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Nintendo Switch 2 : un an après, c’est l’heure du bilan

Annoncée en début d’année 2025, la Switch 2 s’apprête à souffler sa toute première bougie, l’occasion pour nous chez MetaGame de faire un bilan de la première année de l’héritière de la (future) console la plus vendue de tous les temps.

La Switch 2, héritière d’un phénomène de société

Après l’échec criant de la Wii U (seulement 13 millions d’exemplaires vendus en 5 ans, on le rappelle) et le succès très relatif de la 3DS comparée à sa grande sœur, Nintendo s’est rendu à l’évidence : avoir deux gammes de consoles demande trop de ressources et enferme la marque. Donc pourquoi pas mélanger les 2 et faire une console hybride ? Je simplifie volontairement beaucoup, mais l’idée est là : combiner les deux publics de Nintendo pour s’assurer un succès devenu vital pour l’entreprise.

On arrive donc en 2017 et plus précisément le 3 mars de cette année pour la sortie de la Nintendo Switch, elle-même présentée en détail 2 mois plus tôt dans une conférence et annoncée en octobre 2016.

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Portée à sa sortie par la véritable révolution qu’est The Legend of Zelda: Breath of the Wild, la Switch se vendra d’abord principalement grâce au bouche-à-oreille. Ce qui est mis en avant, outre le chef-d’œuvre qu’est Breath of the Wild, c’est la simplicité d’utilisation de la console : on l’allume, on joue, et c’est tout. Pas de fioritures, le plug and play ultime.

Et malgré ses défauts de fabrication (aspect assez cheap, faille matérielle assez grossière sur les premiers modèles qui a permis le hack très rapide de la console, sans oublier l’éléphant dans la pièce qu’est le joy-con drift), la Nintendo Switch s’est progressivement imposée comme un phénomène de société. Il n’est pas rare de voir des foyers avec plusieurs Switch, mais il n’est aussi pas rare de voir des personnes s’être réconciliées avec (ou avoir débuté) le jeu vidéo avec la Switch !

Le confinement et la pandémie de COVID auront forcément aidé, mais entre les succès insolents de Mario Kart 8 Deluxe et d’Animal Crossing New Horizons (lui-même propulsé par le confinement) et même le succès surprise de jeux comme Ring-Fit Adventure qui a réussi à se faire une vraie réputation quand on parle de perte de poids et de fitness, Nintendo a marché sur l’eau sur cette génération en reproduisant un phénomène de société au même titre que l’était la Wii il y a près de 20 ans maintenant.

Une fois que ce succès d’ampleur est posé, il est temps de passer à la switch 2 et au pari qu’elle représente : celui d’entériner ce succès et de continuer sur une lancée flamboyante.

Une annonce et un lancement marqués par des polémiques

La Switch 2 est finalement enfin annoncée le 16 janvier 2025 avec ce teaser après avoir complètement fuité (du moins son look) à cause d’un leak de la part du constructeur Genki quelques jours plus tôt au CES de Las Vegas (histoire qui s’est heureusement pour eux finie sur un accord à l’amiable avec Nintendo).

Et d’entrée des doutes se font entendre. Pour certains, le lancement est trop tardif avec une Switch 1 complètement essorée, pour d’autres Nintendo ne prend aucun risque en sortant une Switch 2 alors que la marque serait habituée aux paris fous et à l’innovation constante (ce serait sans doute les mêmes qui auraient critiqué un revirement complet après le succès de la première Switch, sans parler de la 3DS qui n’est qu’une évolution de la DS, de la Game Boy Advance, etc.). Enfin bref, comme d’habitude avec Nintendo, tout est propice à la critique, me direz-vous.

Après ce teaser d’annonce, Nintendo nous donne rendez-vous le 2 avril pour un Nintendo Direct dédié à cette nouvelle console.

Et ce Nintendo Direct aura fait jaser. Certes, les annonces de Mario Kart World, The Duskbloods, Cyberpunk, FF7 Remake ou encore Donkey Kong Bananza et même la présentation de la console ont globalement plu, mais ce que tout le monde a retenu (et à raison) est quelque chose qui n’était même pas présent dans ce Nintendo Direct : la politique tarifaire de la console.

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90€ pour Mario Kart World en physique et 80€ en dématérialisé, 90€ pour une manette pro, 470€ pour la console seule et même l’existence des Game Key Cards, la politique tarifaire a de quoi être largement contestée. Après ce Nintendo Direct et ces annonces cachées, les doutes sont maintenant pluriels : 

  • Le grand public trouvera-t-il de l’intérêt à cette console ?
  • Ce même grand public saura-t-il faire la différence avec la première Switch (oui ce doute a vraiment existé) ?
  • Le prix n’est-il pas trop élevé pour une console Nintendo et une console “portable” ? (Notez bien ici le mépris pour Nintendo qui existe toujours)
  • Est-ce que les joueurs moins occasionnels trouveront de l’intérêt dans cette console alors que le Steam Deck existe ?
  • Dans le même sens, est-ce qu’il est pertinent de sortir une console en 2026 qui est à peine au coude-à-coude avec la Xbox Series S ?
  • Comment Nintendo va faire pour propulser une console sans monument du jeu vidéo  ?
  • Qui va acheter des Game Key Cards ?

Enfin bref, vous l’aurez compris, tout était bon pour douter, bien que certains points soulevés soient légitimes. Mais maintenant qu’elle est sortie il y a de ça un an, que pense-t-on de cette console ?

Comme une console est essentiellement un hardware et des jeux, nous allons très naturellement séparer notre avis en deux pour couvrir ces deux points avec toute l’attention qu’ils méritent.

Le matériel : le jour et la nuit avec la première Nintendo Switch

La Nintendo Switch 1 était un objet réalisé dans la précipitation du fait de l’échec de la Wii U, et ça se voyait (surtout dans sa version de lancement). Avec un aspect globalement très cheap qu’Eneara qualifie même de “jouet en plastique”, la première switch faisait l’essentiel d’un point de vue matériel : fonctionnelle, transportable assez facilement dans un sac ou une sacoche et légère, mais avec de gros soucis dus à cet aspect “cheap” justement.

La Switch 2 reprend globalement l’ergonomie de sa grande sœur mais l’améliore à tous les niveaux. La première chose qui vient à l’esprit au moment de faire le saut générationnel est le gap notable en matière de finition.

Avec des matériaux bien plus premium et une ergonomie améliorée (avec entre autres le port USB-C sur la tranche haute qui change la vie de tous ceux qui jouent dans leur lit et une meilleure sensation en mains avec la courbure des joy-cons), la Switch 2 réalise un réel gap avec sa grande sœur du côté purement ergonomique. Cela dit, ce saut générationnel n’a pas que des points positifs de ce point de vue-là : la Switch 2 est lourde et peu transportable car relativement grande.

Alors oui, si on la met à côté du Steam Deck, de la Rog Ally et même du PS Portal, la Switch 2 reste une console “portable” tant les premiers sont des monstres beaucoup trop gros et/ou à la forme aux antipodes du côté portable pour être justement qualifiés de console portable. Toutefois il est nécessaire de signaler qu’en attendant un modèle Lite qui finira très probablement par faire son arrivée, la Switch 2 est au mieux une console “facilement transportable” et non pas “portable” au sens auquel l’était la DS par exemple.

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L’écran de la Switch 2 est aussi très agréable ! On regrettera forcément l’OLED (bien que le prix aurait forcément été bien plus élevé avec un écran OLED) mais il fait vraiment le taf et les jeux sont très agréables à faire dessus.

Avec tous ces éléments, on ne regrettera que le côté transportable, vous vous en doutez. Mais il est tellement contrebalancé par le confort une fois en main apporté par cette nouvelle version que revenir en arrière est très difficile pour ne pas dire impossible tant le gap est grand.

Ah et on n’a pas parlé de GameChat, mais c’est pas parce qu’il n’y a pas grand chose à dire dessus. C’est bien que ce soit présent parce qu’une potion de chat vocal native manquait à la première Switch mais c’est relativement accessoire, et c’est pas son caractère payant qui va nous faire penser le contraire.

Et d’un point de vue logiciel et jeux, comment cette nouvelle console s’en sort après 1 an et qu’est-ce qu’on en pense ?

Logiciel et jeux : un rafraîchissement bienvenu mais pas parfait

Autant le dire d’emblée, la Switch 2 fait globalement fort dans cette catégorie, que ce soit du côté des exclus comme de la présence des tiers (sujet qui n’existe malheureusement que chez Nintendo pour des raisons cela dit légitimes), même si tout n’est évidemment pas parfait.

Commençons par ce qui intéresse le plus quand on parle de console Nintendo : les exclusivités. Et ici on parlera aussi des Nintendo Switch 2 Edition qui donnent pour la plupart (et j’ai bien dit la plupart) une seconde vitalité aux jeux.

Mais commençons par le vif du sujet : les exclusivités pures et dures 100% Nintendo et 100% Switch 2. Elles sont au nombre de 7 (sans compter le Welcome Tour et Drag X Drive) : Mario Kart World, Donkey Kong Bananza, Hyrule Warriors : Les Chroniques du Sceau, Kirby Air Riders, Mario Tennis Fever, Pokémon Pokopia et enfin Yoshi and the Mysterious Book.

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  • Key Art de Pokémon Pokopia

Et en un an, surtout comparé à la concurrence, ce nombre est très satisfaisant ! D’autant que la qualité est loin d’être en reste pour la plupart de ces jeux. Je vais les aborder par ordre chronologique de sortie même si on ne les a pas tous faits à la rédaction (eh oui on n’est pas des journalistes professionnels donc pas de temps illimité). Commençons donc par le jeu de lancement qui aura fait jaser : Mario Kart World. Des trois membres de la rédaction qui possèdent une Switch 2, je suis étonnamment le seul à le posséder, donc vous n’aurez ici que mon unique avis résumé en attendant un test que je finirai sûrement par faire.

Et pour moi le résultat est sans appel. Novateur, beau, particulièrement amusant et à mon sens excellent, Mario Kart World n’aura certes pas réussi à faire oublier son prix proche de l’absurde en physique, mais aura néanmoins réussi à entièrement renouveler une licence qui était arrivée à l’apogée de sa formule avec Mario Kart 8 Deluxe.

Passons ensuite à Donkey Kong Bananza et Pokémon Pokopia, ou pas en fait vu que je vais vous rediriger vers les tests que j’ai réalisés pour ces deux jeux avec tout l’opportunisme du monde.

On n’aura donc pas pu toucher à toutes les exclusivités de cette Switch 2, mais une chose sur laquelle on peut s’accorder est que la qualité est globalement au rendez-vous malgré l’absence de consoles-seller comme l’étaient BOTW ou Mario Odyssey pour la première Switch.

Une autre chose sur laquelle la Switch 2 a amplement satisfait nos attentes, c’est sur la continuité proposée avec la première Switch. Et cette continuité se voit à tous les niveaux.

Tout d’abord, parlons de la rétrocompatibilité et des jeux Nintendo Switch 2 Editions.

Cette rétrocompatibilité est un véritable vent de fraîcheur pour la plupart des jeux qui peinaient à tourner de manière correcte sur la première Switch. Prenons l’exemple de Bayonetta 3, exclu Nintendo Switch qui oscillait en permanence entre 30 et 60fps, chose difficilement tolérable et agréable sur un jeu aussi nerveux. La Switch 2 règle totalement ce problème et le jeu tourne désormais en 60fps de manière totalement constante ! Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de cette rétrocompatibilité salvatrice, qui se paie en plus le luxe d’être boosté !

Ce n’est malheureusement pas arrivé day one, mais depuis quelques mois, les jeux Switch 1 peuvent tourner en mode portable dans leur résolution et leur framerate du mode docké sur Switch 2 ! De quoi pleinement profiter de l’écran 1080p (la 720p fait parfois tâche dessus) pour la grande majorité des jeux.

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Les Nintendo Switch 2 Editions donnent quant à elles un nouveau souffle à certains hits de la première Switch. Comment ne pas parler des deux Zeldas 3D qui sont désormais dans leur édition ultime (malgré un prix hors sol), ou encore de Pokémon Z-A qui, loin d’être parfait sur Switch 2, nous fait également réaliser que cette console était nécessaire.

La puissance de la Switch 2 (aux environs de la Xbox Series S grâce au DLSS) lui permet de réaliser une ambition déjà présente chez sa grande sœur mais qui n’a pas pu être convenablement réalisée : avoir des jeux tiers en grand nombre et dans des versions décentes voire très bonnes compte tenu de son caractère portable.

Entre Pragmata, Resident Evil Requiem, Hogwarts Legacy, Yakuza, Dragon Quest VII Reimagined, Cyberpunk, la trilogie FF7 Remake et d’autres, la Switch 2 est une alternative sérieuse à la PS5 et aux Xbox Series en matière de jeux tiers, chose que n’était pas du tout sa prédécesseure.

D’un point de vue logiciel, on ne regrettera ici que 2 choses (et pas des moindres toutefois) : l’absence de thèmes qui se faisait déjà ressentir sur Switch 1 et qui commence à être particulièrement agaçante, ainsi que l’absence d’applications multimédias comme YouTube, Crunchyroll ou autres. Les consoles étant devenues de véritables plateformes multimédias, la présence de ces services de base sur la console nous semble naturelle, surtout compte tenu du caractère portable de la console qui rend la présence de ces services d’autant plus naturelle.

Une communication dans son monde

Nintendo nous a habitués à faire sa propre tambouille en ce qui concerne la communication. Mais là avec la Switch 2, autant dire que Big N ne cesse de nous surprendre par l’absence de communication d’envergure. En un an de vie, Nintendo n’aura fait qu’un seul Nintendo Direct général. Le reste étant au choix des Partner Showcase, des Indie World ou des Direct dédiés à un seul jeu. L’essentiel de la communication de Nintendo ne passe pour l’instant que par les réseaux sociaux et par l’application Nintendo Today!, autant dire que ça peut faire grincer des dents quant à l’avenir de la console, même si je n’ai à titre personnel que peu de doutes.

Bilan

Au moment de faire le bilan de cette première année, il apparaît clair qu’il est très positif ! Comme vous l’avez lu, il n’est évidemment pas parfait, mais Nintendo réussit pour l’instant à continuer sur la lancée de la première Switch. Entre un hardware très correct et des jeux qui suivent, l’avenir n’est pas forcément radieux mais il a au moins le mérite de ne pas être sombre comme pouvait l’être celui de la Wii U par exemple.

Bon jeu à tous et quant à nous, on se revoit dans un an pour un deuxième bilan !

Fondateur de ce joli bébé et tombé amoureux du jeu vidéo enfant un peu à la manière d'Obélix, mon objectif avec ce média est d'approfondir ma passion du médium !