Test – Valor Mortis : Ennui mortel
Ce test a été réalisé avec une copie envoyée par l’éditeur sur PC.
Dès l’annonce du projet, Valor Mortis avait tout pour être une immense réussite : un Souls-like à la première personne prenant place dans une Europe ravagée par un fléau mais aussi par les troupes de Napoléon, le tout agrémenté de mécaniques de parkour qui ont fait la renommée de One More Level, le studio derrière la duologie Ghostrunner.
Pourtant, force est de constater qu’après 17 heures passées sur le jeu, jusqu’à en voir le bout, il n’en ressort qu’un immense sentiment d’échec, doublé d’une profonde déception.
Voyons ensemble comment le jeu s’effondre sur lui-même, malgré les nombreuses références dont il s’inspire et dont il tente d’être le digne héritier.
Une lueur d’espoir dans ce cauchemar.
Tout commence sur un champ de bataille dévasté, alors que tout semble perdu pour notre héros.
C’est alors que Napoléon semble lui accorder un second souffle en lui intimant l’ordre de se relever.
Fraîchement ressuscité, William, un soldat anglais, se retrouve doté de pouvoirs surnaturels liés à la Nephtoglobine, une substance occulte qui a ravagé l’Europe et transforme les êtres vivants en diverses abominations.
Il sera de notre devoir de traverser des paysages désolés afin de découvrir la vérité derrière la résurrection de William, mais également de comprendre comment ce fléau a pu s’abattre sur le continent et s’il existe un moyen de l’éradiquer.
Le postulat de base semble alléchant et effectivement il l’est, le problème vient simplement de son lore beaucoup trop verbeux qui ralentit trop souvent le rythme du jeu, qui se veut nerveux de par son aspect parkour.

L’histoire est plaisante et on a envie d’en connaître le fin mot. Mais hélas, notre héros a le malheur d’entendre dans sa tête les voix de Napoléon ainsi que celle de La Grièche, une femme redoutable qui dirige une rébellion contre le petit Empereur.
Ainsi on assiste trop souvent à des conflits entre les deux figures et tout cela pendant que l’on doit empaler des morts vivants au bout de notre lame, ce qui est absolument infernal et peu plaisant à suivre.
En résulte une expérience narrative avec beaucoup de qualités mais dont l’exécution peine à convaincre.
Je me souls avec l’ennui.
Entrons dans le vif du sujet, je trouve que Valor Mortis peine à réussir tout ce qu’il entreprend.
Pour commencer, je ne sauverais que l’arsenal d’armes.
3 pouvoirs élémentaires, 3 armes à feu et 3 épées
Le fait de se limiter à 9 armes limite la casse et au moins ils sont bien intégrés…
Concernant la vue FPS, elle est mal exploitée, catastrophique et ne devrait plus jamais être assimilée à un souls-like.
Car dans ce genre en particulier, l’analyse des environnements est cruciale afin de repérer la position des ennemis, des pièges et ainsi pouvoir se repérer dans l’espace, et c’est donc pour ça que la caméra à la troisième personne est nécessaire aux souls.
Pourtant ici, impossible de se mouvoir sans problèmes avec une vue à la première personne, entraînant donc des pièges qui se déclenchent sans qu’on puisse anticiper, des ennemis qui surgissent dans notre dos pendant qu’on croise le fer avec un ennemi face à nous, occasionnant des dégâts voire la mort pure et dure, ce qui peut être extrêmement frustrant.
Qu’on se comprenne, la mort est une mécanique des souls, mais elle n’est jamais SI frustrante car on sait ce qui nous tue et comment l’éviter.
Mais pas dans Valor Mortis, car notre champ de vision se limite à ce qui nous fait face.

Toujours au rang des déceptions, le jeu comporte 11 zones magnifiques, on y sent la créativité des développeurs mais malheureusement… On y sent aussi une grande lassitude due au fait que le jeu ne se renouvelle jamais, il se coince dans une perpétuelle boucle d’actions à faire bien sagement afin de progresser.
Arrivée dans une zone → découvertes → on cherche un point de repos → on croise le fer avec des revenants → on débloque un raccourci pour le point de repos → on avance jusqu’au boss.
Il n’y a aucune variation, aucun petit gimmick propre à une zone, rien de spectaculaire qui nous fera dire “Wow… Quelle zone incroyable”. Bien loin d’une Anor Londo chez Dark Souls ou bien d’un Château de Cainhurst chez Bloodborne
Seulement la dernière (et très courte) zone du jeu semble se permettre quelques folies, mélangeant rêve fiévreux et plateformes flottantes avec un décor halluciné comme toile de fond.
C’est dommage d’attendre la dernière ligne droite pour proposer quelque chose qui brise cette monotonie.
D’autant plus que l’ambiance des zones est incroyable, il y a un réel travail sur les décors et l’ambiance !!
Je pense notamment à ce cimetière de bateaux maintenus en l’air par des toiles organiques, où l’on doit se déplacer uniquement via des mécaniques de parkour sous peine de tomber dans le vide.

Dernier gros point négatif côté gameplay, je trouve le bestiaire aussi vide et peu intéressant qu’un meeting du RN.
Pour les ennemis, on a des revenants de tous types (soldats, officiers, géants et paysans) armés de lames, de baïonnettes, de fourches, etc.
Puis ensuite vient ce que j’appelle des abominations de la nature, les typiques mutants géants et difformes pleins de pustules ainsi que des versions miniatures que j’aime appeler des “polypes pocket”.
Ainsi, pour varier le bestiaire famélique, les développeurs ont cru bon d’offrir des variations peu intéressantes aux mêmes sempiternels ennemis, tels que le don de téléportation ou de cracher du feu/de l’acide.
Concernant les boss, c’est tout aussi effroyable, ils n’ont quasi aucune cinématique en guise d’introduction, aucune musique marquante, presque aucun moment mémorable ne résulte de ces affrontements.
On ne fait qu’arriver dans une arène et affronter une immondice qui ressemble davantage à une tumeur plutôt qu’à un boss impressionnant et monstrueux, tout cela sous fond de musique ronflante qui ressemble surtout à un vague bruit_d’ambiance.wav.
Hormis 2 affrontements originaux et qui usent des mécaniques de parkour du jeu, le reste des 10 autres n’est qu’un acharnement insipide contre des sacs à PV qui semblent importants pour le lore.
Sauf qu’ils ne sont aucunement présentés, donc…
ON S’EN FICHE !!
Symphonie pour un néant.
Que serait un jeu sans une excellente BO ? Bonne question et ici nous avons le droit à des compositions signées Arkadiusz Reikowski, connu notamment pour son travail remarquable sur la bande-son de Silent Hill 2 Remake et Layers Of Fear.
Chouette, non ? Absolument pas. Sous ses notes d’orchestre avec une touche de métal industriel, on ne ressent que de l’ennui tant aucune track n’a de fulgurance, ni dans ses boss ou même dans l’exploration des zones. La plupart du temps, la musique est si effacée que j’ai préféré jouer en ayant des acouphènes ou même avec une autre bande-son en fond.
Un grand naufrage et on aurait pu croire que le doublage allait sauver la partie sonore et Dieu merci, c’est effectivement le cas !
Parmi les voix talentueuses donnant vie à ce tableau Napoléonien se trouve la talentueuse Jennifer English (Maël dans CO:Expedition 33) en Grièche, une femme forte, nuancée entre poigne menaçante et douceur maternelle.
Elle donne la réplique à Vincent Cassel, interprétant l’empereur des Français qui, ici, a plutôt l’air de se demander s’il a bien éteint son four avant d’aller conquérir l’Europe.
Fort désintéressé et monotone, Cassel se cantonne ici à un jeu d’acteur comme il les aime : en La Mineur.
Malheureusement il n’y a pas grand chose à sauver non plus en termes d’ambiance sonore, peut-être à la limite sur le son des armes, des tirs, des lames qui s’entrechoquent mais guère plus…
Conclusion.

Valor Mortis se prend les pieds dans le tapis dès les premières heures de jeu.
Il tente de singer les autres souls dont il s’inspire sans toutefois comprendre leur philosophie.
En ressort parfois de bonnes idées, mais qui sont très souvent très mal exécutées, ce qui frustre tant le jeu aurait pu être le classique qu’il aurait bien voulu être.
J’aurais voulu t’aimer Valor Mortis, mais tu as brisé mon cœur, ma hype et ma patience…
Adieu.
Les + :
- Les phases de parkour, grisantes.
- L’histoire assez intéressante.
- Très beau dans ses décors.
- Système de combat viscéral.
Les – :
- La vue FPS…
- Un bestiaire pauvre.
- Trop répétitif.
- OST oubliable.
- Des zones trop vastes pour rien.
Décevant





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