Kingdom Hearts a besoin d’une refonte totale
Kingdom Hearts fait partie de ces rares licences à détenir un totem d’immunité auprès des joueurs, ces derniers pouvant lui pardonner retards et défaillances à foison. Et ça fait mal de le dire au vu de mon discours avec GTA VI, mais je ne peux que le comprendre : l’excellence du savoir-faire de Square Enix en matière de J-RPG mélangé aux mondes Disney et à tout ce que ça englobe, ça ne peut qu’être marquant pour peu que ce soit bien fait.
Malgré des faiblesses évidentes sur lesquelles je reviendrai, Kingdom Hearts fait partie de ce qui se fait de mieux en termes de J-RPG. La licence n’a pas volé son statut de licence culte et iconique du jeu vidéo, c’est certain et il n’est pas question ici de discuter de cet état de fait qui est une évidence absolue.
Mais alors, pourquoi ce titre ? Eh bien, dans la lignée de ce que j’avais expliqué sur les remakes, je suis convaincu que Kingdom Hearts a besoin d’une refonte complète malgré ses qualités encore plus évidentes que ses défauts. Et ce à commencer par le premier épisode sorti en 2001 sur PS2 mais qui n’est pas du tout le seul à être concerné par mes envies de remise à plat. La sortie de la collection I-III est l’occasion parfaite pour moi de revenir sur cette licence aussi imparfaite que son sujet principal, le cœur des êtres vivants.
Comme d’habitude dans ces chroniques consacrées aux licences chères à mon cœur (on en est déjà à la troisième après Yakuza et Pokémon), je vais m’étaler et prendre mon temps pour développer mon argumentaire, donc installez-vous bien pour vous plonger une fois de plus dans le Royaume des Cœurs.
Je distingue à titre personnel deux freins majeurs à la découverte de la série pour le plus grand nombre. Le vieillissement des jeux d’une part qui, bien que relatif, reste un sujet, mais aussi et surtout la gestion hasardeuse de la licence Kingdom Hearts et de son accessibilité au global. Son lore et sa disponibilité, sa narration, et la gestion de la licence Kingdom Hearts feraient rendre fou même les plus patients et motivés. Parce que oui, Kingdom Hearts est en danger, mais peut s’en sortir.
Des jeux splendides mais vieillissants
Commençons d’emblée par le point qui fait débat : le vieillissement des jeux et la difficulté de s’y mettre pour les néophytes. Vous aurez ici le point de vue d’un néophyte qui s’est lancé dans la licence à la fin de l’année 2024 et dont le rapport à Kingdom Hearts était quasi inexistant en dehors de Super Smash Bros. et de la réputation d’excellence absolue de la licence de Square et de Disney.

Kingdom Hearts 1 est particulièrement compliqué à aborder en tant que nouveau venu. Sora est très lourd, le jeu est assez difficile et surtout certains mondes sont littéralement des purges ! Les mondes de Tarzan, d’Alice au Pays des Merveilles, de Pinocchio, de l’Île de la Destinée et d’Ariel sont de loin les plus mauvais du jeu et potentiellement de la licence toute entière (et j’ai cité la moitié des mondes du jeu). Très mal indiqués, à la difficulté étrange, pas particulièrement beaux et immersifs (ce qui est censé être l’un des buts principaux des mondes de Kingdom Hearts) et au rythme tout bonnement catastrophique par moments, on doit se faire violence pour les passer.
Puis il y a la fin du premier jeu aussi. Particulièrement dure avec ce boss rush interminable et ce boss sur l’Île de la Destinée qui en a traumatisé plus d’un.e. Kingdom Hearts premier du nom, c’est pas évident.
Et pour enfoncer le clou juste après, Re:Chain of Memories est là pour vous achever ! En plus de retraverser les mêmes mondes que dans le premier jeu, vous voilà avec un jeu à faire deux fois (une fois avec Sora et une fois avec Riku) et qui se paie le luxe d’avoir un gameplay complètement différent du premier puisqu’on est ici sur un jeu de cartes qui définit nos actions. Et il est essentiel à la compréhension de la licence, mais ça on y reviendra.
La suite est nettement meilleure, cela dit à commencer par l’excellentissime Kingdom Hearts 2, qui justifie à lui seul de se lancer dans la licence. 358/2 Days est un jeu lui aussi très touchant, Birth By Sleep a ses défauts mais on est loin des deux premiers, et si vous avez tenu jusque là, le reste ne vous posera aucun problème.
L’un des grands problèmes de la licence aussi en tant que nouveau venu, c’est qu’en dehors de 0.8 Birth by Sleep et de Kingdom Hearts 3, tous les jeux consoles sont sur le même moteur graphique. En 16 ans (entre 2001 avec le premier épisode et 2017 avec la sortie de la collection 2.8 et de 0.8 Birth By Sleep), la licence reste enfermée dans sa mouture PS2. Pas évident pour faire tenir sur la durée des nouveaux venus, naturellement habitués à la technique et au confort des jeux actuels.
En ce sens, le passage à Unreal Engine 4 dans Kingdom Hearts 3 est tout simplement libérateur. D’autant que le jeu vient avec son lot d’améliorations de gameplay, ce qui en fait de loin le plus abordable de ce point de vue uniquement (mais s’il vous plaît ne commencez pas par Kingdom Hearts 3 au risque de n’absolument rien comprendre, et cette fois ce sera même pas de la faute de Square Enix).

Se mettre dans Kingdom Hearts et réussir à accrocher, ce n’est donc pas si facile que ce dont les puristes de la licence veulent vous faire croire. Mais même en dehors de la simple barrière du gameplay, il y en a qui sont bien plus importantes et qui font de Kingdom Hearts une licence loin d’être très accessible, malgré ce que Square veut nous faire croire.
Une série pas si accessible que ça
L’apparition d’une collection regroupant (presque) tous les jeux est techniquement une bonne chose. Mais encore fallait-il qu’elle règle tous les problèmes d’accessibilité de la licence en plus de la vieillesse des jeux abordée précédemment. Ce qui est très loin d’être le cas.
Tout fan de Kingdom Hearts et tout joueur ayant tenté de s’intéresser à la franchise vous dira la même chose : bon courage pour y comprendre quelque chose et pour s’accrocher jusqu’au terme de la licence. Et pour cause, comptez pas moins de 14 jeux nécessaires pour comprendre l’intrigue. Quatorze. Et il y a des spin-off dedans évidemment, mais ils sont tous indispensables à la compréhension de la licence et de son intrigue.
Voici l’ordre dans lequel jouer aux jeux Kingdom Hearts (qui est basiquement l’ordre de sortie) :

Ça vous effraie ? C’est normal, ne vous inquiétez pas. Si vous êtes intéressé.e.s par la licence et que vous avez bien fait vos devoirs, vous avez aussi sûrement remarqué que des jeux présents dans la liste ci-dessus ne sont pas dans la collection I-III. Malgré la volonté de la collection de régler tous les problèmes d’accessibilité de la licence, ces absences font tâche. D’autant que tous ces jeux sont indispensables pour comprendre Kingdom Hearts 3 et le prochain Kingdom Hearts 4 à venir, évidemment. Oui, même le jeu de rythme Melody of Memory (excellent au demeurant). Sacré Nomura.
Autre problème s’ajoutant au problème initial qu’est le nombre astronomique de jeux : la disposition de ces derniers dans la collection I-III. Cette collection n’est tout juste qu’un assemblage de collections elles-mêmes pas parfaites.

Comme vous pouvez le voir, l’ordre sous-entendu par la collection 1.5 + 2.5 (qui fait partie de la Collection I-III) n’est pas le bon puisqu’il inverse 358/2 Days et Kingdom Hearts 2. Ça paraît peut-être rien dit comme ça, mais en plus du problème de découverte que ça implique, ça implique surtout un frein supplémentaire. Les joueurs consciencieux doivent en plus avoir en tête de ne pas lancer les films de 358/2 Days avant d’avoir fini le deuxième épisode principal.
Pour la petite info, la présence de 358/2 Days dans la collection 1.5 est à l’origine due à la volonté de Square Enix d’avoir 3 jeux par collection et de quand même avoir un jeu phare à chaque fois. On comprend la volonté, mais plus de 10 ans après la sortie de la collection sur PS3 à l’origine, c’était l’occasion de revoir ce détail préjudiciable (en plus de l’aspect franchement vieillot de ce launcher, mais c’est à l’appréciation de chacun).
Je vous disais que ces collections n’étaient pas parfaites, mais ce n’est pas uniquement pour la répartition des jeux qu’elles ne le sont pas. Elles le sont aussi, et surtout, en raison de l’indisponibilité de la plupart des jeux nécessaires à la compréhension (déjà complexe sans ça) de la licence.
Des jeux devenus indisponibles
Square Enix fait partie de ces éditeurs qui ont fermement cru au jeu mobile et plus globalement au jeu-service comme opportunité d’étendre ses licences à un nouveau public tout en donnant la petite carotte du lore aux fans. Final Fantasy, NieR et Octopath Traveler entre autres y sont passés, et ce qui nous intéresse aujourd’hui aussi : Kingdom Hearts.

Mais si vous suivez l’actualité des licences de Square Enix, la liste que je viens de faire a sûrement un goût amer. Eh oui, tous les jeux-services de Square Enix développant le lore ont fermé ou sont sur le point de le faire.
Et si Octopath Traveler et Final Fantasy ont droit aux remakes des jeux concernés pour consoles avec respectivement Octopath Traveler 0 et Final Fantasy Resonance (qui est un remake de Brave Exvius), d’autres n’ont pas cette chance à l’heure actuelle. NieR Reincarnation (qui est une sorte de NieR 3), Final Fantasy VII Ever Crisis (seule manière de disposer de l’intégralité du scénario du FF7 original et de son univers étendu) sont condamnés à rester des lost media, et les jeux mobiles et navigateurs Kingdom Hearts ont le même destin.
Dans le cas de Kingdom Hearts, ces jeux sont au nombre de trois : Kingdom Hearts χ (à prononcer « ki » comme venant de la lettre grecque « chi »), Kingdom Hearts Union χ (mais cette fois à prononcer « Cross », allez comprendre), et Kingdom Hearts Dark Road.

Les deux premiers font partie de la « Saga des χ« , qui est un flashback géant précédant toute la licence et revenant aux origines de la première guerre des Keyblades dévoilée par Xehanort au cours de Birth By Sleep (si vous n’avez pas joué à la série, ayez juste en tête que Xehanort est l’antagoniste principal de la saga et qu’il est introduit dans Birth by Sleep), tandis que le dernier est un jeu centré sur la vie de Xehanort et qui a vocation à expliquer son histoire.
Même si vous découvrez la licence avec cet article et avec la sortie de la collection I-III, vous voyez bien qu’il y a un problème : des pans scénaristiques trop importants sont dans des spin-off jeux service déjà morts.
Square a bien essayé de rattraper la casse avec χ Back Cover qui est un court métrage d’environ 1 heure disponible dans la collection 2.8 (et donc dans la collection I-III) qui a pour objectif de compenser l’absence des jeux de la saga des χ sur consoles et PC en apportant le nécessaire à la compréhension de Kingdom Hearts 3.
Sauf que ce n’est clairement pas assez. Une grande partie des éléments de compréhension manque à ce film. Un exemple tout bête : les personnages d’Ephemer et de Strelitzia. Le premier est le personnage principal de la saga des χ en dehors de votre avatar (qui a lui aussi un rôle capital à jouer) et est littéralement le fondateur de tout ce qui suit après la fameuse Guerre des Keyblades. Il n’est présent qu’une ou deux minutes dans le film à tout casser dans un dialogue où il n’est même pas le personnage essentiel. Et il apparaît évidemment dans Kingdom Hearts 3 dans l’arc final. Ce serait pas drôle sinon.
La seconde est quant à elle un personnage au centre d’un des arcs scénaristiques d’Union χ et apparaît dans… Kingdom Hearts 4, en ayant tout d’un personnage majeur au vu des deux derniers trailers sortis. Et ce ne sont pas les seuls.
Je vous ai parlé des jeux annulés à commencer par Missing Link qui devait lui aussi avoir une importance capitale pour Kingdom Hearts 4 ? Non ? Vaut mieux ne pas me lancer là-dedans vu les promesses du jeu.

Pour revenir à l’accessibilité des jeux et plus particulièrement à celle des jeux mobiles, sachez qu’en l’absence de solutions proposées par Square Enix, les joueurs ont décidé de prendre le taureau par les cornes et de gérer ça eux-mêmes. À l’heure actuelle, on a donc un projet en cours de portage sur PC et de traduction pour Kingdom Hearts Dark Road. On en est là pour avoir accès à une partie du scénario de la licence.
Surtout que voilà, en plus de ces problèmes d’accessibilité purement factuels, Kingdom Hearts a une narration qu’on va décrire comme « complexe » à suivre.
Une narration… atypique ?
Le premier Kingdom Hearts s’adresse principalement à deux publics. Les fans de Final Fantasy (le jeu étant marketé comme un crossover avec Final Fantasy), et le très grand public avec la présence massive des licences Disney.
Mais bon courage pour comprendre tous les tenants et aboutissants du jeu. Si les trois premiers quarts du jeu sont très faciles à comprendre (en même temps c’est le vide scénaristique à part « va explorer des mondes pour retrouver Kairi et Riku »), le jeu et la licence deviennent très vite un sacré bazar à part de l’introduction de ce qui donne son nom à la licence : le Royaume des Cœurs. Les concepts de lumière et de ténèbres deviennent aussi de plus en plus nébuleux au point que sur la fin du jeu on ne cherche plus qu’à enchaîner sans trop essayer de comprendre dans les détails.

Sauf que ça s’intensifie au fil des jeux, sans parler des jeux mobiles et flash mentionnés plus tôt.
Avant de continuer, il faut savoir qu’à l’origine, Tetsuya Nomura, le directeur créatif de la licence et son véritable cerveau, avait en tête un nombre de 5 jeux pour la licence (ou du moins c’est ce qu’estime la communauté, celui-ci ne plannifiant pas ses jeux trop à l’avance). Kingdom Hearts, Kingdom Hearts 2, Kingdom Hearts Birth by Sleep, un quatrième jeu annulé pour faire place à Dream Drop Distance (mais dont le rôle scénaristique est dans les grandes lignes rempli par 0.2 Birth By Sleep), et enfin Kingdom Hearts 3.
Mais comment on a pu passer de 5 à quatorze ? Deux éléments principaux l’expliquent : le succès de la licence et l’envie de capitaliser dessus de la part de Square Enix.
Commençons par Chain of Memories qui vient s’intercaler entre les deux premiers épisodes et qui est à l’origine sorti sur Game Boy Advance avant de bénéficier d’un remake sur PS2. Ce jeu existe en raison d’une commande de Nintendo et de Square, mais aussi de la volonté des fans (japonais surtout) de pouvoir emporter Kingdom Hearts partout avec eux.


Sauf que Nomura va profiter de cet épisode à la base pas prévu pour introduire l’organisation d’antagoniste de toute la saga, à savoir l’Organisation XIII. En plus de présenter de très nombreux concepts tous aussi centraux les uns que les autres. Si vous n’avez pas fait Chain of Memories (ou son remake titré simplement Re:Chain of Memories et disponible dans la collection I-III), vous n’allez tout bonnement rien comprendre au jeu le plus important de la licence qu’est Kingdom Hearts 2.
Et cet exemple vaut aussi pour les autres spin-off, tous nécessaires pour comprendre la série. Si vous n’avez pas fait 358/2 Days (dont la collection ne comprend qu’un film avec toutes les cinématiques), n’espérez pas comprendre une partie de Kingdom Hearts 3 puisque vous ne saurez pas d’où vient le personnage de Xion et son arc scénaristique qui est aussi on ne peut plus important à la compréhension des personnages de Roxas et d’Axel.

De même, des éléments de compréhension vous manqueront si vous n’avez pas fait Re:Coded (ou visionné les cinématiques encore une fois dans ce cas-ci), alors qu’on parle d’un jeu sorti à l’origine sur téléphone Nokia (oui) puis remake sur DS et qui n’était évidemment pas prévu de base. Et évidemment, Dream Drop Distance est obligatoire pour comprendre Kingdom Hearts 3 puisqu’il le précède directement d’un point de vue scénaristique et qu’il fait partie de la trame principale.
Je vous ai dit que chacun de ces jeux introduit des concepts tous aussi complexes et essentiels à comprendre les uns que les autres ? Non ? Bon au moins maintenant vous avez conscience de la difficulté que c’est de comprendre la trame scénaristique Kingdom Hearts. Et rappelez-vous des jeux mobiles aussi qui vous forceront à aller lire des pavés sur internet ou à aller consulter des résumés sur YouTube (ceux de KHInfinity font parfaitement l’affaire par ailleurs) même si vous êtes motivés au point de faire tout les jeux à votre disposition. Ça fait beaucoup, on est d’accord.
Et c’est pas fini ! En plus du point de la nommenclature des différentes collections qui a de quoi faire mal au crâne aux nouveaux venues à elle seule avec ces collections qui s’empilent et qui ne font que se répéter les unes entre elles (1.5 + 2.5 ? 2.8 ? All-in-one ? The Story so Far ? Integrum Masterpiece ?), il y a un point que je n’ai pas encore abordé et qui suffirait à lui seul à vouloir une refonte totale de la série : l’absence de VF.

Avec une prise en compte de l’intégralité des arguments que j’ai avancé depuis le début de cet article, vous avez sans doute déjà bien conscience qu’il y a un problème avec Kingdom Hearts et sa gestion par Square Enix. Cette absence de doublage en français pour Kingdom Hearts est systématique d’une licence regardant uniquement vers le passé et qui, à ce rythme là, est probablement condamnée à mourir, faute de vision sur le long terme.
Une licence mourrante
Qu’on soit bien clair ici, et ce n’est même pas fataliste que de le dire, mais Kingdom Hearts est en sérieux danger. Les plus anciens ont probablement lâché le train en raison de tous les problèmes de narrations et du rythme de sortie hasardeux (rappelons que Kingdom Hearts 3 est sorti en janvier 2019 soit il y a plus de 7 ans à l’heure où j’écris ces lignes, et qu’avant ça en dehors des jeux mobiles, le dernier titre majeur sur console était Dream Drop Distance sorti sur 3DS en 2012, soit encore 7 ans avant), tandis que les nouveaux se retrouvent face à une montagne détaillée précédemment.
Un point aurait pu tempérer ça et féderer une nouvelle génération de joueurs : la VF. Là je sais ce que la plupart vont penser « oui mais c’est pas si important que ça, beaucoup de jeux n’ont pas de VF ». Et oui vous auriez raison. Sauf que Kingdom Hearts est spécial. Kingdom Hearts, c’est Disney. C’est Mickey, Donald, Dingo, Minnie et j’en passe. Sauf qu’on passe à Goofy pour Dingo. Ou encore à Rapunzel pour Raiponce puisqu’on a droit qu’aux voix anglaises depuis 358/2 Days (parce que oui il y avait une VF avant, excellente au demeurant).
Comment espérer féderer les plus jeunes en ne proposant pas de VF ? Parce qu’en plus on ne peut pas dire que Disney soit en grande forme pour ce qui est de ses licences maisons (et pas ses rachats hein, uniquement les licences maisons). Je ne vois à titre personnel aucune licence ayant véritablement fonctionné sur les 15 dernières années au point d’être un argument commercial pour le très grand public en dehors de la Reine des Neiges et de Raiponce, déjà présent dans Kingdom Hearts 3.
Square Enix accumule les barrières pour empêcher à la licence de renouveler sa base. On dirait presque que le sabotage est volontaire tant il est méticuleux. Des jeux vieillissants, une accessibilité très moyenne malgré la volonté de centralisation, une narration et un lore tout simplement incompréhensible pour le commun des mortels ayant autre chose à faire que de s’intéresser en ultra profondeur au lore quelques fois tiré par les cheveux imaginé par Tetsuya Nomura.
Et l’avenir alors ?
Avant de conclure, il y a quand même des points qui rendent optimiste quant à l’avenir de Kingdom Hearts. Tout d’abord il y a la volonté de remettre à plat la licence après Kingdom Hearts 3 (enfin, après Melody of Memory plutôt, ce dernier étant très important pour la compréhension de Kingdom Hearts 4) pour la rendre plus accessible et diminuer la taille de la montagne. Comme pour rendre la saga de la guerre des Keyblades dispensables pour suivre ce qui nous attend, un peu comme le soft reboot de Yakuza avec Ichiban (en espérant que ça se passe mieux…).
Autre point qui peut rendre optimiste : le développement de Disney et son implication dans Kingdom Hearts ! J’avais bien fait attention à ne parler que des licences maisons quand j’abordais les licences Disney, mais comme vous le savez Disney est aujourd’hui absolument tentaculaire. Star Wars, Marvel, les Simpson et j’en passe, les possibilités de monde à explorer pour Sora sont absolument gigantesques ! Et contrairement aux licences maisons, proposer de visiter l’Etoile de la Mort avec Sora, Donald et Dingo, ça a de quoi intéresser les nouveaux venus.

Il faut aussi noter que Disney compte s’impliquer beaucoup plus dans la licence qu’auparavant ! Là où Disney laissait Square gérer un peu tout seul, la présence de Kingdom Hearts qui a été renforcé au D23 de l’été dernier (avec notamment l’annonce d’une série sur Disney+), couplé aux déclarations des dirigeants de Disney suite à l’acquisition du statut de « licence milliardaire » par Kingdom Hearts, n’augure que du bon. En espérant cela dit qu’ils n’interfèreront que sur le volet commercial et financier, et qu’ils ne dérangeront pas trop Nomura sur l’oeuvre de sa vie.
Evidemment, je ne peux que conclure en vous conseillant quand même d’essayer Kingdom Hearts si vous en avez l’occasion. Comme dit en introduction, c’est une licence particulièrement attachante avec des jeux d’excellentes qualités dont certains sont au panthéon du jeu vidéo sans aucune hésitation. Mais elle a bien trop de problèmes pour qu’on puisse la recommander sans aucune hésitation et elle a à mon sens besoin d’une refonte complète. Que cela passe par un reboot complet, des remakes ou peu importe, mais en l’état avec tous les problèmes que je viens d’énumérer, la licence se tire elle-même un missile dans le pied.
Bon courage à tous ceux voulant s’y mettre avec la sortie de cette collection, et pour les fans qui ont déjà su surmonté toutes les embûches, on se reverra sur Kingdom Hearts 4 (et il promet) !



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