pouvoir le décorer comme il nous plaît. C’est probablement à la forge que j’ai passé la plupart de mon temps.

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Troisième et dernier DLC majeur, Mysteria Ecclesiae nous plonge dans l’univers de la médecine et des moines. Henry fera équipe avec Albich d’Uniczow, un célèbre médecin. C’est dans le monastère de Sedlec que prend place cet ultime DLC. Cette quête nous enfermera complètement dans le monastère. Ici pas de combat, de forge ou autre. Nous devrons enquêter et trouver un remède au mal qui ronge ce lieu de culte.

Ce DLC plutôt calme n’en reste pas moins impressionnant. Même si j’ai moins apprécié cette histoire que celle de la forge, j’ai été obligé de reconnaître une fois de plus le talent de Warhorse. Le monastère reste sublime et Warhorse confirme encore une fois qu’ils ont l’œil et le sens du détail historique. Qu’il s’agisse de la lumière à travers le monastère, de la vie des moines ou bien des chats grégoriens dans la cathédrale, tout y est. Au final ce DLC propose une aventure singulière qui tranche avec le reste du jeu.

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Art et peinture, forge, médecine. Les DLC de KCD 2 nous permettent d’en apprendre un peu plus sur l’époque et nous offrent des thèmes variées. L’occasion de poursuivre une aventure qui s’avère déjà bien complète. Et si vous n’avez pas encore craqué pour le jeu et que vous possédez une Switch 2, la version complète de KCD 2 et ses DLC arrivent en 2027. L’occasion parfaite de s’y mettre !

Un titre parfois jugé trop woke ?

Le premier Kingdom Come Deliverance avait souffert d’une polémique dénonçant le manque d’inclusion. Daniel Vávra, cofondateur du studio, s’était défendu à l’époque en utilisant comme prétexte le fait de défendre la vérité historique et souligner l’absence de preuves de la présence de minorités ethniques dans cette région rurale précise à cette époque. Petit rappel que Daniel Vávra est connu pour avoir une personnalité très réactionnaire sur les réseaux sociaux.

Dans KCD 2, c’est l’inverse. Le jeu est jugé terriblement woke. Les défenseurs du premier opus ont été scandalisés de voir apparaître un personnage important musulman d’origine ottomane/moyen-orientale. Ajoutez à cela une option de romance homosexuelle. Il n’en fallait pas plus pour que le jeu soit qualifié d’œuvre woke. Le studio a défendu sa position en expliquant que la ville de Kuttenberg, une des plus importantes de KCD 2, était un véritable carrefour commercial international. (On me souffle à l’oreille que les réacs et les fachos sont encore en train de pleurer en pensant à Musa du Mali).

D’ailleurs, si l’inclusion dans l’univers du jeu vidéo vous intéresse, n’hésitez pas vous aussi à voir plus loin et jetez un œil à notre dossier sur l’inclusion dans le jeu vidéo.

Conclusion

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Kingdom Come Deliverance 2 est un jeu prenant si on lui accorde sa chance. Plus maniable que le premier, bien mieux expliqué, il reste quand même lourd à prendre en main et ne sera pas adapté à tous. Warhorse a clairement amélioré la recette et je suis prêt à parier que le prochain volet des aventures de Henry sera encore plus intéressant.

Si l’on accepte de pousser un peu, on découvrira un jeu terriblement riche, à l’univers incroyablement fidèle. Et on aura largement de quoi faire entre les concours d’escrime, l’archerie, les balades à cheval en forêt, le vol, la forge et j’en passe. Sans parler des aventures de Henry et Hans. Autant dire que le jeu occupe pendant de très nombreuses heures. Mention spéciale au DLC L’Héritage de la Forge qui est un de mes coups de cœur du titre.

Les + :

  • Enfin de vrais tutoriels
  • Un univers d’une fidélité incroyable
  • Des défauts largement corrigés
  • Le jeu fourmille d’activités
  • De nouvelles armes
  • Des combats plus agréables

Les – :

  • Les sauvegardes avec le Schnaps du Sauveur
  • Quelques bugs qui gâchent l’expérience
  • Une VF d’une déception colossale
  • Les combats restent toujours complexes, surtout face à plusieurs adversaires

Très bon

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Eneara, 33 ans, enchaîne les heures de jeux comme Goku enchaîne ses assiettes. Fan inconditionnel de Nintendo et Xbox (chacun ses défauts après tout !). Amateur de RPG/J-RPG et de jeux indé. J'ai dis que j'aimais les RPG ?